Ostéopathie et fibrome utérin
- DB RV
- 18 déc. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 déc. 2025
1) Fibrome utérin : définition et chiffres clés
Le fibrome utérin, également appelé myome, léiomyome ou myome utérin, est une tumeur bénigne qui se développe au niveau de l’utérus.
Par définition non cancéreuse, son évolution vers une forme maligne est exceptionnelle, estimée entre 0,1 et 0,5 % des cas.
Cette affection est la pathologie pelvienne la plus répandue chez la femme en âge de procréer. On estime qu’elle touche 20 à 40 % de la population féminine adulte, avec un diagnostic posé majoritairement entre 30 et 50 ans.
Son impact sur la santé publique est significatif : en France, le fibrome utérin représente la première cause d'hystérectomie, c’est-à-dire d’ablation chirurgicale de l’utérus.
2) Fibrome utérin : quelles sont les causes et facteurs de risque ?
Les causes exactes de cette pathologie gynécologique sont encore méconnues. Cependant, leur croissance semble favorisée par une augmentation des taux d’œstrogènes, et éventuellement de progestérone (les principales hormones féminines).
Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés. Les fibromes sont plus fréquemment observés en cas d’antécédents familiaux, de puberté précoce ou de surpoids. Ils sont également plus courants chez les femmes n’ayant jamais mené de grossesse.
3) Types de fibromes utérins et symptômes associés
On distingue trois principaux types de fibromes selon leur localisation :
Le fibrome sous-séreux se développe à l’extérieur de l’utérus auquel il est rattaché par un pédicule constitué de vaisseaux sanguins et lymphatiques et de nerfs. On parle de fibrome sous-séreux pédiculé.
Le fibrome intramural ou interstitiel se forme dans l’épaisseur du muscle utérin (le myomètre). C’est la forme de fibrome la plus fréquente.
Le fibrome sous-muqueux se développe dans la cavité utérine. Plus rare, cette forme de fibrome peut entrainer des saignements abondants, des troubles de la fertilité et des complications lors de la grossesse.
Il est fréquent qu'une patiente présente plusieurs fibromes de types différents et de tailles variables au sein d'un même utérus.
Dans la majorité des cas, les fibromes sont de petite taille et demeurent totalement asymptomatiques. Ils sont alors souvent découverts de manière fortuite lors d'un examen gynécologique de routine.
Toutefois, environ 15 à 30 % des patientes présentent des symptômes qui peuvent altérer leur qualité de vie. L'intensité de ces manifestations dépend de trois critères :
la localisation du fibrome,
la taille du fibrome,
le nombre de fibromes.
Lorsqu’ils deviennent symptomatiques, les fibromes peuvent être responsables de manifestations variées, parmi lesquelles :
troubles du cycle hémorragique :
Les ménorragies : saignements abondants ou prolongés pendant les règles.
Les métrorragies : saignements en dehors des règles.
douleurs et inconfort pelvien :
Sensations de pesanteur, de pression dans le bas-ventre ou crampes.
Distension abdominale, avec impression de ballonnements de ventre gonflé.
Dyspareunie : douleurs ressenties lors des rapports sexuels.
signes de compression des organes voisins :
Troubles urinaires, notamment une envie fréquente d’uriner (urgenturie) due à une pression sur la vessie.
Troubles digestifs (constipation) ou augmentation du volume de l'abdomen.
répercussions générales :
Anémie et fatigue chronique : conséquence directe de la perte répétée de sang.
Troubles de la fertilité ou complications lors d'un désir de grossesse.

4) Fibrome utérin : impacts sur la fertilité et la grossesse
Tous les fibromes n’empêchent pas de concevoir. Tout dépend de leur taille et de leur position.
Certains peuvent gêner l’implantation ou augmenter le risque de fausse couche (notamment les fibromes sous-muqueux.)
Lors de la grossesse, ils peuvent gonfler à cause des hormones et devenir douloureux.
Mais dans la majorité des cas, une grossesse est possible et se déroule généralement bien.
5) Quels examens pour détecter un fibrome utérin ?
Les fibromes utérins sont généralement détectés par imagerie médicale par un médecin gynécologue ou une sage-femme.
Échographie pelvienne (examen de référence)
IRM pelvien (pour cartographier avec précision les fibromes si besoin)
Hystéroscopie (en cas de suspicion de fibrome sous-muqueux)

6) Prise en charge des fibromes : Options de traitement et suivi médical.
La stratégie thérapeutique est personnalisée en fonction des symptômes, du désir de grossesse et de l'âge de la patiente.
Chez les patientes asymptomatiques, une surveillance clinique et échographique régulière sans mise en place de traitement est suffisante. Dans la majorité des cas, les fibromes tendent à diminuer de volume après la ménopause.
Un traitement est envisagé lorsque les fibromes sont responsables de symptômes gênants ou invalidants. Plusieurs options thérapeutiques peuvent alors être proposées.
Les traitements médicamenteux
Les traitements hormonaux ont pour objectif principal de réduire les saignements utérins. Ils peuvent inclure :
Les dispositifs intra-utérins (DIU) au lévonorgestrel : ce stérilet hormonal est très efficace pour réduire le flux des règles.
Les traitements hormonaux oraux : ils visent à régulariser le cycle et à diminuer le volume des hémorragies.
Les analogues de la GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone) : ces médicaments induisent une ménopause artificielle temporaire. En raison de leurs effets secondaires, ils sont principalement prescrits sur une courte durée, souvent pour réduire le volume d'un fibrome avant une intervention chirurgicale.
Les alternatives non chirurgicales
Pour certaines localisations, des techniques moins invasives existent, comme les ultrasons focalisés. Réalisée sans incision, cette méthode utilise l'énergie thermique pour détruire le tissu du fibrome tout en préservant l'utérus.
Les solutions chirurgicales
Lorsque les traitements médicaux échouent ou que le volume du fibrome est trop important, la chirurgie est proposée. Deux techniques principales existent :
La myomectomie : Cette intervention consiste à retirer uniquement le ou les fibromes. C'est l'option privilégiée pour les femmes souhaitant préserver leur fertilité et leur utérus.
L’hystérectomie : Il s'agit de l'ablation partielle ou totale de l'utérus. Cette solution est proposée en dernier recours, généralement chez les femmes n'ayant plus de désir de maternité et pour qui les autres traitements n'ont pas apporté de soulagement suffisant.
7) Ostéopathie et fibrome utérin : un accompagnement complémentaire efficace.
L’ostéopathie ne fait pas disparaître les fibromes. Elle intervient pour soulager les conséquences mécaniques et circulatoires liées à la présence du fibrome..
Les objectifs de l'approche ostéopathique :
L'ostéopathe travaille sur l'équilibre des structures entourant l'utérus afin de restaurer une meilleure physiologie locale :
Libération des tensions pelviennes et lombaires
Amélioration du retour veineux et lymphatique du petit bassin
Travail sur la mobilité du sacrum, iliaque, diaphragme thoracique, ligaments de l’utérus.
Quels bénéfices pour la patiente ?
Réduction de la sensation de pesanteur pelvienne
Atténuation de la douleur menstruelle
Diminution à court terme de l’inflammation locale
Amélioration des douleurs mécaniques locales.
Les techniques utilisées sont centrées sur de la mobilisation douce articulaire, du fascia, et des techniques d’énergie musculaires.
Une prise en charge pluridisciplinaire.
L’ostéopathie s’inscrit dans un parcours de soin coordonné. Elle vient en complément du suivi assuré par les gynécologues, sages-femmes et autres professionnels de santé impliqués dans le suivi gynécologique.
L’ostéopathie agit en complément des traitements médicaux, non pas pour supprimer le fibrome, mais pour soulager les symptômes associés. Elle est particulièrement recommandée pour atténuer les douleurs, les lourdeurs pelviennes et améliorer le bien-être au quotidien grâce à une meilleure circulation dans la zone concernée.
8) Sources de l'article
Santé Publique France : Publication parue en mars 2022. Auteur : Peyronnet Alexia, Goria Sarah, Chesneau Julie, Le Moal Joëlle.
Société canadienne du cancer : Article révisé en mars 2025.
Le Manuel MSD : Article publié en février 2025. Auteurs : Charles Kilpatrick, MD, MEd, Baylor College of Medicine
Hôpital Américain de Paris
Haute Autorité de Santé : Fiche « Recommander les bonnes pratiques » publiée en novembre 2022.
National Library of Medicine - Fertility and Sterility : Article paru en juillet 2024. Auteurs Marie-Madeleine Dolmans, Felice Petraglia, William H Catherino, Jacques Donnez.
(Pathogenèse des fibromes utérins: compréhension actuelle et orientations futures).
National Library of Medicine - Fertility and Sterility : Article publié en juin 2011 (Volume 95 No 7). Auteurs Malcolm G. Munro, M.D∙Hilary O.D. Critchley, M.D∙ Ian S. Fraser, M.D
(La classification FIGO des causes de saignements utérins anormaux dans les années de reproduction.)




