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Accompagnement ostéopathique après une césarienne.

  • il y a 12 heures
  • 7 min de lecture
Accouchement par césarienne
Source : Ramsay Santé

1) Accouchement par césarienne : introduction et questions fréquentes.

 

La césarienne fait aujourd’hui partie intégrante de la pratique obstétricale. Si elle permet de sauver des vies lorsqu’elle est médicalement indiquée, elle soulève aussi de nombreuses questions pour les femmes qui la vivent : conséquence sur le corps, récupération, douleurs persistantes, impact sur les grossesses futures.

 

2) La césarienne : cadre thérapeutique, contextes d'intervention et modalités d’anesthésie.

 

La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le nouveau-né par une incision de la paroi abdominale et de l’utérus. Elle est pratiquée lorsque l'accouchement par voie naturelle présente un danger pour la mère ou le bébé.

L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie), ce qui permet à la mère de rester consciente lors de la naissance.

Dans certaines situations d’urgence, une anesthésie générale peut toutefois s’avérer nécessaire.

On distingue deux types d'interventions :

La césarienne programmée : planifiée avant le début du travail pour des raisons médicales connues à l’avance.

La césarienne d'urgence : décidée pendant le travail suite à une complication imprévue.

 

3) Césarienne : chiffres clés en France et dans le monde.

 

À l'échelle mondiale, environ 20 % des naissances se font par césarienne, avec des variations importantes selon les pays :

  • Moins de 5 % dans certains pays disposant de faibles ressources.

  • Entre 40 % et 50 % dans certains pays industrialisés.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un taux situé entre 10 % et 15 % suffit à répondre aux indications médicales justifiées, tout en évitant de soumettre inutilement les femmes aux risques inhérents à une intervention chirurgicale.

La France se positionne légèrement au-dessus de cette recommandation internationale, avec une proportion de naissances par césarienne entre 20 % et 21 % soit 1 naissance sur 5. Ce taux est stable depuis plusieurs années.

 

4) Pourquoi recourir à une césarienne ? Les principales indications médicales.

 

Les indications de la césarienne peuvent être d’origine maternelle, fœtale ou obstétricale.

Les indications maternelles

Certaines conditions de santé chez la mère peuvent rendre l'accouchement naturel périlleux.

  • Pathologies vasculaires : Notamment la prééclampsie (hypertension artérielle sévère).

  • Pathologies cardiaques : Certaines affections du cœur qui ne supporteraient pas l'effort de la poussée.

  • Obstacles anatomiques : Anomalies de la structure du bassin ou antécédents de chirurgie pelvienne complexe.

Les indications fœtales

Le bien-être de l'enfant est un facteur décisif :

  • Souffrance fœtale aiguë : rythme cardiaque anormal, enroulement du cordon autour du cou, etc.

  • Présentation atypique l’enfant : par le siège (pieds ou fesses en premier).

  • Pathologies spécifiques de l'enfant : Présence de certaines malformations nécessitant une extraction sécurisée.

Les indications obstétricales

Ces motifs surviennent généralement durant le travail :

  • Absence de progression de la dilatation du col.

  • Inefficacité ou irrégularité des contractions.

  • Disproportion fœto-pelvienne (macrosomie) : Inadéquation entre la taille de l'enfant et les dimensions du bassin maternel empêchant le passage.

  

5) Comment se déroule une césarienne ? Risques opératoires et complications possibles pour la mère et l'enfant.


 

Les 7 couches entre bebe et l'extérieur
Source : kinedelafemme sur instagram

Une fois l'anesthésie installée, le praticien procède à l'incision. Pour atteindre l'enfant, il doit traverser sept couches anatomiques successives : La peau, la graisse sous-cutanée, l'aponévrose (membrane couvrant les muscles), les muscles droits de l’abdomen qui sont écartés latéralement sans être sectionnés, le péritoine (membrane tapissant la cavité abdominale), le myomètre (paroi musculaire de l'utérus) et la poche amniotique.


Après avoir ouvert l'utérus et la poche amniotique, il extrait le nouveau-né (par la tête ou le siège). Le cordon ombilical est clampé et coupé, puis le placenta est retiré.

L'intervention se termine par une suture méticuleuse, plan par plan, de chaque couche sectionnée.

 

La vidéo ci-dessus est une animation en 3D, permettant de visualiser le déroulé habituel de ce geste chirurgical. La source originale en anglais provient de la chaine YouTube @RMH Animations. La présente adaptation en français provient de la chaine YouTube @WshKdog.

La césarienne permet une naissance rapide et contrôlée, réduisant certains risques pour la mère et l’enfant. Cependant elle demeure un acte invasif comportant des risques et des complications potentielles que l'équipe médicale surveille étroitement.


Risques pour la mère

  • À court terme, les principaux risques sont : une infection de la cicatrice ou de l’utérus, des saignements plus importants (hémorragie) que lors d’un accouchement par voie basse, des douleurs postopératoires liées à la cicatrisation, ainsi que, plus rarement, des complications liées à l’anesthésie.

Des lésions d’organes voisins, tels que la vessie ou les intestins, peuvent également survenir, bien que ces complications restent exceptionnelles.

Le risque de formation de caillots sanguins (thrombose veineuse) constitue aussi un point de vigilance après l’intervention.

  • À long terme la présence d’une cicatrice sur la paroi de l’utérus peut fragiliser celui-ci lors des grossesses ultérieures, augmentant les risques de rupture utérine ou d'anomalies de positionnement du placenta.

 

Risques pour le nouveau-né

Les complications sont rares. Cependant, sans la compression des voies naturelles lors de la sortie, le bébé n'a pas pu expulser spontanément le liquide présent dans ses poumons durant sa vie intra-utérine. Cela peut entraîner une gêne respiratoire passagère, le temps que ses poumons "s'assèchent" et finissent d'absorber ce liquide pour laisser place à l'air.


Malgré ces risques, dans l’objectif de préserver la santé de la mère et de l’enfant, la césarienne est pratiquée lorsque ses bénéfices l’emportent largement  sur les dangers potentiels.


6) Prise en charge après une césarienne : hospitalisation, soins à domicile et rééducation.

 

La phase d’hospitalisation et de surveillance

Après une césarienne, une vigilance médicale accrue est instaurée afin de prévenir et détecter précocement d’éventuelles complications. Durant cette période, pour assurer le confort de la patiente, des antalgiques peuvent être administrés selon les besoins de la patiente. Parallèlement, un traitement anticoagulant est systématiquement prescrit pour écarter les risques de phlébite ou d’embolie pulmonaire liés à l'acte chirurgical.

En règle générale, le séjour hospitalier dure entre 4 et 7 jours, contre environ 3 jours dans le cas d’un accouchement par voie basse.

 

Le retour à domicile et les soins infirmiers

Une fois de retour chez elle, la patiente doit veiller à la bonne évolution de sa cicatrice. Des soins réguliers, incluant le nettoyage et la désinfection de la plaie, sont préconisés. Ces soins peuvent être réalisés par une infirmière à domicile pour garantir une hygiène irréprochable et un suivi professionnel.

 

La rééducation : un pilier de la récupération

Bien que la césarienne épargne le passage par les voies naturelles, la rééducation du périnée et des abdominaux demeure impérative. Après l’accouchement, le plancher pelvien et la sangle abdominale sont souvent affaiblis, voire endommagés.

Cette rééducation permet :

  • De prévenir l’apparition de troubles urinaires et de troubles du transit.

  • D’éviter les descentes d’organes (prolapsus).

  • De soulager ou prévenir les douleurs lombaires.

 

Cette prise en charge est assurée par une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute spécialisé et est normalement intégralement remboursée par l’Assurance Maladie.

 

Spécificités du calendrier de soins

Contrairement à un accouchement par voie basse, la rééducation post-césarienne débute plus tardivement afin de respecter le temps de cicatrisation complète de la plaie chirurgicale. Elle commence généralement 8 semaines après l'accouchement et s’étend sur une période de 6 à 12 semaines.

Au-delà de la simple tonification musculaire, ce suivi est essentiel pour évaluer la souplesse de la cicatrice, libérer d'éventuelles tensions résiduelles et préparer sereinement la reprise d'une activité physique.


7) Récupération après césarienne : l'ostéopathie un accompagnement essentiel après l’accouchement.


Le calendrier de la consultation

Après une césarienne, il est conseillé de consulter un ostéopathe à partir de la troisième ou quatrième semaine suivant l’accouchement lorsque la cicatrice est suffisamment consolidée pour permettre un travail manuel direct. Avant ce délai, la consultation est possible mais ses effets risquent d’être limités car l’ostéopathe ne pourra pas toucher la cicatrice.

 

Pourquoi consulter après l'acte chirurgical ?

L'accouchement par césarienne laisse des empreintes physiques multiples :

  • Altérations tissulaires : Cicatrices, tensions au niveau des muscles abdominaux et des fascias.

  • Contraintes mécaniques : Tensions pelviennes et déséquilibres posturaux hérités de la grossesse ou induits par les gestes répétés associés aux soins du nourrisson.

 

Les bénéfices de la prise en charge

Le soin repose sur des techniques manuelles douces et précises qui visent trois objectifs :

  • La mobilité tissulaire autour de la cicatrice : Assouplissement de la zone cicatricielle pour prévenir les adhérences.

  • Le soulagement structurel : Réduction des tensions lombaires et abdominales, et rééquilibrage du bassin et de la colonne vertébrale.

  • Le confort viscéral : Amélioration des fonctions digestives, circulatoires et respiratoires, souvent perturbées après une chirurgie et une grossesse.

 

En favorisant l'équilibre global du corps et en améliorant la perception corporelle, l’approche ostéopathique  aide la mère à retrouver plus rapidement mobilité, confort et bien-être dans son quotidien.

 

8) Sources de l'article

  • Haute Autorité de Santé (HAS) : brochure d’information éditée en 2013

  • Santé publique France – Odissé : Rapport de surveillance de la santé périnatale en France 2010-2019 – Edition de mai 2024.

  • Institut national d’études démographiques (INED) : article de Numéro 581 - septembre 2020 paru dans le numéro 581 (septembre 2020).

  • HAL openscience - ECOLE DE SAGES-FEMMES BAUDELOCQUE : Mémoire de Luca Sreng soutenu pour l’obtention du diplôme d’Etat de Sage-Femme (septembre 2014)

  • Revue Médicale Suisse : Article paru en octobre 2009. Auteur : Olivier Irion

  • National library of medicine - Journal of the American Osteopathic Association (JAOA) : article de Daniel Martingano paru en juillet 2016 (Vol 116 No. 7)

  • Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Patel V J, Napolitano P G, Hemman E A, et al.     

(Adaptation de la check-list de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une chirurgie sûre pour son utilisation lors des césariennes :  mise en œuvre et résultats avec la "Safe Cesarean Section Checklist).

  • Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Esha Parikh , Samira Kanetkar , Reena Sheth , Renee Alexis.

(Gestion réussie des complications dues à une césarienne chez un patient ayant un antécédents obstétricaux complexes : rapport de cas et revue des stratégies préventives).

  • European Journal of Osteopathic Research : Article publié en 2020. Auteur : Andrea Tauch MSc

(L’influence d’un traitement ostéopathique sur les femmes enceintes à la date prévue de l’accouchement sur le processus de la parturion et le bien-être subjectif : une étude pilote).

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