Cabinet d'ostéopathie Barbara Wolf Paris 12
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- Ostéopathie et pathologies respiratoires chroniques : Partie 1 - L’asthme
Pathologies respiratoires chroniques Les maladies respiratoires chroniques touchent plus de 550 millions d’adultes dans le monde, c’est l’une des principales causes de décès et d’invalidité. Ici, nous aborderons trois pathologies courantes, chacune détaillée dans un article mensuel. L’Asthme (présent article) La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) (article à venir) L’Apnée du sommeil (article ultérieur) L’ASTHME Asthme 1) Définition et épidémiologie L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes inférieures, associant des symptômes respiratoires paroxystiques (dyspnée, toux…) et une obstruction chronique des voies aériennes. C’est une maladie chronique probablement inscrite dans les gènes. Elle évolue le plus souvent par des poussées (crises) dont l’aspect aigüe et sifflante représente la caractéristique majeure . C’est une pathologie liée à une inflammation bronchique permanente plus ou moins importante . L’inflammation est une réponse immunitaire . Cette inflammation bronchique peut s’aggraver progressivement (surtout si elle n’est pas traitée) pour aboutir à une gêne permanente voire à une insuffisance respiratoire chronique obstructive . En France , la prévalence de l’asthme est de 7% chez l’adulte et 10 à 15% des enfants. Il y a donc environ 4 millions d’asthmatiques . L’asthme peut aussi être une maladie professionnelle : environ 10 % des cas d’asthme en France . La prévalence de l’asthme a doublé au cours des vingt dernières années dans les pays développés. 2) Clinique La crise d’asthme La crise d’asthme est caractérisée par une contraction importante des bronches. Lors de la crise, il se produit une sécrétion excessive de mucus qui obstrue les bronches. La crise d’asthme empêche l’entrée d’un volume suffisant d’air dans les alvéoles pulmonaires. Elle peut dans les cas les plus graves entrainer une hypoxémie sévère et une tachycardie. Le principal risque d’une crise d’asthme est la détresse respiratoire, pouvant conduire à une désaturation en oxygène nécessitant une hospitalisation en urgence. Environ la moitié des asthmatiques ne font pas de crise. L’asthme peut s’exprimer de façon chronique par des manifestations moins typiques : Sensation d’oppression thoracique Essoufflement ou difficultés respiratoires parfois au repos Dyspnée ou toux déclenchée par l’effort Épisode de gêne nocturne entraînant le réveil Sifflement expiratoires transitoires On distingue quatre catégories d’asthmes : L’asthme intermittent L’asthme persistant léger L’asthme persistant modéré L’asthme persistant sévère Source : Muriel Anthonot (UNSPF, ANEPF, Université de Lorraine) 3) Facteurs de risque et diagnostic Facteurs de risque : Génétique Terrain atopique (allergies) Effort Tabagisme actif/passif Six professions à risque : Boulangers/pâtissiers, coiffeurs, agents de nettoyage, peintres, travailleurs du bois et professionnels de santé. Médicaments : B-bloquants, AINS (anti-inflammatoires), aspirine Infection respiratoire virales RGO (reflux gastro-œsophagien) Les gènes impliqués sont nombreux et encore incomplètement identifiés. Certains d’entre eux conditionnent l’existence de l’hyperréactivité bronchique. D’autres interviennent pour déterminer le caractère particulier de l’inflammation bronchique de l’asthmatique (inflammation de type TH2.) Diagnostic En situation aigüe : Le diagnostic se fait par la crise d’asthme. Le diagnostic en situation aigüe ne pose donc pas de problème. En l’absence de crise , le patient présente des symptômes tels des bronchites à répétition. Un premier bilan médical permet d’apprécier les symptômes et leur évolution, de questionner la présence de facteurs de risque, l’environnement, la concomitante d’éventuelles autres pathologies. Pour confirmer le diagnostic, un pneumologue réalisera un EFR = Exploration Fonctionnelle Respiratoire. Cet examen non invasif permet d’évaluer la capacité respiratoire. La spirométrie, la pléthysmographie et la mesure de capacité de diffusion sont des examens non douloureux au cours desquels il est demandé au patient de respirer dans un embout situé dans la bouche. Autre examen : d es tests cutanés peuvent être réalisés par un allergologue pour vérifier l’origine et la nature de l’allergène. 4) Traitements Les crises d'asthme ne sont que l’aspect spectaculaire de la maladie. L'asthme est caractérisé par la présence, y compris entre les crises, d'une inflammation persistante des voies aériennes. Le traitement médical de l’asthme repose sur la combinaison de : L'éducation thérapeutique La prise en charge des facteurs aggravants ou étiologiques de l’asthme La prescription de médicaments Deux catégories de médicaments : o Bronchodilatateurs (pour la crise) o Anti-inflammatoires et/ou antihistaminiques (traitement de fond) 5) Le diaphragme, pilier de la respiration Système respiratoire Source : msdmanuals.com Le diaphragme est un muscle large et mince, situé à la base des poumons, qui joue un rôle crucial dans la respiration. Ce muscle en forme de dôme sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Lors de l'inspiration, le diaphragme se contracte et descend, permettant ainsi aux poumons de se remplir d'air. Lors de l'expiration, il se relâche et remonte, facilitant l'expulsion de l'air des poumons. Chez un patient asthmatique, le diaphragme se retrouve souvent sur-sollicité. Certains muscles comme les scalènes, SCOM (sterno-cléido-occipito-mastoïdien), les intercostaux externes, les pectoraux ainsi que les trapèzes sont dits inspirateurs accessoires, en cas de besoin ils se contractent de manière excessive pour aider le diaphragme : ce phénomène est appelé tirage musculaire. 6) L'asthme - Apport de l’ostéopathie De par son approche globale du corps, l’ostéopathie peut offrir en complément du suivi médical plusieurs apport bénéfiques aux patients asthmatiques : Amélioration de la fonction respiratoire L’ostéopathie peut se focaliser sur la cage thoracique, le diaphragme et les muscles thoraciques pour améliorer leur mobilité. Par des techniques viscérales notamment, il est possible de faciliter l’expansion pulmonaire et d’améliorer la capacité respiratoire. Amélioration de la mobilité thoracique En utilisant des techniques articulaires sur les côtes et le rachis notamment. Réduction des tensions musculaires et ligamentaires Les patients asthmatiques peuvent développer des tensions au niveau des muscles du cou, des épaules et du dos, souvent dues à une respiration superficielle ou à l’anxiété associée . L’ostéopathie aide à relâcher ces tensions, ce qui peut améliorer le confort respiratoire 7) Sources de l'article SANTÉ PUBLIQUE FRANCE : Article mis à jour le 23 octobre 2024 Asthme INSERM : Dossier réalisé en collaboration avec Patrick Berger et Valérie Siroux. Publié le 13/07/2023. Asthme : Une inflammation chronique des bronches de mieux en mieux contrôlée OMS : Dossier publié le 6 mai 2024 Asthme medportal : Plate-forme d'information et de services de Novartis Pharma Suisse. Asthme Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) Tout savoir sur l'asthme National Library of Medecine : Thomas Boinet, Claire Leroy DavidArticle publié en février 2021 L'asthme chez l’adulte Manual Therapy, Posturology & Rehabilitation Journal : Article de Rodrigo Medina Vasconcelos Lago, Marco Antônio Figueiredo da Silva Filho, Alan Carlos Nery dos Santos Effect of osteopathic maneuvers in the treatment of asthma: review of literature French Clinical Research Infrastructure Network (F-CRIN) : communiqué de presse publié le 01 mai 2023 CRISALIS (réseau F-CRIN) dévoile 4 nouvelles études auxquelles les asthmatiques sévères peuvent participer ! Institut de formation supérieure en ostéopathie de Rennes (IFSO Rennes) : Mémoire de Louisia Fred réalisé en partenariat avec l’APHP BICHAT à Paris et publié en 2016 Effets d’un traitement ostéopathique sur la symptomatologie de l’asthme. Etude de la validité d’un protocole.
- Ostéopathie pour la femme enceinte
Une approche thérapeutique complémentaire. N'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. La grossesse est une période de grands bouleversements physiologiques pour la femme. Les modifications corporelles, notamment au niveau du bassin et de la colonne vertébrale, peuvent engendrer des douleurs et des tensions musculaires et articulaires. L'ostéopathie périnatale offre un accompagnement précieux pour atténuer la majorité des inconforts liés aux changements corporels durant cette période. En quoi consiste une consultation en ostéopathie pour une femme enceinte? L'ostéopathe réalise un examen approfondi, en tenant compte de l'histoire médicale de la patiente et des particularités de sa grossesse. Chaque geste de l’ostéopathe est ajusté aux différents stades de la grossesse et dans le respect des limites du corps de la femme enceinte. Les techniques employées sont douces et visent à assurer confort et sécurité pour la maman et le bébé. Ostéopathie et femme enceinte Bienfaits de l’ostéopathie pendant la grossesse - Soulagement des douleurs articulaires : L’ostéopathe peut soulager les douleurs lombaires, dorsales, les sciatiques, et les douleurs du bassin, souvent exacerbées par les transformations corporelles de la grossesse. - Réduction des symptômes digestifs : En travaillant sur la mobilité des organes internes les nausées et vomissements, fréquents en début de grossesse, peuvent être atténués. - Réduction des inconforts circulatoires : Pendant le second et le troisième trimestre, des techniques spécifiques sur le système vasculaire permettent de réduire les crampes, les gonflements et la sensation de jambes lourdes. - Préparation à l’accouchement : Pour un accouchement par voie basse, il est essentiel de maintenir une bonne mobilité du bassin, afin de faciliter la descente du bébé. Un travail sur le diaphragme et le plancher pelvien peut également aider à optimiser la respiration et la gestion de l’effort. Quand consulter un ostéopathe durant la grossesse Il n'y a pas de moment idéal pour commencer un suivi ostéopathique pendant la grossesse. Il est recommandé de consulter dès l'apparition de douleurs ou de gênes, mais également en prévention pour accompagner le corps dans ses transformations. Idéalement, un suivi trimestriel est conseillé pour garantir une bonne mobilité et prévenir les contraintes physiques. Le nombre de séances variera selon les besoins spécifiques de chaque femme. Et après l'accouchement ? L'ostéopathe aide la maman à récupérer la mobilité des structures corporelles sollicitées durant la grossesse et l’accouchement. Elle peut notamment soulager les douleurs du périnée, les tensions abdominales et les douleurs lombaires liées à l'allaitement.
- Troubles de la marche chez l’enfant
1) Comprendre une étape clé du développement de l'enfant. L’acquisition de la marche est une étape majeure du développement de l’enfant. Elle marque l’accès à l’autonomie, favorise l’exploration de l’environnement et témoigne de la croissance globale de l’enfant. Toutefois, certains enfants présentent des particularités dans leur manière de marcher : instabilité posturale, marche asymétrique, marche sur la pointe des pieds ou retard dans l’acquisition de la déambulation. Ces signes constituent des motifs fréquents de consultation en pédiatrie et en rééducation fonctionnelle. Cet article propose une synthèse des connaissances scientifiques relatives aux troubles de la marche chez le jeune enfant. Il explore les mécanismes susceptibles d’y contribuer et évalue l’intérêt de l’intervention ostéopathique dans leur prise en charge. 2) Reconnaître un trouble de la marche chez l'enfant : définition et signes d'alerte. La marche est une acquisition motrice complexe, généralement observée entre 10 et 18 mois. Elle repose sur la coordination et l’intégration harmonieuse des systèmes neurologique, musculaire, articulaire et sensoriel. Un trouble de la marche est suspecté lorsque l’enfant présente un ou plusieurs des signes suivants : Un retard significatif dans l’acquisition de la marche Une asymétrie persistante de la démarche : une différence notable de mouvement ou d'appui entre le côté droit et le côté gauche. Une démarche atypique : telles que la marche en équin (sur la pointe des pieds), une rotation interne excessive des membres ou une claudication (boiterie). Un défaut d'équilibre : se manifestant par une instabilité flagrante ou des chutes anormalement fréquentes. Il est important de différencier ces situations pathologiques des variations normales du développement qui comprennent : Une marche sur la pointe des pieds, transitoire et sans caractère pathologique Un genu varum (jambes arquées), physiologique avant l'âge de 2 ans Un genu valgum (jambes tournées en dedans), habituel autour de 3 à 4 ans. Source : Collège National des Pédiatres Universitaires (CNPU) Une expertise médicale devient nécessaire quand ces manifestations normales perdurent, s'accentuent ou s'accompagnent d'une gêne fonctionnelle. 3) Les mécanismes en jeu lors de la marche La marche ne repose pas uniquement sur l’action des jambes : elle résulte d’une coordination globale de l’ensemble du corps. a) Le rôle central du cerveau dans la coordination de la marche Le cerveau agit comme un chef d’orchestre. Il envoie des messages aux muscles pour coordonner les mouvements et ajuste en permanence la posture, l’équilibre et l’enchaînement des pas. Toute perturbation de ce système de commande peut se traduire par une marche instable ou maladroite. b) Équilibre et systèmes sensoriels : des éléments clés de la marche Pour marcher, l’enfant s’appuie sur plusieurs canaux sensoriels : La vision : pour anticiper l'espace à parcourir et les obstacles. Le système vestibulaire, situé dans l'oreille interne : qui renseigne sur la position et les mouvements de la tête pour maintenir l'équilibre. La proprioception : c'est-à-dire les sensations issues des récepteurs situés dans les pieds, les muscles et les articulations, qui informent le cerveau sur la position du corps dans l'espace. La synergie de ces informations permet au corps d’ajuster en permanence sa position et ses mouvements. Si l’un de ces systèmes est altéré, la marche devient moins stable et les chutes plus fréquentes. c) Articulations et muscles : leur influence sur la qualité de la démarche. Une marche harmonieuse exige une liberté de mouvement totale au niveau du bassin, des hanches, des genoux, des chevilles et du dos. Lorsqu'une restriction de mobilité survient dans l'une de ces zones, le corps met en place des stratégies de compensation, ce qui peut engendrer une asymétrie et modifier la posture. À long terme, ces mécanismes compensatoires peuvent altérer la qualité de la marche. En résumé, la marche chez l'enfant résulte de l'interaction synergique de plusieurs composantes : Une commande cérébrale précise Un système d'équilibre et de perception sensorielle efficace Une musculature adaptée Des articulations mobiles. 4) Origines des troubles de la marche chez l’enfant La démarche de l'enfant peut être altérée par des divers facteurs, qu’on regroupe habituellement en trois grandes catégories. a) Causes neurologiques des troubles de la marche Certaines atteintes du développement neurologique peuvent modifier le tonus musculaire et la coordination. Exemple : un enfant grand prématuré peut présenter un tonus musculaire plus faible rendant la marche tardive ou instable ; une paralysie cérébrale peut entrainer une marche sur la pointe des pieds à cause d’une hypertonie musculaire. Dans ces situations, la prise en charge médicale spécialisée est indispensable. b) Causes orthopédiques influençant la démarche Ici, ce sont les anomalies affectant l’intégrité des os, des articulations ou la structure des membres inférieurs qui sont en cause On peut citer, à titre d’exemples, la dysplasie de la hanche, une inégalité de longueur des membres inférieurs ou encore des pieds très plats. Ces situations sont le plus souvent évaluées par un pédiatre ou un chirurgien orthopédiste. c) Troubles fonctionnels de la marche chez l’enfant Parfois, aucune cause neurologique ni orthopédique n’est observée. On parle alors de troubles fonctionnels de la marche. Ainsi, un enfant qui tombe fréquemment sans anomalie médicale apparente peut souffrir d’un déséquilibre postural. De même, un manque de mobilité de la cheville peut forcer le corps à compenser au niveau du genou ou du dos. Le corps s’adapte, mais les ajustements opérés nuisent à la fluidité et à la qualité du mouvement. Recommandation Quel que soit le contexte, un bilan médical est toujours la première étape. Il permet d’écarter l’hypothèse d’une cause organique avant d'orienter l'enfant vers une prise en charge thérapeutique complémentaire (kinésithérapie, ostéopathie…). 5) Ostéopathie et troubles de la marche chez l’enfant : apport et limites. L’ostéopathie repose sur un principe simple : le corps possède une capacité naturelle d’adaptation et de maintien de son équilibre. Appliquée à la pédiatrie, cette discipline vise à accompagner le développement de l’enfant en favorisant sa mobilité articulaire et son harmonie posturale. L’ostéopathe ne pose pas de diagnostic médical, mais procède à une évaluation attentive de: La mobilité des différentes articulations, La symétrie du bassin, La qualité des appuis au sol, L'harmonie de la posture générale. Exemples d'interventions sur les troubles fonctionnels Dans le cadre de troubles fonctionnels - après exclusion de toute cause médicale -l’ostéopathie peut apporter une réponse pertinente dans les situations suivantes : Chutes fréquentes sans cause médicale identifiée : en agissant sur la mobilité du bassin et des chevilles, l'ostéopathe peut contribuer à améliorer la stabilité posturale et la proprioception de l'enfant. Marche sur la pointe des pieds sans origine neurologique : certaines tensions musculo-aponévrotiques (notamment au niveau des mollets ou du fascia plantaire) peuvent être traitées par des techniques douces pour faciliter le déroulement du pas . Fatigabilité à la marche : une amélioration de la mobilité générale permet une meilleure répartition des charges et une marche moins énergivore. Note sur la pratique : Les manipulations appliquées sur l’enfant sont douces, adaptées à l'âge et à la morphologie de l'enfant, et respectent son rythme et sa réceptivité du moment. 6) Ostéopathie pédiatrique et troubles de la marche chez l'enfant : état des connaissances scientifiques Les données scientifiques concernant l’ostéopathie pédiatrique demeurent à ce jour limitées et en cours de développement. Certaines études suggèrent un intérêt de l’ostéopathie dans la prise en charge des troubles musculo-squelettiques fonctionnels. Toutefois, plusieurs points doivent être soulignés : Le niveau de preuve scientifique actuel reste modéré : les études disponibles présentant souvent des effectifs limités ou des méthodologies hétérogènes. Des études cliniques à plus grande échelle sont nécessaires pour confirmer ces premières tendances et préciser les indications. Il est impératif de rappeler que l'ostéopathie ne saurait en aucun cas se substituer à un suivi médical conventionnel. À cet égard, la Haute Autorité de Santé (HAS) souligne l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire dès qu’un trouble du développement moteur est suspecté. Dans cette optique, l'ostéopathie doit être envisagée comme un outil thérapeutique complémentaire, intégré à un parcours de soins global, au même titre que la kinésithérapie ou le suivi pédiatrique. 7) Développement de la marche chez l'enfant : quand solliciter un professionnel ? Il est conseillé de consulter un médecin ou un ostéopathe quand on observe l'une des situations suivantes : L’enfant ne marche toujours pas après 18 mois. Il perd des acquisitions motrices déjà maîtrisées. Sa démarche présente une nette asymétrie. Il manifeste une douleur en marchant. Les chutes demeurent très fréquentes après l’âge de 3 ans. Un retard global du développement est observé (langage, motricité fine, coordination…). 8) Aider l’enfant à mieux marcher : l’efficacité d’une prise en charge conjointe entre pédiatre et ostéopathe Les troubles de la marche chez l’enfant sont courants et le plus souvent sans gravité, mais ils doivent toujours faire l’objet d’une évaluation attentive. La marche est une fonction complexe qui sollicite à la fois le cerveau, l'équilibre, la force musculaire et la mobilité des articulations. L’ostéopathie peut compléter la prise en charge médicale de certains troubles fonctionnels en favorisant sur la mobilité et l’équilibre postural. Cette approche coordonnée, progressive et rassurante permet d’accompagner l’enfant vers une marche plus stable et harmonieuse. 9) Sources de l'article Haute Autorité de Santé : Recommandation de bonne pratique - Mis à jour le 19 mars 2020. Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque Revue médicale « American Family Physician » : Article publié en juillet 2017. Auteurs : Caitlyn M. Rerucha, MD; Caleb Dickison, DO ; Drew C. Baird, MD Lower Extremity Abnormalities in Children (Anomalies des membres inférieurs chez l'enfant) Société Francophone d’Etudes et de Recherche sur les Handicaps de l’Enfance (SFERHE) : Guide de l’apprentissage des troubles de la marche chez l’enfant HAL open science - Université de Picardie Jules Verne faculté de médecine d’Amiens : Thèse de Olivier Carnel soutenue en juin 2015. Les troubles de la marche de l’enfant du normal à l’anormal Collège de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : Présentation du Dr Anne-Laure Simon (Hôpital Robert Debré Paris). Conduite à tenir devant une boiterie chez l’enfant
- Accompagnement ostéopathique après une césarienne.
Source : Ramsay Santé 1) Accouchement par césarienne : introduction et questions fréquentes. La césarienne fait aujourd’hui partie intégrante de la pratique obstétricale. Si elle permet de sauver des vies lorsqu’elle est médicalement indiquée, elle soulève aussi de nombreuses questions pour les femmes qui la vivent : conséquence sur le corps, récupération, douleurs persistantes, impact sur les grossesses futures. 2) La césarienne : cadre thérapeutique, contextes d'intervention et modalités d’anesthésie. La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le nouveau-né par une incision de la paroi abdominale et de l’utérus. Elle est pratiquée lorsque l'accouchement par voie naturelle présente un danger pour la mère ou le bébé. L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie), ce qui permet à la mère de rester consciente lors de la naissance. Dans certaines situations d’urgence, une anesthésie générale peut toutefois s’avérer nécessaire. On distingue deux types d'interventions : La césarienne programmée : planifiée avant le début du travail pour des raisons médicales connues à l’avance. La césarienne d'urgence : décidée pendant le travail suite à une complication imprévue. 3) Césarienne : chiffres clés en France et dans le monde. À l'échelle mondiale, environ 20 % des naissances se font par césarienne, avec des variations importantes selon les pays : Moins de 5 % dans certains pays disposant de faibles ressources. Entre 40 % et 50 % dans certains pays industrialisés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un taux situé entre 10 % et 15 % suffit à répondre aux indications médicales justifiées, tout en évitant de soumettre inutilement les femmes aux risques inhérents à une intervention chirurgicale. La France se positionne légèrement au-dessus de cette recommandation internationale, avec une proportion de naissances par césarienne entre 20 % et 21 % soit 1 naissance sur 5. Ce taux est stable depuis plusieurs années. 4) Pourquoi recourir à une césarienne ? Les principales indications médicales. Les indications de la césarienne peuvent être d’origine maternelle, fœtale ou obstétricale. Les indications maternelles Certaines conditions de santé chez la mère peuvent rendre l'accouchement naturel périlleux. Pathologies vasculaires : Notamment la prééclampsie (hypertension artérielle sévère). Pathologies cardiaques : Certaines affections du cœur qui ne supporteraient pas l'effort de la poussée. Obstacles anatomiques : Anomalies de la structure du bassin ou antécédents de chirurgie pelvienne complexe. Les indications fœtales Le bien-être de l'enfant est un facteur décisif : Souffrance fœtale aiguë : rythme cardiaque anormal, enroulement du cordon autour du cou, etc. Présentation atypique l’enfant : par le siège (pieds ou fesses en premier). Pathologies spécifiques de l'enfant : Présence de certaines malformations nécessitant une extraction sécurisée. Les indications obstétricales Ces motifs surviennent généralement durant le travail : Absence de progression de la dilatation du col. Inefficacité ou irrégularité des contractions. Disproportion fœto-pelvienne (macrosomie) : Inadéquation entre la taille de l'enfant et les dimensions du bassin maternel empêchant le passage. 5) Comment se déroule une césarienne ? Risques opératoires et complications possibles pour la mère et l'enfant. Source : kinedelafemme sur instagram Une fois l'anesthésie installée, le praticien procède à l'incision. Pour atteindre l'enfant, il doit traverser sept couches anatomiques successives : La peau, la graisse sous-cutanée, l'aponévrose (membrane couvrant les muscles), les muscles droits de l’abdomen qui sont écartés latéralement sans être sectionnés, le péritoine (membrane tapissant la cavité abdominale), le myomètre (paroi musculaire de l'utérus) et la poche amniotique. Après avoir ouvert l'utérus et la poche amniotique, il extrait le nouveau-né (par la tête ou le siège) . Le cordon ombilical est clampé et coupé, puis le placenta est retiré. L'intervention se termine par une suture méticuleuse, plan par plan, de chaque couche sectionnée. La vidéo ci-dessus est une animation en 3D, permettant de visualiser le déroulé habituel de ce geste chirurgical. La source originale en anglais provient de la chaine YouTube @RMH Animations. La présente adaptation en français provient de la chaine YouTube @WshKdog. La césarienne permet une naissance rapide et contrôlée, réduisant certains risques pour la mère et l’enfant. Cependant elle demeure un acte invasif comportant des risques et des complications potentielles que l'équipe médicale surveille étroitement. Risques pour la mère À court terme, les principaux risques sont : une infection de la cicatrice ou de l’utérus, des saignements plus importants (hémorragie) que lors d’un accouchement par voie basse, des douleurs postopératoires liées à la cicatrisation, ainsi que, plus rarement, des complications liées à l’anesthésie. Des lésions d’organes voisins, tels que la vessie ou les intestins, peuvent également survenir, bien que ces complications restent exceptionnelles. Le risque de formation de caillots sanguins (thrombose veineuse) constitue aussi un point de vigilance après l’intervention. À long terme la présence d’une cicatrice sur la paroi de l’utérus peut fragiliser celui-ci lors des grossesses ultérieures, augmentant les risques de rupture utérine ou d'anomalies de positionnement du placenta . Risques pour le nouveau-né Les complications sont rares. Cependant, sans la compression des voies naturelles lors de la sortie, le bébé n'a pas pu expulser spontanément le liquide présent dans ses poumons durant sa vie intra-utérine. Cela peut entraîner une gêne respiratoire passagère, le temps que ses poumons "s'assèchent" et finissent d'absorber ce liquide pour laisser place à l'air. Malgré ces risques, dans l’objectif de préserver la santé de la mère et de l’enfant, la césarienne est pratiquée lorsque ses bénéfices l’emportent largement sur les dangers potentiels. 6) Prise en charge après une césarienne : hospitalisation, soins à domicile et rééducation. La phase d’hospitalisation et de surveillance Après une césarienne, une vigilance médicale accrue est instaurée afin de prévenir et détecter précocement d’éventuelles complications. Durant cette période, pour assurer le confort de la patiente, des antalgiques peuvent être administrés selon les besoins de la patiente. Parallèlement, un traitement anticoagulant est systématiquement prescrit pour écarter les risques de phlébite ou d’embolie pulmonaire liés à l'acte chirurgical. En règle générale, le séjour hospitalier dure entre 4 et 7 jours, contre environ 3 jours dans le cas d’un accouchement par voie basse. Le retour à domicile et les soins infirmiers Une fois de retour chez elle, la patiente doit veiller à la bonne évolution de sa cicatrice. Des soins réguliers, incluant le nettoyage et la désinfection de la plaie, sont préconisés. Ces soins peuvent être réalisés par une infirmière à domicile pour garantir une hygiène irréprochable et un suivi professionnel. La rééducation : un pilier de la récupération Bien que la césarienne épargne le passage par les voies naturelles, la rééducation du périnée et des abdominaux demeure impérative. Après l’accouchement, le plancher pelvien et la sangle abdominale sont souvent affaiblis, voire endommagés. Cette rééducation permet : De prévenir l’apparition de troubles urinaires et de troubles du transit. D’éviter les descentes d’organes (prolapsus). De soulager ou prévenir les douleurs lombaires. Cette prise en charge est assurée par une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute spécialisé et est normalement intégralement remboursée par l’Assurance Maladie. Spécificités du calendrier de soins Contrairement à un accouchement par voie basse, la rééducation post-césarienne débute plus tardivement afin de respecter le temps de cicatrisation complète de la plaie chirurgicale. Elle commence généralement 8 semaines après l'accouchement et s’étend sur une période de 6 à 12 semaines. Au-delà de la simple tonification musculaire, ce suivi est essentiel pour évaluer la souplesse de la cicatrice, libérer d'éventuelles tensions résiduelles et préparer sereinement la reprise d'une activité physique. 7) Récupération après césarienne : l'ostéopathie un accompagnement essentiel après l’accouchement. Le calendrier de la consultation Après une césarienne, il est conseillé de consulter un ostéopathe à partir de la troisième ou quatrième semaine suivant l’accouchement lorsque la cicatrice est suffisamment consolidée pour permettre un travail manuel direct. Avant ce délai, la consultation est possible mais ses effets risquent d’être limités car l’ostéopathe ne pourra pas toucher la cicatrice. Pourquoi consulter après l'acte chirurgical ? L'accouchement par césarienne laisse des empreintes physiques multiples : Altérations tissulaires : Cicatrices, tensions au niveau des muscles abdominaux et des fascias. Contraintes mécaniques : Tensions pelviennes et déséquilibres posturaux hérités de la grossesse ou induits par les gestes répétés associés aux soins du nourrisson. Les bénéfices de la prise en charge Le soin repose sur des techniques manuelles douces et précises qui visent trois objectifs : La mobilité tissulaire autour de la cicatrice : Assouplissement de la zone cicatricielle pour prévenir les adhérences. Le soulagement structurel : Réduction des tensions lombaires et abdominales, et rééquilibrage du bassin et de la colonne vertébrale. Le confort viscéral : Amélioration des fonctions digestives, circulatoires et respiratoires, souvent perturbées après une chirurgie et une grossesse. En favorisant l'équilibre global du corps et en améliorant la perception corporelle, l’approche ostéopathique aide la mère à retrouver plus rapidement mobilité, confort et bien-être dans son quotidien. 8) Sources de l'article Haute Autorité de Santé (HAS) : brochure d’information éditée en 2013 La césarienne : Ce que toute femme enceinte devrait savoir... Santé publique France – Odissé : Rapport de surveillance de la santé périnatale en France 2010-2019 – Edition de mai 2024. Fiche 13 - Césarienne Institut national d’études démographiques (INED) : article de Numéro 581 - septembre 2020 paru dans le numéro 581 (septembre 2020). Trop et pas assez à la fois : le double fardeau de la césarienne HAL openscience - ECOLE DE SAGES-FEMMES BAUDELOCQUE : Mémoire de Luca Sreng soutenu pour l’obtention du diplôme d’Etat de Sage-Femme (septembre 2014) Facteurs prédictifs de césarienne en cours de travail chez la primipare à bas risque. Étude comparative rétrospective cas-témoins à l’hôpital Jean Verdier de Bondy Revue Médicale Suisse : Article paru en octobre 2009. Auteur : Olivier Irion Risques à long terme de l’accouchement par césarienne National library of medicine - Journal of the American Osteopathic Association (JAOA) : article de Daniel Martingano paru en juillet 2016 (Vol 116 No. 7) Management of Cesarean Deliveries and Cesarean Scars With Osteopathic Manipulative Treatment: A Brief Report Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Patel V J, Napolitano P G, Hemman E A, et al. Adaptation of the World Health Organization (WHO) Safe Surgery Checklist for Use With Cesarean : Implementation and Outcomes With the Safe Cesarean Section Checklist. (Adaptation de la check-list de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une chirurgie sûre pour son utilisation lors des césariennes : mise en œuvre et résultats avec la "Safe Cesarean Section Checklist). Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Esha Parikh , Samira Kanetkar , Reena Sheth , Renee Alexis. Successful Management of Complications Due to a Cesarean Section in a Patient With a Complex Obstetric History: A Case Report and Review of Preventive Strategies (Gestion réussie des complications dues à une césarienne chez un patient ayant un antécédents obstétricaux complexes : rapport de cas et revue des stratégies préventives). European Journal of Osteopathic Research : Article publié en 2020. Auteur : Andrea Tauch MSc The influence of an osteopathic treatment on pregnant women on expected date of delivery on the course of parturition and the subjective well-being: A Pilot Study (L’influence d’un traitement ostéopathique sur les femmes enceintes à la date prévue de l’accouchement sur le processus de la parturion et le bien-être subjectif : une étude pilote).
- Ostéopathie, tendinopathie et tendinite de la coiffe des rotateurs
Thérapeute pratiquant sur un patient un étirement de la coiffe des rotateurs. 1) Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : définition, différences avec la tendinite et fréquence. La tendinopathie de la coiffe des rotateurs désigne une lésion affectant un ou plusieurs tendons constituant la coiffe des rotateurs. Elle se caractérise par une dégradation progressive du tissu tendineux qui survient lorsque des contraintes mécaniques répétées excèdent les capacités de régénération et d’adaptation du tendon . Distinction majeure : tendinopathie chronique vs tendinite aigüe On distingue classiquement deux tableaux cliniques : La tendinopathie qui s'inscrit dans un processus dégénératif chronique, sans phase inflammatoire aiguë prédominante. Cette pathologie est la première cause de douleurs chronique de l’épaule . Sa fréquence augmente nettement avec l’âge, notamment après 50 ans, mais elle est également fréquente chez certains sportifs. La tendinite , à l'inverse, se définit par une réaction inflammatoire aiguë soudaine et ponctuelle, dont la durée n'excède généralement pas trois mois. Contrairement à la forme chronique, elle est relativement rare. 2) Tendinite et tendinopathie : origines, gestes à risque et facteurs aggravants. Tendinite aigue : Elle apparait généralement brutalement, à la suite d’une sollicitation inhabituelle ou excessive du tendon. Les causes fréquentes incluent : Un traumatisme direct (chute ou choc au niveau de l’épaule) Un effort physique intense ou inhabituel ( travaux de bricolage prolongé, port de charge lourde , reprise trop brusque d'une activité sportive) Un mouvement du bras ou de l’épaule effectué avec une vitesse, une amplitude ou une puissance excessive (l’expression « faux mouvement », bien qu’usuelle, est un abus de langage à éviter) Une fatigue musculaire importante. Tendinopathie chronique : Elle s’installe de façon progressive et résulte le plus souvent de contraintes répétées ou prolongées exercées sur le tendon. Les causes fréquentes incluent : Un vieillissement naturel des tendons (surtout après 50 ans) Une surcharge mécanique chronique, notamment dans les professions manuelles avec port de charges (ex. : manutention) Des gestes répétitifs dans le cadre professionnel (caissiers, coiffeurs, serveurs, etc.). Une pratique sportive comportant des mouvements répétitifs (tennis, golf, volley-ball, lancer, etc.) . 3) Anatomie de l'épaule : la coiffe des rotateurs. Source : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec). La coiffe des rotateurs est un ensemble composé de quatre muscles et de leurs tendons respectifs qui relient l’omoplate (scapula) à l’humérus (os du bras). Elle comprend le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire. Le supra-épineux est situé sur la face supérieure de l’omoplate. Il intervient dans l’initiation de l'élévation du bras et est souvent le plus sollicité. L'infra-épineux (sous-épineux) et le petit rond se trouvent à l’arrière de l’omoplate. Ils jouent un rôle essentiel dans la rotation externe du bras. Le subscapulaire , placé à l’avant de l’omoplate permet la rotation interne. Mécanique et vulnérabilité Les tendons de ces muscles se rejoignent partiellement pour former une coiffe tendineuse qui s’insère sur la tête de l’humérus . Cette configuration remplit une double mission : Stabiliser l’articulation en maintenant la tête de l’humérus dans la cavité glénoïde. Autoriser une mobilité multidirectionnelle par une grande amplitude de mouvement du bras (élévation et rotations). Cette configuration anatomique confère à l’épaule une grande mobilité, mais expose aussi les tendons de la coiffe à des contraintes mécaniques importantes, source de vulnérabilité. 4) Symptômes de la tendinite et de la tendinopathie de la coiffe des rotateurs Distinguer l'aigu du chronique Le tableau clinique varie selon que l'atteinte est brutale (tendinite) ou d'installation progressive (tendinopathie). La tendinite aiguë se manifeste par : une douleur localisée sur le dessus ou l’avant de l’épaule pouvant irradier légèrement le bras Une sensibilité accrue à la pression notamment en position couchée sur le côté ou à la palpation de l'épaule Une douleur exacerbée lors des mouvements, notamment de rotation ou d’élévation du bras. des douleurs plus marquée la nuit et en fin de journée un gonflement local dans certains cas. La tendinopathie se caractérise par une apparition progressive des symptômes et peut devenir également invalidante. Les signes cliniques les plus fréquemment observés sont : douleur située sur la face antérieure ou latérale de l’épaule intensification progressive des symptômes au fil du temps majoration de la douleur lors de gestes ou de mouvements répétés présence d’une raideur articulaire associée à une sensation de blocage diminution de la force musculaire du bras douleurs intermittentes, pas systématiquement nocturnes dans certains cas, absence de douleur au repos avec gêne uniquement à l’effort. 5) Diagnostic des pathologies de la coiffe des rotateurs Interrogatoire médical La prise en charge commence par un interrogatoire médical. Cet interrogatoire comprend l’historique des symptômes, les caractéristiques de la douleur et les antécédents médicaux. Cet échange permet d’orienter le diagnostic et d’adapter la stratégie thérapeutique. Examen clinique Un examen clinique est ensuite effectué par un professionnel de santé (médecin généraliste, rhumatologue, kinésithérapeute ou ostéopathe formé). Il comprend : une inspection et une palpation des structures musculaires et articulaires de l'épaule des tests de mobilité des tests « orthopédiques » spécifiques visant à identifier le ou les tendons touchés. Test de Jobe (supra-épineux) Test de Patte (infra-épineux) Signe du clairon (petit rond) Manœuvre de Gerber (subscapulaire) Source : Haute Autorité de Santé (HAS) Examens d'imagerie Pour confirmer le diagnostic, un examen d’imagerie est recommandé : L'échographie est réalisée en première intention, car elle est non invasive et efficace pour visualiser les tendons, tout en permettant de détecter une inflammation ou une rupture partielle. La radiographie est fréquemment utilisée pour rechercher la présence de calcifications ou d’anomalies osseuses associées. L'IRM plus précise, est réservée aux lésions chroniques, aux micro-déchirures ou aux tendinopathies avancées . S on coût plus élevé la rend non systématique . Une analyse biologique peut parfois être proposée en cas de suspicion de pathologie inflammatoire systémique. 6) Prise en charge thérapeutique Le traitement de la tendinopathie dépend du degré de douleur et de handicap mais vise en priorité à soulager la douleur tout en améliorant la fonction de l’épaule lésée. Pour y parvenir, la prise en charge s'articule autour des options suivantes : Des antalgiques peuvent être prescrits mais doivent être pris avec précaution selon les conseils du médecin. Les anti-inflammatoires sont réservés aux cas de tendinite aiguë. Ils sont alors prescrits pour une courte durée (7 à 10 jours en général) et doivent être pris avec un protecteur gastrique (type Gaviscon ou oméprazole) pour prévenir tout désagrément digestif (reflux, acidité, etc.) Une infiltration de corticoïde peut être proposée en cas d’inflammation persistante ou de bursite associée. La chirurgie n’est proposée qu’en cas de rupture tendineuse. Source : Clinique du sport Bordeaux Mérignac Source : Docteur Bruno Levy - Clinique du sport à Paris - Clinique de Meudon La Forêt Le traitement fonctionnel repose sur la rééducation et la thérapie manuelle. La kinésithérapie et l’ostéopathie sont des approches complémentaires qui gagnent à être utilisées de manière coordonnée. La phase de rééducation et de thérapie manuelle s’étend généralement sur trois à six mois. Le nombre de séances de kinésithérapie et/ou d’ostéopathie est déterminé pour chaque patient lors du bilan initial. Cette phase comprend des exercices de renforcement musculaire, un travail de mobilité articulaire, et peut aussi faire appel à des techniques telles que les ultrasons, les massages ou la cryothérapie. 7) L'apport de l’ostéopathie dans la prise en charge des douleurs de l'épaule Les douleurs de la coiffe des rotateurs constituent un motif fréquent de consultation ostéopathique, que ce soit en première intention ou en complément d’un suivi médical ou kinésithérapeutique . L’ostéopathe agit sur les pertes de mobilité et les déséquilibres mécaniques autour de l’épaule ainsi qu’à distance. En redonnant de la mobilité à l’épaule, au bras, au cou mais aussi au rachis dorso-lombaire, l’ostéopathe permet de diminuer les contraintes excessives exercées sur les tendons de la coiffe des rotateurs. Les techniques manuelles visent aussi à améliorer la circulation locale et la coordination des mouvements, éléments essentiels à la récupération. Cette approche, centrée sur les compétences propres de l’ostéopathie, aide à soulager la douleur, à améliorer le mouvement de l’épaule et à accompagner les autres traitements médicaux ou de rééducation. 8) Sources de l'article National Library of Medicine – StatPearls : Article publié en Aout 2023. Auteurs : Matthew A. Varacallo ; Youssef El Bitar ; Scott D. Mair. Rotator Cuff Tendonitis (Tendinite de la coiffe des rotateurs) Haute autorité de santé : Fiche « Les bonne pratiques ». Publiée en janvier 2024. Prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs HAL openscience - IFMK de Marseille : Mémoire de Paulino Camille soutenu en 2020. Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : entre renforcement excentrique et concentrique Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) - Références en santé au travail : Article publié en mars 2021. Auteur Anne Pichene Houard. Pathologies de la coiffe des rotateurs dans un contexte professionnel : Particularités et problématique du retour à l’emploi Geoffroy Nourissat - Chirurgien orthopédiste et Frédéric Srour - Kinésithérapeute : Livret à destination des patientes et des patients publié en 2020. Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs
- Ostéopathie et dysfonction temporo-mandibulaire.
Dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) 1. Dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) : définition, fréquence et populations concernées . La dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) désigne un ensemble hétérogène de troubles musculo-squelettiques et neuromusculaires affectant les articulations temporo-mandibulaires (ATM), les muscles masticateurs et les structures qui leur sont associées. Ces troubles se manifestent par des douleurs au niveau du visage ou de la bouche , une limitation ou une asymétrie des mouvements de la mâchoire et/ou par des bruits articulaires, sans qu’une pathologie inflammatoire, infectieuse ou tumorale ne soit identifiée . Le terme DTM est une appellation générique et ne correspond pas à une pathologie unique. Son origine est encore mal connue. Les DTM sont fréquentes dans la population générale : environ 30 % de la population mondiale présenterait au moins un signe évocateur de DTM. La prévalence atteint un pic entre 20 et 40 ans. Chez les enfants et adolescents elle varie davantage - entre 11 et 38 % selon les critères diagnostiques retenus et l’âge étudié. Les femmes sont généralement plus touchées que les hommes , avec un ratio pouvant atteindre 1,7 pour 1 selon certaines études. 2. Les principales causes des DTM. L'origine des dysfonctions temporo-mandibulaires (DTM) est multifactorielle et complexe. Elle résulte de l’interaction dynamique entre des facteurs biomécaniques, neuromusculaire, neurophysiologiques et psychosociaux. D’un point de vue mécanique, on observe des contraintes excessives ou répétées exercées sur l’articulation temporo-mandibulaire et les muscles masticateurs. Ces contraintes, qui peuvent être liées à des parafonctions (comme le bruxisme ou le serrement dentaire), à des microtraumatismes ou à des déséquilibres fonctionnels altèrent la cinématique de la mâchoire et la capacité de tolérance des tissus . Sur le plan neurophysiologique, des mécanismes de sensibilisation tant au niveau périphérique que central, jouent un rôle majeur dans la persistance des douleurs, expliquant pourquoi l’intensité des symptômes rapportés ne correspond pas toujours à l’ampleur des lésions structurelles observées . Les facteurs psychosociaux comme le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil ou certains traits de personnalité exercent également une influence significative. Ils modulent la perception de la douleur et l’activité musculaire, renforçant ainsi l’expression clinique des DTM. Enfin, des facteurs individuels tels que le sexe, l’âge, les antécédents traumatiques cervico-crâniens et la capacité d’adaptation du système stomatognathique contribuent à la diversité des tableaux cliniques . Cette hétérogénéité justifie le recours à une approche diagnostique et thérapeutique globale intégrant les dimensions biologique, psychologique et sociale (approche biopsychosociale). Anatomie simplifiée de la mâchoire : Comment fonctionne l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). La mandibule, ou mâchoire inférieure, est l’unique os mobile du visage. Elle permet de parler, mâcher et bailler. Source : Netter édition 5 planche 17 Elle s’articule de chaque côté du crâne avec l’os temporal au niveau des articulations temporo-mandibulaire (ATM), situées juste en avant des oreilles. Le fonctionnement de ces articulations repose sur la présence d’un disque souple interposé entre les surfaces osseuses qui facilite les mouvements et absorbe les contraintes mécaniques . Source : Gouvernement du Canada - Organisation d’Anciens Combattants Canada La mandibule est maintenue et mobilisée par plusieurs muscles puissants, notamment ceux qui servent à la mastication, et elle est contrôlée par des nerfs responsables de la sensibilité et du mouvement. Source : Gouvernement du Canada - Organisation d’Anciens Combattants Canada Innervation de l'articulation temporo-mandibulaire. Source : Medicine key Grâce à cette organisation très précise, la mâchoire peut effectuer une grande variété de mouvements : ouverture, fermeture, avancement et diduction ( mouvements latéraux ). Cependant, cette sophistication la rend sensible aux tensions, aux déséquilibres musculaires et aux surcharges mécaniques. L'ATM en action. Source : Ostéomag 4. Comment apparaît la douleur à la mâchoire ? Les mécanismes de la DTM. Les mécanismes des dysfonctions temporo-mandibulaires correspondent aux processus par lesquels la douleur et les troubles fonctionnels apparaissent et se maintiennent. Ils sont aujourd’hui compris comme multifactoriels et interconnectés, et peuvent être expliqués ainsi : Mécanisme mécanique articulaire Des contraintes excessives, répétées ou mal réparties au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) peuvent altérer son fonctionnement. Ces contraintes regroupent notamment le serrement dentaire, le bruxisme, les microtraumatismes répétés ou encore des mouvements mandibulaires mal coordonnés. Elles peuvent endommager les structures articulaires — capsule, ligaments et disque — se traduire par des douleurs, des raideurs ou des bruits articulaires (claquements). Mécanisme musculaire Une hyperactivité ou un déséquilibre des muscles masticateurs peut être à l’origine de douleurs localisées ou irradiantes. La fatigue musculaire, les contractures et les points douloureux (trigger points) réduisent l’amplitude des mouvements de la mâchoire et entretiennent un cercle vicieux où tension et douleur s’auto-entretiennent. Mécanisme neurophysiologique Lorsque la douleur s’installe dans la durée, le système nerveux peut devenir hypersensible. Ce phénomène, appelé sensibilisation périphérique et centrale, fait que des stimulations habituellement indolores sont perçues comme douloureuses. Cela explique pourquoi certaines DTM persistent sans lésion visible et pourquoi la douleur peut s'étendre vers le visage, la tête ou la nuque. Mécanismes psychosociaux Le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil et la charge émotionnelle influencent directement l’activité musculaire et la façon dont la douleur est perçue. Le serrement inconscient des mâchoires et une attention excessive portée à la douleur contribuent à l’installation et au maintien dans le temps des DTM. L'interaction des mécanismes et le cercle vicieux de la chronicisation Ces mécanismes n’agissent pas de manière isolée. Une surcharge mécanique peut déclencher une douleur musculaire, laquelle maintient les muscles sous tension. Ce phénomène rend les nerfs plus sensibles et le stress vient encore amplifier l'ensemble. Ce cercle vicieux explique la variabilité des symptômes observés d’une personne à l’autre et justifie la nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire. 5. Prise en charge des DTM : étapes du diagnostic au traitement . La phase diagnostique Le processus débute par un bilan approfondi, mené par un chirurgien-dentiste, un kinésithérapeute spécialisé ou un ostéopathe. L’objectif est de déterminer l’origine principale du trouble : musculaire, articulaire ou mixte. Ce bilan comprend : Une anamnèse : recueil des symptômes (douleurs, craquements, épisodes de blocage) et des antécédents traumatiques. Un examen clinique : observation des mouvements d’ouverture et de fermeture buccale, recherche de déviations, palpation des structures musculaires et articulaires, ainsi que l’auscultation des bruits articulaires. L’imagerie médicale : prescrite de manière sélective (IRM, radiographie, CBCT dentaire) lorsqu'une lésion structurelle est suspectée. Stratégies thérapeutiques : une approche graduelle Le traitement de première intention consiste en des mesures de base : Éducation du patient : éviter le serrement des dents , la mastication de chewing-gum, les parafonctions ( s'appuyer sur le menton, se ronger les ongles...). Gestion du stress Mise au repos de l’articulation temporo-mandibulaire Adaptation temporaire de l’alimentation vers une texture molle si besoin. Le traitement de référence est un traitement fonctionnel et manuel réalisé par un kinésithérapeute, un ostéopathe ou les deux en complémentarité. Il vise à agir sur les articulations temporo-mandibulaires, les muscles masticateurs, le rachis cervical ainsi que sur la posture globale. Il est particulièrement indiqué dans les DTM d’origine musculaires ou mixtes. Les autres options thérapeutiques La réalisation de gouttières occlusales par un chirurgien-dentiste peut aussi être proposée. Celles-ci ont pour objectif de stabiliser et/ou de détendre l’articulation, de diminuer les contraintes mécaniques, de protéger les dents et de réduire le bruxisme. En cas de douleurs importantes, un traitement médicamenteux de courte durée, à base d’antalgiques et/ou d’anti-inflammatoires, peut être prescrit par le médecin. L’approche psycho-comportementale, souvent sous-estimée, constitue également un élément essentiel de la prise en charge. Elle peut inclure des techniques de relaxation, la sophrologie, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou un travail spécifique sur la gestion des parafonctions. Dans les formes résistantes aux traitements conservateurs, des injections intra-articulaires d’acide hyaluronique ou de corticoïdes peuvent être envisagées, sur prescription d’un médecin spécialiste. La chirurgie est exceptionnelle dans la prise en charge des DTM et n’est réservée qu’à des situations très particulières, telles que certaines malformations ou déviations majeures. Le suivi du patient se fait idéalement en coordination étroite entre chirurgien-dentiste , kinésithérapeute et/ou ostéopathe , médecin et psychologue ou psychiatre . 6. L'apport de l'ostéopathie dans le soulagement des douleurs causées par la DTM. L’ostéopathie occupe une place pertinente dans la prise en charge des troubles temporo-mandibulaires, qu’ils soient d’origine musculaire, posturale ou multifactorielle. Grâce à une approche globale du patient, l’ostéopathe ne se limite pas à l’analyse des articulations temporo-mandibulaires, mais examine également les structures crâniennes, cervicales, thoraciques ainsi que le système myofascial. Cette évaluation permet d’identifier les zones de tension, de compensation ou de restriction de mobilité susceptibles de maintenir ou d’aggraver les symptômes. Les techniques manuelles employées visent à améliorer la mobilité articulaire, à diminuer les tensions musculaires, à rééquilibrer les chaînes posturales et à favoriser un meilleur fonctionnement neuro-musculo-squelettique. Plusieurs études citées dans les sources montrent que la thérapie manuelle, incluant les approches ostéopathiques, peut contribuer à réduire la douleur, améliorer l’ouverture buccale et à restaurer la fonction mandibulaire chez les patients souffrants de DTM, notamment lorsqu’elles s’intègrent dans une prise en charge pluridisciplinaire . Sources de l'article Faculté d’Odontologie de Marseille - Aix Marseille Université : Thèse soutenue en octobre 2019 par PAUL Naïs. Dysfonctionnements Temporo-Mandibulaires : élaboration de fiches de situations types Société Française de Stomatologie, Chirurgie Maxillo-Faciale et Chirurgie Orale : Article publié en juillet 2016. Orthèses (Gouttières) occlusales : indications dans les Dysfonctions Temporo-Mandibulaires - Recommandations de Bonne Pratique . Fondation Mayo pour l’éducation et la recherche médicale (MFMER) - Mayo Clinic Health System : Article publié en décembre 2024. TMJ disorders ( Troubles de l’ATM ). National Library of Medicine – Journal of Clinical Medicine : Article publié en février 2024.Auteurs : Grzegorz Zieliński, Beata Pająk-Zielińska, Michał Ginszt. A Meta-Analysis of the Global Prevalence of Temporomandibular Disorders . (Une méta-analyse de la prévalence mondiale des troubles temporo-mandibulaires). National Library of Medicine – Polish Journal of Neurology and Neurosurgery (PJNNS) : Article publié en novembre 2022. Auteurs : Krystian Matusz, Zofia Maciejewska-Szaniec, Tomasz Gredes, Małgorzata Pobudek-Radzikowska, Mariusz Glapiński, Natalie Górna, Agnieszka Przystańska. Common therapeutic approaches in sleep and awake bruxism - an overview. (Approches thérapeutiques courantes dans le bruxisme du sommeil et de l’éveil — un aperçu). National Library of Medicine – American Family Physician (AFP) : Article publié en janvier 2023. Auteurs : Eric M Matheson, Joli D Fermo, Russell S Blackwelder. Temporomandibular Disorders: Rapid Evidence Review . (Troubles temporo-mandibulaires : revue rapide des preuves). HAL open scienceUniversité de Reims Champagne-Ardenne : thèse de doctorat en chirurgie dentaire soutenue en avril 2024 par Claire Leducq. Guide de prise en charge des dysfonctions temporo-mandibulaires pour la pratique du chirurgien-dentiste . National Library of Medicine – Journal of Clinical Medicine : Article paru en octobre 2023. Auteurs : Andres Herrera-Valencia, Maria Ruiz-Muñoz, Jaime Martin-Martin, Antonio Cuesta-Vargas, Manuel González-Sánchez. Efficacy of Manual Therapy in Temporomandibular Joint Disorders and Its Medium-and Long-Term Effects on Pain and Maximum Mouth Opening: A Systematic Review and Meta-Analysis . (Efficacité de la thérapie manuelle dans les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire et ses effets à moyen et long terme sur la douleur et l’ouverture maximale de la bouche : une revue systématique et une méta-analyse). Revue Frontiers in Public Health : Article publié en December 2022. Auteurs : Ya-Peng Pei, Han-Chao Li, Jia-Wei Zhong, Xin-Lin Gao, Chu-Qiao Xiao, Yuan Yue, Xin Xiong. The association between problematic smartphone use and the severity of temporomandibular disorders: A cross-sectional study . (L’association entre l’utilisation problématique des smartphones et la gravité des troubles temporo-mandibulaires : une étude transversale). MedlinePlus : Article paru en mars 2024 Bruxism HAL open science - U.F.R. d’Odontologie Garancière : Thèse de doctorat de Samy Djennaoui soutenu en juillet 2021. Désordres temporo-mandibulaires : apport des études OPPERA
- Ostéopathie et escalade
Source : https://www.klattercentret.se/ 1) Escalade : Chiffres et enjeux santé d'une discipline olympique en plein essor. L’escalade, aussi appelée grimpe est un sport en plein essor. Devenue discipline olympique lors des jeux de Tokyo en 2020, il sollicite intensément l’appareil locomoteur à travers des mouvements exigeant une synergie parfaite entre force pure, coordination fine et mobilité articulaire . Selon les formes de pratique , le grimpeur est soumis à des contraintes biomécaniques spécifiques pouvant entrainer divers troubles musculo-squelettiques. Une communauté mondiale en mouvement : 50 millions de pratiquants (en salle et en extérieur) à l'échelle mondiale. En France : Un bastion de la discipline avec plus d’1,5 million de pratiquants réguliers. Vie fédérale : La FFME (Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade) recense à elle seule plus de 100 000 licenciés, un chiffre en constante progression. Fait notable : la parité progresse fortement. Les femmes représentent aujourd'hui près de 40% de la communauté, avec une moyenne d'âge tournant autour de 35 ans. 2) Les différents types d’escalade et leurs exigences physiques. L’escalade est une discipline exigeante qui requiert force, mobilité et précision. Chaque mouvement engage simultanément plusieurs chaines musculaires : bras, avant-bras, épaules, dos mais aussi abdominaux, hanches, jambes. À cette sollicitation musculaire globale s’ajoute un travail constant de gainage, d’équilibre et de coordination indispensables à l’efficacité et à la sécurité du grimpeur. Du bloc à la haute montagne : Des efforts variés pour le corps Il existe de nombreuses formes d’escalade, dont les principales sont les suivantes : L'escalade sur bloc . Source : Pyramide.eu Elle se pratique sur des murs de faible hauteur (4 à 5 mètres), sans utilisation de corde ni de harnais. Le grimpeur enchaîne des mouvements courts, puissants et techniques, appelés problèmes . La sécurité est assurée par des tapis de réception, ou crash pads , disposés au sol. L’escalade sportive (ou couenne) . Source le Club Alpin Français (CAF) Cette discipline très répandue aussi bien en salle qu’en extérieur se pratique sur une seule longueur de corde (généralement 15 à 35 m), sur des voies dont les ancrages fixes sont déjà installés dans la paroi. L'escalade grande voie Pratiquée majoritairement en milieu naturel, elle se déroule sur plusieurs longueurs de corde. Elle demande une maîtrise parfaite des manipulations de cordes, la gestion des relais et une solide endurance. L'escalade de vitesse . Championnat de France : Finale hommes Bassa Mawem VS Pierre Rebreyend. Source : France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Discipline compétitive et chronométrée, elle consiste à gravir un mur standardisé le plus rapidement possible. L’explosivité et la mémoire gestuelle y sont primordiales. L’escalade traditionnelle . Source : lacrux.com Le retour aux sources. La paroi est vierge : c'est au grimpeur de placer ses propres coinceurs et protections dans les fissures au fur et à mesure de sa progression. Les points fixes sont rares, ce qui implique une forte autonomie, une excellente lecture du terrain et une grande expérience. Escalade alpine . Source : Club Alpin Français Briançon Pratiquée en haute montagne, elle peut combiner différents terrains tels que le rocher, la neige et la glace. Très technique, elle demande un haut niveau d’autonomie, une planification rigoureuse et une solide expérience de l’alpinisme. 3) Escalade : Quelles sont les blessures les plus fréquentes chez le grimpeur ? Selon une étude britannique, un grimpeur sur deux déclare avoir subi au moins une blessure au cours des douze derniers mois. Chez les jeunes pratiquants âgés de 11 à 19 ans, l’incidence des blessures est estimée à environ 4,4 pour 1 000 heures de pratique. Selon plusieurs études en médecine du sport, les blessures les plus courantes en escalade concernent principalement l’appareil musculo-tendineux et articulaire : Tendinite des fléchisseurs des doigts (syndrome de la « poulie) Épicondylite (inflammation des muscles épicondyliens au niveau du coude ) Douleurs d’épaule liées aux rotations répétées et aux verrouillages articulaires Douleurs cervicales et dorsales provenant de tensions posturales Entorses et douleurs de chevilles survenant lors d’appuis instables ou de réceptions mal contrôlées Douleurs sacro-iliaques ou lombaires liées à des contraintes asymétrique Surcharge musculaire des avant-bras La majorité de ces troubles sont liés à la répétition des mouvements, aux tractions sur prises de petite taille , à l’accumulation de tensions mécaniques et au manque de récupération. 4) Escalade : l’apport de l’ostéopathie dans la prévention des blessures et l'amélioration de la performance. L’ostéopathie offre une approche globale permettant d’optimiser la performance, d’améliorer la récupération et de prévenir les blessures. Un grimpeur bien suivi est un grimpeur plus performant. L’ostéopathie intervient sur la mobilité des tissus (muscles, tendons, articulations, fascias, viscères...) et rééquilibre les chaînes musculaires pour restaurer un fonctionnement harmonieux du corps. Les bénéfices d’un suivi ostéopathique : Amélioration de la mobilité articulaire Diminution des tensions et contractures musculaires Prévention des tendinopathies et blessures chroniques Optimisation de la gestuelle et du gainage Meilleure récupération après un effort intense Amélioration de la respiration, favorisant l’endurance. Quand prendre rendez-vous avec votre ostéopathe ? L’ostéopathie est utile aussi bien dans une démarche préventive que lors de l’apparition de douleurs aiguës ou persistantes. Il est recommandé de consulter : En cas de douleurs apparaissant pendant la grimpe ou après la séance Lors d’une diminution de force, d'amplitude ou de fluidité du geste Après une chute ou un traumatisme Pour préparer une compétition ou une reprise d’activité après une période d’arrêt En entretien régulier à raison de 2 à 4 consultations par an surtout si l’entrainement est intensif. 5) Sources de l'article Sites web Site de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) Escalade : définition et lieux de pratique L'escalade à la FFCAM Site de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME) Page d'accueil Club d’Escalade de l’Avranchin Histoire de l’escalade Portail d'information statistique ZipDo : Article Publié en mai 2025. Auteur : Alexander Eser. Statistiques de décès en escalade Etudes National Library of medicine - International Journal of Environmental Research and Public Health : Article publié en décembre 2019. Auteurs : Simon Rauch, Bernd Wallner, Mathias Ströhle Tomas Dal Cappello, Monika Brodmann Maeder. Climbing Accidents-Prospective Data Analysis from the International Alpine Trauma Registry and Systematic Review of the Literature. (Accidents d’escalade - Analyse des données prospectives du Registre international des traumatismes alpins et revue systématique de la littérature.) National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en janvier 2015. Auteurs : Kaikanani Y Woollings, Carly D McKay, Jian Kang, Willem H Meeuwisse, Carolyn A Emery Incidence, mechanism and risk factors for injury in youth rock climbers (Incidence, mécanisme et facteurs de risque de blessures chez les jeunes grimpeurs). ScienceDirect - Science & Sports : Article paru en juin 2014 (Volume 29, No 3). Auteurs: M. Durand-Bechu, B. Chaminade, P. Belleudy, D. Gasq. Rock-climbing injuries in France from 2004 until 2011 (Les blessures lors de la pratique de l’escalade en France de 2004 à 201). National Library of Medicine - American Journal Of preventive Medicine (Am J Prev Med) : Article publié en Septembre 2009 (Volume 37, No 3). Auteurs : Nicolas G Nelson, Lara B McKenzie. Rock climbing injuries treated in emergency departments in the U.S, 1990-2007 (Blessures d’escalade traitées dans les urgences aux États-Unis, 1990-2007). National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en septembre 2008. Auteurs : G Jones, Un Asghar,D J Llewellyn. The epidemiology of rock-climbing injuries (L’épidémiologie des blessures lors de l’escalade)
- Ostéopathie et fibrome utérin
Source Institut du sein Henri Hartmann (ISHH) 1) Fibrome utérin : définition et chiffres clés Le fibrome utérin, également appelé myome, léiomyome ou myome utérin, est une tumeur bénigne qui se développe au niveau de l’utérus. Par définition non cancéreuse, son évolution vers une forme maligne est exceptionnelle, estimée entre 0,1 et 0,5 % des cas . Cette affection est la pathologie pelvienne la plus répandue chez la femme en âge de procréer. On estime qu’elle touche 20 à 40 % de la population féminine adulte, avec un diagnostic posé majoritairement entre 30 et 50 ans. Son impact sur la santé publique est significatif : en France, le fibrome utérin représente la première cause d'hystérectomie, c’est-à-dire d’ablation chirurgicale de l’utérus. Source : Santé Publique France 2) Fibrome utérin : quelles sont les causes et facteurs de risque ? Les causes exactes de cette pathologie gynécologique sont encore méconnues. Cependant, leur croissance semble favorisée par une augmentation des taux d’œstrogènes, et éventuellement de progestérone (les principales hormones féminines). Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés. Les fibromes sont plus fréquemment observés en cas d’antécédents familiaux, de puberté précoce ou de surpoids. Ils sont également plus courants chez les femmes n’ayant jamais mené de grossesse . 3) Types de fibromes utérins et symptômes associés On distingue trois principaux types de fibromes selon leur localisation : Le fibrome sous-séreux se développe à l’extérieur de l’utérus auquel il est rattaché par un pédicule constitué de vaisseaux sanguins et lymphatiques et de nerfs. On parle de fibrome sous-séreux pédiculé. Le fibrome intramural ou interstitiel se forme dans l’épaisseur du muscle utérin (le myomètre). C’est la forme de fibrome la plus fréquente. Le fibrome sous-muqueux se développe dans la cavité utérine. Plus rare, cette forme de fibrome peut entrainer des saignements abondants , des troubles de la fertilité et des complications lors de la grossesse. Il est fréquent qu'une patiente présente plusieurs fibromes de types différents et de tailles variables au sein d'un même utérus. Source : Charles Kilpatrick, MD, MEd, Baylor College of Medicine Dans la majorité des cas, les fibromes sont de petite taille et demeurent totalement asymptomatiques. Ils sont alors souvent découverts de manière fortuite lors d'un examen gynécologique de routine. Toutefois, environ 15 à 30 % des patientes présentent des symptômes qui peuvent altérer leur qualité de vie. L'intensité de ces manifestations dépend de trois critères : la localisation du fibrome, la taille du fibrome, le nombre de fibromes. Lorsqu’ils deviennent symptomatiques, les fibromes peuvent être responsables de manifestations variées, parmi lesquelles : troubles du cycle hémorragique : Les ménorragies : saignements abondants ou prolongés pendant les règles. Les métrorragies : saignements en dehors des règles. douleurs et inconfort pelvien : Sensations de pesanteur, de pression dans le bas-ventre ou crampes. Distension abdominale, avec impression de ballonnements de ventre gonflé. Dyspareunie : douleurs ressenties lors des rapports sexuels. signes de compression des organes voisins : Troubles urinaires, notamment une envie fréquente d’uriner (urgenturie) due à une pression sur la vessie. Troubles digestifs (constipation) ou augmentation du volume de l'abdomen. répercussions générales : Anémie et fatigue chronique : conséquence directe de la perte répétée de sang. Troubles de la fertilité ou complications lors d'un désir de grossesse. 4) Fibrome utérin : impacts sur la fertilité et la grossesse Tous les fibromes n’empêchent pas de concevoir. Tout dépend de leur taille et de leur position. Certains peuvent gêner l’implantation ou augmenter le risque de fausse couche (notamment les fibromes sous-muqueux.) Lors de la grossesse, ils peuvent gonfler à cause des hormones et devenir douloureux. Mais dans la majorité des cas, une grossesse est possible et se déroule généralement bien. 5) Quels examens pour détecter un fibrome utérin ? Les fibromes utérins sont généralement détectés par imagerie médicale par un médecin gynécologue ou une sage-femme. Échographie pelvienne (examen de référence) IRM pelvien (pour cartographier avec précision les fibromes si besoin) Hystéroscopie (en cas de suspicion de fibrome sous-muqueux) Fibromes utérins : techniques de diagnostic 6) Prise en charge des fibromes : Options de traitement et suivi médical. La stratégie thérapeutique est personnalisée en fonction des symptômes, du désir de grossesse et de l'âge de la patiente. Chez les patientes asymptomatiques, une surveillance clinique et échographique régulière sans mise en place de traitement est suffisante. Dans la majorité des cas, les fibromes tendent à diminuer de volume après la ménopause. Un traitement est envisagé lorsque les fibromes sont responsables de symptômes gênants ou invalidants. Plusieurs options thérapeutiques peuvent alors être proposées. Les traitements médicamenteux Les traitements hormonaux ont pour objectif principal de réduire les saignements utérins. Ils peuvent inclure : Les dispositifs intra-utérins (DIU) au lévonorgestrel : ce stérilet hormonal est très efficace pour réduire le flux des règles. Les traitements hormonaux oraux : ils visent à régulariser le cycle et à diminuer le volume des hémorragies. Les analogues de la GnRH ( Gonadotropin Releasing Hormone) : ces médicaments induisent une ménopause artificielle temporaire. En raison de leurs effets secondaires, ils sont principalement prescrits sur une courte durée, souvent pour réduire le volume d'un fibrome avant une intervention chirurgicale. Les alternatives non chirurgicales Pour certaines localisations, des techniques moins invasives existent, comme les ultrasons focalisés. Réalisée sans incision, cette méthode utilise l'énergie thermique pour détruire le tissu du fibrome tout en préservant l'utérus. Les solutions chirurgicales Lorsque les traitements médicaux échouent ou que le volume du fibrome est trop important, la chirurgie est proposée. Deux techniques principales existent : La myomectomie : Cette intervention consiste à retirer uniquement le ou les fibromes. C'est l'option privilégiée pour les femmes souhaitant préserver leur fertilité et leur utérus. L’hystérectomie : Il s'agit de l'ablation partielle ou totale de l'utérus. Cette solution est proposée en dernier recours, généralement chez les femmes n'ayant plus de désir de maternité et pour qui les autres traitements n'ont pas apporté de soulagement suffisant. Source : Groupe ELSAN 7) Ostéopathie et fibrome utérin : un accompagnement complémentaire efficace. L’ostéopathie ne fait pas disparaître les fibromes. E lle intervient pour soulager les conséquences mécaniques et circulatoires liées à la présence du fibrome. . Les objectifs de l'approche ostéopathique : L'ostéopathe travaille sur l'équilibre des structures entourant l'utérus afin de restaurer une meilleure physiologie locale : Libération des tensions pelviennes et lombaires Amélioration du retour veineux et lymphatique du petit bassin Travail sur la mobilité du sacrum, iliaque, diaphragme thoracique, ligaments de l’utérus. Quels bénéfices pour la patiente ? Réduction de la sensation de pesanteur pelvienne Atténuation de la douleur menstruelle Diminution à court terme de l’inflammation locale Amélioration des douleurs mécaniques locales. Les techniques utilisées sont centrées sur de la mobilisation douce articulaire, du fascia, et des techniques d’énergie musculaires. Une prise en charge pluridisciplinaire. L’ostéopathie s’inscrit dans un parcours de soin coordonné. Elle vient en complément du suivi assuré par les gynécologues, sages-femmes et autres professionnels de santé impliqués dans le suivi gynécologique. L’ostéopathie agit en complément des traitements médicaux, non pas pour supprimer le fibrome, mais pour soulager les symptômes associés. Elle est particulièrement recommandée pour atténuer les douleurs, les lourdeurs pelviennes et améliorer le bien-être au quotidien grâce à une meilleure circulation dans la zone concernée. 8) Sources de l'article Santé Publique France : Publication parue en mars 2022. Auteur : Peyronnet Alexia, Goria Sarah, Chesneau Julie, Le Moal Joëlle. Épidémiologie du fibrome utérin pris en charge médicalement en France de 2013 à 2017 Société canadienne du cancer : Article révisé en mars 2025. Fibromes utérins Le Manuel MSD : Article publié en février 2025. Auteurs : Charles Kilpatrick, MD, MEd, Baylor College of Medicine Fibromes utérins Hôpital Américain de Paris Prise en charge et traitement des fibromes utérins Haute Autorité de Santé : Fiche « Recommander les bonnes pratiques » publiée en novembre 2022. Traitements non médicamenteux des fibromes utérins National Library of Medicine - Fertility and Sterility : Article paru en juillet 2024. Auteurs Marie-Madeleine Dolmans, Felice Petraglia, William H Catherino, Jacques Donnez. Pathogenesis of uterine fibroids: current understanding and future directions. (Pathogenèse des fibromes utérins: compréhension actuelle et orientations futures). National Library of Medicine - Fertility and Sterility : Article publié en juin 2011 (Volume 95 No 7). Auteurs Malcolm G. Munro, M.D∙Hilary O.D. Critchley, M.D∙ Ian S. Fraser, M.D The FIGO classification of causes of abnormal uterine bleeding in the reproductive years. (La classification FIGO des causes de saignements utérins anormaux dans les années de reproduction.)
- Ostéopathie et névrome de Morton
Source : Clinique orthopédique Arago Paris 14ième 1) Névrome de Morton : définition, fréquence et population à risque. Le névrome de Morton, également appelé métatarsalgie de Morton, est un syndrome canalaire localisé dans l’avant-pied. Il est lié à la compression d’un nerf interdigital et s'inscrit dans la catégorie des pathologies inflammatoires courantes. Le syndrome de Morton doit son nom au médecin Thomas G. Morton qui en a réalisé la première description en 1876. Cette pathologie affecte majoritairement les femmes, qui représentent environ 80 % des cas . L'âge moyen d'apparition des symptômes se situe autour de la cinquantaine. 2) Causes et facteurs de risque du syndrome de Morton. Auteur « Berichard » : Travail personnel d'après Gray's Anatomy L’origine exacte du syndrome de Morton demeure incertaine. Il est toutefois établi qu’il résulte de la compression d’un nerf interdigital (ou nerf inter-métatarsien), le plus souvent situé entre le troisième (M3) et le quatrième métatarsien (M4). Cette compression peut être favorisée par certaines prédispositions anatomiques ou génétiques, notamment : des déformations des orteils, telles que les orteils en griffe ou en marteau ; un hallux valgus ou d’autres anomalies morphologiques, comme le pied plat. D’autres facteurs de risque sont liés au mode de vie ou à l’environnement : le port régulier d’escarpins ou de chaussures à talons hauts ; l’utilisation de chaussures trop étroites ou mal adaptées ; la pratique d’activités sportives sollicitant intensément l’avant-pied (course à pied, danse, ski, escalade, etc.). Un facteur supplémentaire fait également l’objet d’études : le surpoids, qui pourrait accentuer les contraintes mécaniques exercées sur l’avant-pied. 3) Névrome de Morton : Comment la compression nerveuse abouti à la douleur ? Source : Hôpital Américain de Paris Dans les trois-quarts des cas, cette inflammation se produit au niveau de l’espace inter métatarsien, entre le 3e et le 4e orteil. Cette inflammation provoque un épaississement du ligament métacarpien transverse profond et créé une fibrose responsable des symptômes. C’est un conflit mécanique qui se produit en quatre étapes : Compression répétée du nerf interdigital plantaire. Cette compression chronique entraine une dégénérescence périneurale, le nerf se transforme en névrome (épaississement fibreux). L’accroissement du volume du nerf fait augmenter la pression => cercle vicieux. Le nerf comprimé transmet des décharges neuropathiques et crée la douleur irradiante au niveau de la zone concernée. 4) Syndrome de Morton : quels signes doivent alerter ? Le syndrome de Morton peut être bilatéral dans 20 % des cas. Les manifestations douloureuses (métatarsalgies) L'affection se traduit par une douleur plantaire (sous le pied), située à l'avant-pied (métatarsalgie), souvent décrite comme : Intense et nerveuse : Elle prend typiquement la forme de sensations de décharge électrique, de brûlure ou d'un engourdissement (hypoesthésie) localisé à l'avant-pied et dans les orteils adjacents. Facteurs modulateurs La douleur présente des caractéristiques fortement influencée par l'activité et le chaussage : A. Facteurs déclenchants et aggravants La douleur est exacerbée, voire provoquée, par : La mise en charge prolongée (rester debout longuement). La marche ou la course à pied. Le port de chaussures étroites et/ou de chaussures à talons, qui augmentent la compression nerveuse. B. Facteurs de soulagement Le soulagement est obtenu en : Retirant les chaussures (effet immédiat de décompression). Effectuant un massage de l'avant-pied. Évolution Initialement, la douleur est intermittente (elle apparaît et disparaît). Toutefois, sans traitement, elle peut progresser et devenir : Nocturne (survenant la nuit). Précoce (apparaissant dès la simple mise en charge du pied). 5) Diagnostic du névrome de Morton : Examen clinique et imagerie. Le diagnostic est essentiellement clinique mais se confirmera par des examens complémentaires d’imagerie. L’examen clinique met en évidence une douleur reproduite à la pression de la tête métatarsienne (appelé le signe du haricot ou signe du Mulder.). Signe de Mulder Ensuite la radio du pied peut aider à identifier les facteurs prédisposants (hallux valgus, pied plat) et éliminer d’autres pathologies du pied. L’échographie permettra de visualiser l’épaississement du nerf plantaire. 6) Traitement du névrome de Morton : Solutions conservatrices et chirurgicales. Le traitement de première intention est un traitement conservateur. Dans un premier temps, il sera conseillé de changer de chaussures vers des chaussures plus larges, d’éviter les talons, les semelles rigides et d’utiliser plutôt des chaussures amortissantes et stables. Une orthèse plantaire peut être proposée pour décharger l’espace inter-métatarsien. Cette orthèse se fait sur mesure avec un podologue et peut être très efficace dans les stades débutants et intermédiaires Il est également conseillé de réduire la course, la marche prolongée et autres activités prolongées reproduisant la douleur. Une reprise progressive est possible après une période déterminée cliniquement (prise en charge pluridisciplinaire). La thérapie manuelle, qu’elle soit pratiquée en kinésithérapie ou en ostéopathie contribue également à soulager les symptômes et favoriser la guérison. Des infiltrations de corticoïdes peuvent être proposées par le médecin en cas de douleur très vive persistante. La chirurgie du névrome n’est envisagée qu’en dernier recours, six mois à un an après le début du traitement en cas d’échec. Deux techniques possibles : Neurectomie : ablation du névrome Décompression par section du ligament transverse profond 7) Ostéopathie et névrome de Morton : Prise en charge complémentaire bénéfique. L’ostéopathie peut constituer un complément approprié dans la prise en charge du syndrome de Morton en agissant sur les facteurs mécaniques susceptibles d’entretenir la compression du nerf digital plantaire. Les techniques articulaires et tissulaires permettent d’améliorer la mobilité du pied, du médio-pied, de la cheville, favorisant ainsi une répartition plus homogène des charges sur l’avant-pied. Le travail sur les structures myofasciales et sur les articulations métatarsiennes peut contribuer à réduire les tensions locales et optimiser le fonctionnement des tissus environnants. L’évaluation et la correction des déséquilibres biomécaniques du membre inférieur – tels que les restrictions au niveau du genou, de la hanche ou du bassin - participent à limiter les contraintes répétées sur l’avant-pied. Intégrée à une prise en charge pluridisciplinaire incluant l’adaptation du chaussage, les orthèses plantaires et le suivi médical, l’ostéopathie s’inscrit comme une approche complémentaire visant à améliorer le confort du patient et la fonctionnalité du pied. 8) Sources de l'article Ouvrage The biomechanics of the foot and ankle de Robert A. Donatelli aux éditions FA Davis : Partie: Mécanique de l’avant-pied. Articles Groupe ELSAN Névrome ou syndrome de Morton Clinical Radiology Journal : Article publié en mars 2021 - Volume 76, Numéro 3, p235.E15-235.E23. Auteurs : M.S. Mak, R. Chowdhury, R. Johnson Morton’s neuroma: review of anatomy, pathomechanism, and imaging. (Névrome de Morton : revue de l'anatomie, du pathomécanisme et de l'imagerie). National Library of Medicine - American Journal of Roentgenology (AJR) : Article publié en septembre 2000. Volume 175, No3. Auteurs : Jenny Bencardino, Zehava S. Rosenberg, Javier Beltran, Xiang Liu, and Emmanuelle Marty-Delfaut Morton's Neuroma: Is It Always Symptomatic? ( Névrome de Morton : est-il toujours symptomatique ?) Journal of the American Medical Association (JAMA) : Article publié en décembre 2023. Auteur : Minton Truitt Cooper, MD Affections douloureuses courantes du pied et de la cheville. Une critique. ScienceDirect - Le Journal de chirurgie du pied et de la cheville : Article publié en aout 2015. Volume 54, numéro 4, pages 549-553. Auteurs : Devendra Mahadevan FRCS, MRCS Muralidharan Venkatesan, Raj Bhatt FRCR, Maneesh Bhatia FRCS. Précision diagnostique des tests cliniques pour le névrome de Morton comparée à l’échographie . ScienceDirect - Le Journal de chirurgie du pied et de la cheville : Article publié en octobre 2020. Volume 26, No 7, pages 736-743. Auteurs Lauren Thomson, Randeep S. Aujla, Pip Divall, Maneesh Bhatia . Traitements non chirurgicaux du névrome de Morton : une revue systématique.
- Ostéopathie et maladie osseuse de Paget
Source : Ehpad Notre Dame des Anges Lille 1) Maladie de Paget : Définition et chiffres clés La maladie de Paget, également connue sous le nom d'ostéite déformante, est une maladie osseuse chronique qui affecte principalement les personnes âgées de plus de 50 ans. La prévalence est environ de 3 % de la population après 55 ans, les hommes étant plus touchés que les femmes. Cette maladie a été décrite en 1877 par le chirurgien britannique James Paget. Sa fréquence est en diminution depuis quelques décennies. 2) Comprendre la maladie de Paget : Mécanisme, os touchés et symptômes C'est une affection fréquente, mais souvent discrète, qui n'affecte que quelques os (à la différence de l’ostéoporose.) La maladie de Paget se caractérise par une activité anormale et désorganisée des cellules responsables de la formation et de la résorption osseuse. Les os les plus fréquemment touchés sont le bassin, le fémur, le tibia, la colonne vertébrale et le crâne mais n'importe quel os peut être atteint. La maladie de Paget de l'os est généralement asymptomatique. Lorsque les symptômes apparaissent, ils s'installent de manière insidieuse, consistant en : Douleurs osseuses chroniques Déformation plus ou moins marquée Raideur Augmentation du risque de fracture Augmentation du risque d’arthrose secondaire 3) Origines possibles de la maladie de Paget La cause exacte (étiologie) est inconnue mais plusieurs facteurs sont impliqués : Facteur génétique : mutation du gène SQSTM1 dans 10 % des cas Facteur environnemental : antécédent d’infections virales Age et origine ethnique : pathologie plus commune en Europe du Nord, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle-Zélande 4) Maladie de Paget : diagnostic, traitements et suivi médical Le diagnostic repose sur l’imagerie. La radiographie mettra en évidence des os épaissis, déformés, avec une structure hétérogène. La scintigraphie osseuse permet de localiser les zones touchées. Un bilan biologique permet de déceler un taux de phosphatases alcalines augmentées. Ce dosage biologique des phosphatases alcalines sera ensuite réalisé tous les 3 à 6 mois puis une fois par an pour tous les patients. Il n'existe pas de remède et l’on ne traite pas la maladie si elle est asymptomatique. L’objectif du traitement est de diminuer l’activité anormale du remodelage osseux, soulager les douleurs et prévenir ou ralentir les déformations osseuses, les fractures et les complications possibles. Le traitement dépendra du siège, de la symptomatologie et de l’activité biologique. Les biphosphates sont les médicaments de référence. Des antalgiques, AINS et vitamines (vitamine D entre autres) seront prescrites en fonction du besoin. Un suivi de kinésithérapie et d’ostéopathie peut également être indiqué pour entretenir la mobilité articulaire et le confort au quotidien du patient. Des orthèses peuvent être proposées en cas de déformations importantes. 5) L'ostéopathie dans la prise en charge fonctionnelle de la maladie de Paget L’ostéopathe peut intervenir en complément du traitement médical, en coordination avec le médecin généraliste, le rhumatologue et parfois le kinésithérapeute. La maladie de Paget est une contrindication aux manipulations à haute vélocité (type thrust). Il faut donc adapter la prise en charge et privilégier les techniques fonctionnelles non invasives. Objectifs de traitement fonctionnel principaux : Soulager les douleurs musculo-squelettiques secondaires Améliorer la mobilité des articulations voisines d’un os déformé Optimiser la posture et la répartition des contraintes Prévenir les compensations douloureuses (lombalgies, cervicalgies, douleurs de hanche ou de genou) Améliorer la qualité de vie (sommeil, respiration, fatigue) 6) Maladie de Paget : l’importance d’un suivi médical et ostéopathique coordonné et régulier La maladie osseuse de Paget est une affection chronique du remodelage osseux nécessitant une prise en charge rigoureuse. Le traitement repose principalement sur les biphosphates associés à un suivi biologique et fonctionnel régulier. L’ostéopathe, en collaboration avec l’équipe médicale, intervient de manière douce et adaptée pour améliorer le confort, la mobilité et l’équilibre postural du patient, tout en respectant les fragilités osseuses propres à la pathologie. 1) Sources de l'article Archive ouverte de l’université de Lorraine (HAL-UL) : Thèse de doctorat en pharmacie soutenue par Franck Zwolinski en 2020. Ostéoporose et maladie de Paget : dysfonctionnements du métabolisme phospho-calcique liés à l'âge Groupe ELSAN Maladie de Paget Manuel MSD : Article publié en juillet 2025. Auteur : Julia F. Charles, MD, PhD, Brigham and Women's Hospital. Maladie osseuse de Paget Le manuel MERK : article publié en juillet 2025 Maladie osseuse de Paget National Library of Medicine – Journal de l’Association Médicale Canadienne (JAMC) : Article publié en aout 2023 (Volume 195 No 33.). Auteurs : Reza Pishdad, Kendall F. Moseley. Maladie osseuse de Paget ScienceDirect - Revue du Rhumatisme : Article publié en novembre 2015 (vol 82, supplément 1). Auteurs : Laëtitia Michou, Philippe Orcel. La maladie osseuse de Paget : une maladie en voie de disparition ? National Library of Medicine – American Journal of Human Genetics (AJHG) : Article publié en juin 2002( Volume 70 No 6) . Auteurs : Nancy Laurin, Jacques P Brown, Jean Morissette, Vincent Raymond. Recurrent Mutation of the Gene Encoding sequestosome 1 (SQSTM1/p62) in Paget Disease of Bone.
- Ostéopathie et syndrome de l'essuie-glace
Source : Opentri.fr 1) Qu'est-ce que le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (essuie-glace) ? Chiffres clés. Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, souvent appelé syndrome de l’essuie-glace, est une douleur fréquente située sur le côté externe du genou. Elle est fréquente chez les coureurs et les cyclistes. Elle est due à une inflammation d’un tendon appelé tractus ilio-tibial, une sorte de bande fibreuse qui relie la hanche au tibia. Les données épidémiologiques indiquent que ce syndrome représenterait 5 à 14 % des blessures liées à la course à pied. Par ailleurs, une étude menée en France indique que près de 10 % des coureurs en seraient atteints. 2) Anatomie de la bandelette ilio-tibiale : muscles associés et fonctions stabilisatrices. La bandelette ilio-tibiale correspond à un épaississement du fascia lata. Elle s’étend depuis la crête iliaque, au niveau du bassin, jusqu’à la tubérosité latérale du tibia également connue sous le nom de Tubercule de Gerdy . Cette structure fibreuse constitue un point de convergence pour deux muscles importants de la hanche : En avant, le Muscle Tenseur du Fascia Lata (TFL). En arrière, le Muscle Grand Fessier. Son rôle principal est d’assurer la stabilité de la hanche et du genou dans les plans sagittal et frontal. Elle assure la transmission des forces entre le bassin et le tibia et contribue au maintien de l’alignement du membre inférieur pendant la marche et la course. Elle participe aussi : - à l’écartement de la cuisse vers l’extérieur (abduction de la hanche par l’action du TFL), - à la flexion du genou, - et à sa rotation vers l’intérieur. 3) Syndrome de l'essuie-glace : mécanisme d'apparition, symptômes et facteurs de risque. Lors de la course à pied, lorsque le genou atteint environ 30° de flexion, la bandelette ilio-tibiale se déplace d’avant en arrière sur le condyle fémoral latéral, à la manière d’un essuie-glace. Ce mouvement répété de frottement au cours des phases de flexion et d’extension entraîne la formation de microlésions au niveau des fibres de collagène, provoquant ainsi une réaction inflammatoire locale. Plusieurs éléments peuvent favoriser l'apparition du syndrome de l'essuie-glace : Surcharge d'entraînement : une augmentation trop rapide de la fréquence ou de l'intensité (charge) des séances. Déficits musculaires : une faiblesse au niveau des muscles de la hanche ou du genou (instabilité). Matériel inadapté : l'utilisation de chaussures de course inadaptées ou de semelles orthopédiques mal ajustées. Type de terrain : la pratique de la course à pied sur des terrains irréguliers, en pente ou de mauvaise qualité. Les principaux symptômes du syndrome de l'essuie-glace incluent : une douleur de type brûlure, localisée sur le côté externe du genou, une sensibilité au toucher, surtout au niveau du petit relief osseux appelé tubercule de Gerdy, une douleur déclenchée ou aggravée par la course, la marche, voire la montée ou la descente d’escaliers, en l’absence de prise en charge adaptée, une évolution possible vers une gêne persistante, même au repos. 4) Diagnostic et prise en charge du syndrome de l’essuie-glace : repos, kinésithérapie et semelles Établissement du diagnostic Le diagnostic de ce syndrome repose sur un examen clinique réalisable par un un médecin généraliste, un kinésithérapeute ou un ostéopathe. Cet examen comporte deux éléments clés : Palpation du genou mettant en évidence une douleur sur le tubercule de Gerdy, sur la partie externe du condyle fémoral et 2 à 3 cm au-dessus de l’interligne articulaire. Deux tests orthopédiques spécifiques : Test de Renne : Le patient se tient sur une jambe et effectue une trentaine de mouvements de flexion-extension. Le test est jugé positif si en fin de mouvement une douleur apparaît sur la zone externe du genou (au niveau du tubercule du condyle externe). Source : Institut de Thérapie Manuelle et de Physiothérapie (ITMP) Test de Noble. Le patient est allongé sur le côté, genou fléchi à 90 degré. Le praticien exerce une pression digitale sur le sommet du condyle externe à 2 à 3 cm au-dessus de l’interligne articulaire pendant qu’il réalise une extension passive du genou. Le test est positif lorsqu’une douleur vive apparait à 30 degré d'extension. Source : Piriforme Le reste de l’examen clinique est généralement normal et ces deux tests suffisent au diagnostic. Des examens complémentaires peuvent être prescrits uniquement en cas de doute afin d’écarter d’autres pathologies ou de confirmer l’inflammation : radiographie (pour exclure une arthrose ou une fracture) ou échographie (afin de détecter un éventuel épanchement articulaire). Principes de la prise en charge Le traitement commence par l’éducation thérapeutique du patient. Cela consiste en l’explication du diagnostic ainsi que les mesures à mettre en place pour la guérison. Selon l’intensité du syndrome, un repos sportif temporaire peut être recommandé. L’objectif principal de la prise en charge est de permettre la poursuite de l’activité physique, mais à un rythme moins soutenu , afin de réduire le stress mécanique. Le protocole thérapeutique repose sur une approche pluridisciplinaire : rééducation par l'exercice : elle comprend des exercices de renforcement musculaire réalisables à domicile, en salle de sport ou avec un kinésithérapeute, suivi ostéopathique : pour améliorer l’équilibre postural et la mobilité articulaire, prescription de semelles orthopédiques : Ce complément thérapeutique est envisagé en fonction du bilan clinique initial. À domicile, il est conseillé d’effectuer régulièrement des étirements et d’appliquer du froid durant la phase inflammatoire. Si ces traitements restent sans effet, une infiltration de corticoïdes peut être envisagée. 5) L'ostéopathe face au syndrome de l’essuie-glace : approche globale et prévention des récidives L’ostéopathie offre une approche globale et complémentaire dans la prise en charge du syndrome de l’essuie-glace en agissant sur les causes mécaniques et fonctionnelles qui entretiennent la douleur. L’ostéopathe recherche les déséquilibres biomécaniques pouvant modifier la tension de la bandelette ilio-tibiale : troubles de la mobilité du bassin, désaxation fémoro-tibiale, dysfonction du pied et de la cheville. Ces trois facteurs peuvent impacter la chaîne postéro-latérale du membre inférieur. Le traitement ostéopathique vise à réharmoniser les tensions myofasciales du TFL, du grand fessier et des autres muscles stabilisateurs de hanche tout en améliorant la mobilité articulaire de la hanche, du genou et de la cheville. Par un travail doux sur les tissus conjonctifs, les articulations et la posture globale, l’ostéopathie favorise la diminution de l’inflammation, la relaxation musculaire et une meilleure répartition des contraintes lors de la course ou de la marche. Enfin, elle joue un rôle important dans la prévention des récidives, en accompagnant le sportif dans la correction de ses appuis, de sa gestuelle et de son schéma corporel. 6) Sources de l'article ScienceDirect - Journal de Traumatologie du Sport : Auteurs L. Derville, B. Lemarchand, J.M Franco, P. Gaillard, P. Le Nabat. Volume 41, No 1, mars 2024, Pages 58-72. Épidémiologie du syndrome de la bandelette ilio-tibiale chez le traileur à La Réunion : prévalence, caractéristiques, facteurs de risque et prise en charge HAL open science - Université Aix-Marseille – Formation en Masso-Kinésithérapie : Mémoire de fin d’étude de Maëva Goncalves Filipe (octobre 2023). Facteurs de risques du syndrome de l’essuie-glace chez les coureurs de fond National Library of Medicine - Revue « The physician and sports medicine » : Auteurs : Jandre V Marais, Audrey Jansen van Rensburg, Martin P Schwellnus, Esme Jordaan, Pieter Boer. Volume 52, avril 2024 - Numéro 6 Risk factors associated with a history of iliotibial band syndrome (hITBS) in distance runners: a cross-sectional study in 76 654 race entrants – a SAFER XXXIII study. National Library of Medicine - Journal of Orthopaedic Surgery and Research : Auteurs : Janine McKay, Nicola Maffulli, Rocco Aicale and Jack Taunton. Parution en mai 2020 Iliotibial band syndrome rehabilitation in female runners: a pilot randomized study
- Ostéopathie et entorse de genou
1) Entorse de genou : définition, fréquence et population à risque Une entorse du genou est une lésion d’un ou plusieurs ligaments qui maintiennent l’articulation du genou en place. C’est une affection courante. En France, on estime qu’environ 200 000 traumatismes du genou nécessitent une prise en charge médicale chaque année. Parmi eux, une part significative correspond aux entorses du genou, particulièrement chez les sportifs. Ces entorses affectent préférentiellement les adolescents et adultes jeunes lors de la pratique de certains sports comme le ski, les sports collectifs (football, rugby, basketball, handball…) et les sports de combat tels que le judo. Néanmoins, on constate qu’elles surviennent de plus en plus chez les 40-60 ans. 2) Ligaments du genou (LCA, LCP, LCL, LCM) : rôle, anatomie et importance dans la stabilité articulaire Source : Giphar Les ligaments sont des structures essentielles dans la stabilité du genou. Ils sont constitués de tissu conjonctif fibreux solide et permettent le maintien des os entre eux. On trouve quatre ligaments : Le ligament croisé antérieur (LCA) relie le plateau tibial à la face axiale du condyle latéral fémoral Le ligament croisé postérieur (LCP) relie le plateau tibial à la face axiale du condyle médial fémoral Le ligament collatéral latéral (LCL ou LLE) relie le condyle latéral fémoral à la fibula (ou péroné en ancienne nomenclature) Le ligament collatéral médial (LCM ou LLI) relie le condyle médial fémoral à l’extrémité supérieure de la diaphyse du tibia. Les ligaments collatéraux assurent la stabilité dans le plan frontal, tandis que les croisés, aussi appelés pivots centraux, assurent la stabilité dans le plan sagittal. À cela nous pouvons rajouter le ligament poplité, qui est en réalité une extension fibreuse du tendon du muscle ischio-jambier (semi-membraneux) NB : les ménisques ne sont pas des ligaments, ce sont deux petits cartilages en forme de croissant tandis que les ligaments sont des bandes de fibres tendineuses. Les deux ont pour rôle de stabiliser l’articulation. 3) Reconnaître une entorse de genou : symptômes et degrés de gravité Source : Clinique Drouot La lésion du ligament croisé antérieur (LCA) représente à elle seule 40 % des lésions traumatiques de genou. L’entorse de genou se produit par traumatisme, direct ou indirect, impliquant une torsion ou une hyperextension du genou. Il y a différents stades de gravité pour une entorse et ses lésions ligamentaires . Quatre mécanismes d’entorse sont décrits au niveau du genou. Le plus fréquent associe valgus-flexion-rotation externe. Il affecte le ligament latéral interne (LLI), le ménisque interne et le l igament croisé antérieur ( LCA). Le mouvement inverse (varus, flexion et rotation interne) touche le ligament latéral externe (LLE) et le l igament croisé antérieur ( LCA). Une hyperextension peut déchirer le LCA. Quant au ligament croisé postérieur (LCP), il est lésé lorsque le tibia recule sous le fémur suite à un choc direct antérieur. Ces mouvements peuvent aussi se combiner et aggraver le tableau lésionnel, surtout lors d’un traumatisme à haute énergie. Le stade le plus grave des entorses est la luxation du genou qui déchire l’ensemble capsulo-ligamentaire, désolidarisant la jambe de la cuisse, et peut menacer la survie de la jambe à cause d'une lésion vasculo-nerveuse. La gravité de l’entorse est classée en trois stades : Stade 1 : entorse bénigne ou légère Stade 2 : entorse modérée Stade 3 : entorse grave, souvent accompagnée d’un arrachement osseux, voire une luxation. Selon la gravité de l’entorse les symptômes suivants seront présents : Douleur plus ou moins vive Sensation d’instabilité du genou Épanchement, gonflement du genou Craquement du genou lors de l'accident (surtout en stade 3) Boiterie ou impotence fonctionnelle. 4) Prise en charge médicale d’une entorse de genou : du diagnostic à la rééducation Le diagnostic précis d’une entorse de genou commence par une évaluation physique approfondie (tests cliniques) menée par un médecin (généraliste ou du sport) . En l'absence de médecin disponible immédiatement, un kinésithérapeute ou un ostéopathe peut effectuer cette première évaluation. Cette étape est suivie d'une série d'examens d'imagerie : La radio permet d’exclure une potentielle fracture L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) permet une visualisation détaillée des ligaments et autres structures articulaires. Le traitement est déterminé en fonction du type et de la gravité de l'entorse . Quelle que soit l'atteinte, la prise en charge initiale comprend une immobilisation relative du genou, avec ou sans attelle de maintien. L'application de glace (glaçage) est utilisée pour réduire l'œdème et l'inflammation. Pour les entorses les plus sévères (stade 3) , une opération sous arthroscopie peut être proposée. Après l'entorse, la phase de rééducation auprès d'un kinésithérapeute est essentielle pour garantir une récupération fonctionnelle complète de l'articulation. Selon la sévérité de la lésion , la guérison totale peut prendre entre 4 et 24 semaines. 5) Ostéopathie et entorse de genou : accélérer la récupération et éviter les récidives L’entorse du genou, qu’elle soit bénigne ou grave, entraîne une perte de mobilité articulaire et des compensations mécaniques. Même après la phase de guérison, certaines tensions peuvent persister et gêner la récupération complète. L’ostéopathie agit en synergie avec la rééducation pour aider le corps à retrouver son équilibre naturel : Restaurer la mobilité articulaire du genou, mais aussi de la hanche, de la cheville et du bassin Travailler les tissus périarticulaires : adhérences cicatricielles, tensions ligamentaires (par des techniques douces) Optimiser la récupération fonctionnelle : améliorer la stabilité du genou, réduire les douleurs résiduelles (afin de prévenir les récidives). 6) Sources de l'article Le manuel MSD : Article de Danielle Campagne, MD, University of California, San Francisco (juillet 2023) Entorses du genou et traumatismes apparentés Revue Médicale Suisse : Article publié en décembre 2001. Auteur Olivier Siegrist La prise en charge des entorses du genou Institut Audomarois de Chirurgie Orthopédique et du Sport (IACOS) Entorse de genou Groupe ELSAN Entorse du genou Encyclopédie Médicale Libre : Article mis à jour en mars 2020 Lésion ligamentaire du genou HAL open science - UFR de sante de Rouen Normandie : Thèse de doctorat en médecine de Quentin Leduc soutenue en septembre 2024 Traumatisme du genou : état des lieux de la prise en charge par les médecins généralistes de la région Haute-Normandie Site web du Dr Richard FERRER - Protocoles d'urgences Conduite à tenir devant une entorse du genou











