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Ostéopathie et escalade

  • Photo du rédacteur: DB RV
    DB RV
  • 1 janv.
  • 5 min de lecture
Escalade e suède
Source : https://www.klattercentret.se/

1) Escalade : Chiffres et enjeux santé d'une discipline olympique en plein essor.

 

L’escalade, aussi appelée grimpe est un sport en plein essor. Devenue discipline olympique lors des jeux de Tokyo en 2020, il sollicite intensément l’appareil locomoteur à travers des mouvements exigeant une synergie parfaite entre force pure, coordination fine et mobilité articulaire. Selon les formes de pratique, le grimpeur est soumis à des contraintes biomécaniques spécifiques pouvant entrainer divers troubles musculo-squelettiques.

 

Une communauté mondiale en mouvement :

  • 50 millions de pratiquants (en salle et en extérieur) à l'échelle mondiale.

  • En France : Un bastion de la discipline avec plus d’1,5 million de pratiquants réguliers.

  • Vie fédérale : La FFME (Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade) recense à elle seule plus de 100 000 licenciés, un chiffre en constante progression.


Fait notable : la parité progresse fortement. Les femmes représentent aujourd'hui près de 40% de la communauté, avec une moyenne d'âge tournant autour de 35 ans.

  

2) Les différents types d’escalade et leurs exigences physiques.

 

L’escalade est une discipline exigeante qui requiert force, mobilité et précision.

Chaque mouvement engage simultanément plusieurs chaines musculaires : bras, avant-bras, épaules, dos mais aussi abdominaux, hanches, jambes. À cette sollicitation musculaire globale s’ajoute un travail constant de gainage, d’équilibre et de coordination indispensables à l’efficacité et à la sécurité du grimpeur.


Du bloc à la haute montagne : Des efforts variés pour le corps


Il existe de nombreuses formes d’escalade, dont les principales sont les suivantes :


Escalade sur bloc
L'escalade sur bloc. Source : Pyramide.eu

Elle se pratique sur des murs de faible hauteur (4 à 5 mètres), sans utilisation de corde ni de harnais. Le grimpeur enchaîne des mouvements courts, puissants et techniques, appelés problèmes. La sécurité est assurée par des tapis de réception, ou crash pads, disposés au sol.

Escalade sportive
L’escalade sportive (ou couenne). Source le Club Alpin Français (CAF)

Cette discipline très répandue aussi bien en salle qu’en extérieur se pratique sur une seule longueur de corde (généralement 15 à 35 m), sur des voies dont les ancrages fixes sont déjà installés dans la paroi.

 

Escalade grande voie
L'escalade grande voie

Pratiquée majoritairement en milieu naturel, elle se déroule sur plusieurs longueurs de corde. Elle demande  une maîtrise parfaite des manipulations de cordes, la gestion des relais et une solide endurance.

L'escalade de vitesse. Championnat de France : Finale hommes Bassa Mawem VS Pierre Rebreyend. Source : France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

Discipline compétitive et chronométrée, elle consiste à gravir un mur standardisé le plus rapidement possible. L’explosivité et la mémoire gestuelle y sont primordiales.


escalade traditionnelle
L’escalade traditionnelle. Source : lacrux.com

Le retour aux sources. La paroi est vierge : c'est au grimpeur de placer ses propres coinceurs et protections dans les fissures au fur et à mesure de sa progression. Les points fixes sont rares, ce qui implique une forte autonomie, une excellente lecture du terrain et une grande expérience.


Escalade alpine
Escalade alpine. Source : Club Alpin Français Briançon

Pratiquée en haute montagne, elle peut combiner différents terrains tels que le rocher, la neige et la glace. Très technique, elle demande un haut niveau d’autonomie, une planification rigoureuse et une solide expérience de l’alpinisme.


3) Escalade : Quelles sont les blessures les plus fréquentes chez le grimpeur ?


Selon une étude britannique, un grimpeur sur deux déclare avoir subi au moins une blessure au cours des douze derniers mois.


Chez les jeunes pratiquants âgés de 11 à 19 ans, l’incidence des blessures est estimée à environ 4,4 pour 1 000 heures de pratique.

 

Selon plusieurs études en médecine du sport, les blessures les plus courantes en escalade concernent principalement l’appareil musculo-tendineux et articulaire :

 

  • Tendinite des fléchisseurs des doigts (syndrome de la « poulie)

  • Épicondylite (inflammation des muscles épicondyliens au niveau du coude)

  • Douleurs d’épaule liées aux rotations répétées et aux verrouillages articulaires

  • Douleurs cervicales et dorsales provenant de tensions posturales

  • Entorses et douleurs de chevilles survenant lors d’appuis instables ou de réceptions mal contrôlées

  • Douleurs sacro-iliaques ou lombaires liées à des contraintes asymétrique

  • Surcharge musculaire des avant-bras

 

La majorité de ces troubles sont liés à la répétition des mouvements, aux tractions sur prises de petite taille, à l’accumulation de tensions mécaniques et au manque de récupération.

 

4) Escalade : l’apport de l’ostéopathie dans la prévention des blessures et l'amélioration de la performance.

 

L’ostéopathie offre une approche globale permettant d’optimiser la performance, d’améliorer la récupération et de prévenir les blessures. Un grimpeur bien suivi est un grimpeur plus performant.

 

L’ostéopathie intervient sur la mobilité des tissus (muscles, tendons, articulations, fascias, viscères...) et rééquilibre les chaînes musculaires pour restaurer un fonctionnement harmonieux du corps.

 

Les bénéfices d’un suivi ostéopathique :

 

  • Amélioration de la mobilité articulaire

  • Diminution des tensions et contractures musculaires

  • Prévention des tendinopathies et blessures chroniques

  • Optimisation de la gestuelle et du gainage

  • Meilleure récupération après un effort intense

  • Amélioration de la respiration, favorisant l’endurance.

 

Quand prendre rendez-vous avec votre ostéopathe ?

L’ostéopathie est utile aussi bien dans une démarche préventive que lors de l’apparition de douleurs aiguës ou persistantes.

 

 Il est recommandé de consulter :

  • En cas de douleurs apparaissant pendant la grimpe ou après la séance

  • Lors d’une diminution de force, d'amplitude ou de fluidité du geste

  • Après une chute ou un traumatisme

  • Pour préparer une compétition ou une reprise d’activité après une période d’arrêt

  • En entretien régulier à raison de 2 à 4 consultations par an surtout si l’entrainement est intensif.


5) Sources de l'article

Sites web

  • Site de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM)

  • Site de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME)

  • Club d’Escalade de l’Avranchin

Etudes

  • National Library of medicine - International Journal of Environmental Research and Public Health : Article publié en décembre 2019. Auteurs : Simon Rauch, Bernd Wallner, Mathias Ströhle Tomas Dal Cappello, Monika Brodmann Maeder.

(Accidents d’escalade - Analyse des données prospectives du Registre international des traumatismes alpins et revue systématique de la littérature.)

  • National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en janvier 2015. Auteurs : Kaikanani Y Woollings, Carly D McKay, Jian Kang, Willem H Meeuwisse, Carolyn A Emery

(Incidence, mécanisme et facteurs de risque de blessures chez les jeunes grimpeurs).

  • ScienceDirect - Science & Sports : Article paru en juin 2014 (Volume 29, No 3). Auteurs: M. Durand-Bechu, B. Chaminade, P. Belleudy, D. Gasq.

(Les blessures lors de la pratique de l’escalade en France de 2004 à 201).

  • National Library of Medicine - American Journal Of preventive Medicine (Am J Prev Med) : Article publié en Septembre 2009 (Volume 37, No 3). Auteurs : Nicolas G Nelson, Lara B McKenzie.

(Blessures d’escalade traitées dans les urgences aux États-Unis, 1990-2007).

  • National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en septembre 2008. Auteurs : G Jones, Un Asghar,D J Llewellyn.

(L’épidémiologie des blessures lors de l’escalade)

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