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Ostéopathie, tendinopathie et tendinite de la coiffe des rotateurs

  • Photo du rédacteur: DB RV
    DB RV
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture
Thérapeute pratiquant un étirement de la coiffe des rotateurs sur un patient
Thérapeute pratiquant sur un patient un étirement de la coiffe des rotateurs.

1) Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : définition, différences avec la tendinite et fréquence.

 

La tendinopathie de la coiffe des rotateurs désigne une lésion affectant un ou plusieurs tendons constituant la coiffe des rotateurs. Elle se caractérise par une dégradation progressive du tissu tendineux qui survient lorsque des contraintes mécaniques répétées excèdent les capacités de régénération et d’adaptation du tendon.


Distinction majeure : tendinopathie chronique vs tendinite aigüe


On distingue classiquement deux tableaux cliniques :

  • La tendinopathie qui s'inscrit dans un processus dégénératif chronique, sans phase inflammatoire aiguë prédominante. Cette pathologie est la première cause de douleurs chronique de l’épaule. Sa fréquence augmente nettement avec l’âge, notamment après 50 ans, mais elle est également fréquente chez certains sportifs.

  • La tendinite, à l'inverse, se définit par une réaction inflammatoire aiguë soudaine et ponctuelle, dont la durée n'excède généralement pas trois mois. Contrairement à la forme chronique, elle est relativement rare.

 

2) Tendinite et tendinopathie : origines, gestes à risque et facteurs aggravants.

 

Tendinite aigue : 

Elle apparait généralement brutalement, à la suite d’une sollicitation inhabituelle ou excessive du tendon. Les causes fréquentes incluent :

 

  • Un traumatisme direct (chute ou choc au niveau de l’épaule)

  • Un effort physique intense ou inhabituel (travaux de bricolage prolongé, port de charge lourde, reprise trop brusque d'une activité sportive)

  • Un mouvement du bras ou de l’épaule effectué avec une vitesse, une amplitude ou une puissance excessive (l’expression « faux mouvement », bien qu’usuelle, est un abus de langage à éviter)

  • Une fatigue musculaire importante.

  

Tendinopathie chronique :       

Elle s’installe de façon progressive et résulte le plus souvent de contraintes répétées ou prolongées exercées sur le tendon. Les causes fréquentes incluent :

 

  • Un vieillissement naturel des tendons (surtout après 50 ans)

  • Une surcharge mécanique chronique, notamment dans les professions manuelles avec port de charges (ex. : manutention)

  • Des gestes répétitifs dans le cadre professionnel (caissiers, coiffeurs, serveurs, etc.).

  • Une pratique sportive comportant des mouvements répétitifs (tennis, golf, volley-ball, lancer, etc.).

 

3) Anatomie de l'épaule : la coiffe des rotateurs.

 

Muscles de la coiffe des rotateurs
Source : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec).

La coiffe des rotateurs est un ensemble composé de quatre muscles et de leurs tendons respectifs qui relient l’omoplate (scapula) à l’humérus (os du bras). Elle comprend le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire.


Le supra-épineux est situé sur la face supérieure de l’omoplate. Il intervient dans l’initiation de l'élévation du bras et est souvent le plus sollicité.

 

L'infra-épineux (sous-épineux) et le petit rond se trouvent à l’arrière de l’omoplate. Ils jouent un rôle essentiel dans la rotation externe du bras.

 

Le subscapulaire, placé à l’avant de l’omoplate permet la rotation interne.


Mécanique et vulnérabilité

Les tendons de ces muscles se rejoignent partiellement pour former une coiffe tendineuse qui s’insère sur la tête de l’humérus.

Cette configuration remplit une double mission :

Stabiliser l’articulation en maintenant la tête de l’humérus dans la cavité glénoïde.

Autoriser une mobilité multidirectionnelle par une grande amplitude de mouvement du bras (élévation et rotations).

Cette configuration anatomique confère à l’épaule une grande mobilité, mais expose aussi les tendons de la coiffe à des contraintes mécaniques importantes, source de vulnérabilité.

 

4) Symptômes de la tendinite et de la tendinopathie de la coiffe des rotateurs


Distinguer l'aigu du chronique

Le tableau clinique varie selon que l'atteinte est brutale (tendinite) ou d'installation progressive (tendinopathie).

 

La tendinite aiguë se manifeste par :

  • une douleur localisée sur le dessus ou l’avant de l’épaule pouvant irradier légèrement le bras

  • Une sensibilité accrue à la pression notamment en position couchée sur le côté ou à la palpation de l'épaule

  • Une douleur exacerbée lors des mouvements, notamment de rotation ou d’élévation du bras.

  • des douleurs plus marquée la nuit et en fin de journée

  • un gonflement local dans certains cas.

 

La tendinopathie se caractérise par une apparition progressive des symptômes et peut devenir également invalidante.  Les signes cliniques les plus fréquemment observés sont :

  • douleur située sur la face antérieure ou latérale de l’épaule

  • intensification progressive des symptômes au fil du temps

  • majoration de la douleur lors de gestes ou de mouvements répétés

  • présence d’une raideur articulaire associée à une sensation de blocage

  • diminution de la force musculaire du bras

  • douleurs intermittentes, pas systématiquement nocturnes

  • dans certains cas, absence de douleur au repos avec gêne uniquement à l’effort.


5) Diagnostic des pathologies de la coiffe des rotateurs


Interrogatoire médical

La prise en charge commence par un interrogatoire médical. Cet interrogatoire comprend l’historique des symptômes, les caractéristiques de la douleur et les antécédents médicaux. Cet échange permet d’orienter le diagnostic et d’adapter la stratégie thérapeutique.

 

Examen clinique

Un examen clinique est ensuite effectué par un professionnel de santé (médecin généraliste, rhumatologue, kinésithérapeute ou ostéopathe formé). Il comprend :

  • une inspection et une palpation des structures musculaires et articulaires de l'épaule

  • des tests de mobilité

  • des tests « orthopédiques » spécifiques visant à identifier le ou les tendons touchés. 

    • Test de Jobe (supra-épineux)

    • Test de Patte (infra-épineux)

    • Signe du clairon (petit rond)

    • Manœuvre de Gerber (subscapulaire)

 

Coiffe des rotateurs - tests orthopédiques
Source : Haute Autorité de Santé (HAS)

Examens d'imagerie

Pour confirmer le diagnostic, un examen d’imagerie est recommandé :

 

  • L'échographie est réalisée en première intention, car elle est non invasive et efficace pour visualiser les tendons, tout en permettant de détecter une inflammation ou une rupture partielle.

  • La radiographie est fréquemment utilisée pour rechercher la présence de calcifications ou d’anomalies osseuses associées.

  • L'IRM plus précise, est réservée aux lésions chroniques, aux micro-déchirures ou aux tendinopathies avancées. Son coût plus élevé la rend non systématique.

 

Une analyse biologique peut parfois être proposée en cas de suspicion de pathologie inflammatoire systémique.

 

6) Prise en charge thérapeutique

Le traitement de la tendinopathie dépend du degré de douleur et de handicap mais vise en priorité à soulager la douleur tout en améliorant la fonction de l’épaule lésée. Pour y parvenir, la prise en charge s'articule autour des options suivantes :  

 

  • Des antalgiques peuvent être prescrits mais doivent être pris avec précaution selon les conseils du médecin.

  • Les anti-inflammatoires sont réservés aux cas de tendinite aiguë. Ils sont alors prescrits pour une courte durée (7 à 10 jours en général) et doivent être pris avec un protecteur gastrique (type Gaviscon ou oméprazole) pour prévenir tout désagrément digestif (reflux, acidité, etc.) 

  • Une infiltration de corticoïde peut être proposée en cas d’inflammation persistante ou de bursite associée. 

  • La chirurgie n’est proposée qu’en cas de rupture tendineuse.


Suture de coiffe des rotateurs
Source : Clinique du sport Bordeaux Mérignac
Source : Docteur Bruno Levy - Clinique du sport à Paris - Clinique de Meudon La Forêt

Le traitement fonctionnel repose sur la rééducation et la thérapie manuelle. La kinésithérapie et l’ostéopathie sont des approches complémentaires qui gagnent à être utilisées de manière coordonnée. 

La phase de rééducation et de thérapie manuelle s’étend généralement sur trois à six mois. Le nombre de séances de kinésithérapie et/ou d’ostéopathie est déterminé pour chaque patient lors du bilan initial.

Cette phase comprend des exercices de renforcement musculaire, un travail de mobilité articulaire, et peut aussi faire appel à des techniques telles que les ultrasons, les massages ou la cryothérapie.

                                                                                     

7) L'apport de l’ostéopathie dans la prise en charge des douleurs de l'épaule

 

Les douleurs de la coiffe des rotateurs constituent un motif fréquent de consultation ostéopathique, que ce soit en première intention ou en complément d’un suivi médical ou kinésithérapeutique.

L’ostéopathe agit sur les pertes de mobilité et les déséquilibres mécaniques autour de l’épaule ainsi qu’à distance. En redonnant de la mobilité à l’épaule, au bras, au cou mais aussi au rachis dorso-lombaire, l’ostéopathe permet de diminuer les contraintes excessives exercées sur les tendons de la coiffe des rotateurs.

 

Les techniques manuelles visent aussi à améliorer la circulation locale et la coordination des mouvements, éléments essentiels à la récupération. Cette approche, centrée sur les compétences propres de l’ostéopathie, aide à soulager la douleur, à améliorer le mouvement de l’épaule et à accompagner les autres traitements médicaux ou de rééducation.

  

8) Sources de l'article

  • National Library of Medicine – StatPearls :  Article publié en Aout 2023. Auteurs : Matthew A. Varacallo ; Youssef El Bitar ; Scott D. Mair.

(Tendinite de la coiffe des rotateurs)

  • Haute autorité de santé : Fiche « Les bonne pratiques ». Publiée en janvier 2024.

  • HAL openscience - IFMK de Marseille : Mémoire de Paulino Camille soutenu en 2020.

  • Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) - Références en santé au travail : Article publié en mars 2021. Auteur Anne Pichene Houard.

  • Geoffroy Nourissat - Chirurgien orthopédiste  et Frédéric Srour - Kinésithérapeute :  Livret à destination des patientes et des patients publié en 2020.

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