top of page

Résultats de recherche

76 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Ostéopathie et syndrome fémoro-patellaire

    Source : La clinique Physiothérapie Centre du Québec 1) Qu’est-ce que le syndrome fémoro-patellaire (SFP) ou syndrome rotulien ? Le syndrome fémoro-patellaire aussi appelé syndrome rotulien, est une cause fréquente de douleur à l’avant du genou (appelée gonalgie antérieure). Il est particulièrement répandu chez les sportifs, notamment les coureurs et les cyclistes, ainsi que chez les adolescents actifs. Il peut toutefois aussi concerner des personnes sédentaires. Autrefois considéré comme un problème purement mécanique, il est aujourd’hui reconnu comme une affection multifactorielle, c’est-à-dire qu’il résulte de l’association de plusieurs facteurs : biomécaniques (alignement et mouvement des membres), musculaires (force et souplesse des muscles entourant le genou) fonctionnels (manière dont le corps coordonne ses mouvements lors des activités quotidiennes ou sportives). Concrètement, le SFP se manifeste par des douleurs autour ou en arrière de la rotule (patella). Cette douleur apparaît quand l’articulation entre la rotule et le fémur (l’os de la cuisse) est trop sollicitée ou ne fonctionne pas de façon optimale dans certaines activités. Il ne s’agit pas d’une lésion anatomique spécifique (comme une fissure ou une cassure), mais plutôt d'un ensemble de symptômes et de signes cliniques regroupés sous une même appellation. 2) Syndrome fémoro-patellaire : fréquence, population à risque et chiffres clés. Le syndrome fémoro-patellaire est l’une des causes les plus fréquentes de douleurs au genou chez les personnes de moins de 50 ans. Il est particulièrement observé : Chez les adolescents et les jeunes adultes (en pleine croissance ou très actifs). Chez les sportifs exposés à des impacts ou des mouvements de flexion-extension répétés du genou (course à pied, saut, cyclisme, etc.). Chez les femmes probablement pour des raisons anatomiques et biomécaniques. Leur bassin plus large modifie l'angle entre le fémur et le tibia, ce qui déporte la rotule vers l'extérieur ; de plus, leur rotule est naturellement plus mobile, donc moins stable. Sur le plan statistique, le SFP touche environ 23 % de la population adulte générale. Ce chiffre grimpe jusqu'à 29 % chez les jeunes pratiquant une activité sportive régulière. 3) Anatomie et fonctionnement de l’articulation fémoro-patellaire : rôle de la rotule. Anatomie du genou Le genou est une articulation complexe qui assure la jonction entre : le fémur (os de la cuisse, en haut), le tibia (os de la jambe, en bas) et la rotule ou patella (petit os en forme de triangle à l’avant du genou). La rotule agit comme un relais mécanique du muscle quadriceps (situé à l’avant de la cuisse) qui permet d’étendre la jambe. Elle est un peu comme une poulie qui permet au quadriceps d'avoir une plus grande force. L’articulation fémoro-patellaire correspond à la zone de contact entre : La face arrière (postérieure) de la rotule (celle qui "regarde" vers le fémur), qui est recouverte de cartilage. La trochlée fémorale, une gouttière osseuse située à l'extrémité inférieure du fémur, conçue pour accueillir la rotule. Un système de glissement précis Source : Plateforme de formation AdvancedTrainings Lors des mouvements de flexion et d’extension du genou, la rotule coulisse dans la trochlée fémorale selon une trajectoire précise. Pour que ce mouvement soit fluide et stable, plusieurs éléments doivent fonctionner de manière coordonnée : les muscles de la cuisse, notamment le quadriceps, les muscles fessiers, qui participent au contrôle de l’alignement de la jambe, les structures ligamentaires et les tissus de soutien autour du genou, stabilisateurs passifs, et, plus globalement, la biomécanique du membre inférieur (la façon dont hanche, genou, cheville et pied travaillent ensemble). Que se passe-t-il en cas de déséquilibre ? Lorsqu'un déséquilibre musculaire survient (muscles trop faibles ou trop tendus) ou qu'un défaut d’alignement modifie la trajectoire de la rotule, la répartition des pressions est altérée. Cela engendre une augmentation anormale des contraintes mécaniques sur certaines parties du cartilage rotulien, qui peut provoquer : des douleurs (souvent ressenties autour ou derrière la rotule), une réaction inflammatoire, voire, à long terme, une usure du cartilage (arthrose). 4) Syndrome rotulien : quels sont les symptômes ? Le principal symptôme est une douleur à l’avant du genou, autour ou derrière la rotule. Cette douleur se manifeste principalement lors d'activités de la vie quotidienne ou sportive qui augmentent la pression entre la rotule et le fémur. Les patients rapportent des douleurs dans les situations suivantes : La montée ou la descente des escaliers : la douleur est souvent plus intense à la descente. La course à pied ou la pratique de sports impliquant des sauts (basketball, volley,...) : en raison de la répétition des impacts et des cycles de flexion-extension. Les flexions profondes du genou : lors de la réalisation de squats ou du maintien d'une position accroupie. La position assise prolongée genoux fléchis (au cinéma, en voiture,…) : la douleur apparaît au moment de tendre la jambe pour se lever. La pratique d'activités sportives avec mouvement répétitifs de flexion-extension (cyclisme). En l’absence de prise en charge thérapeutique adaptée, l'affection peut s’aggraver avec le temps et devenir chronique. 5) Syndrome fémoro-patellaire : les causes et facteurs favorisants Le SFP est une pathologie multifactorielle. Dans la majorité des cas, il résulte de l’association de contraintes mécaniques, de déséquilibres musculaires et de particularités anatomiques. a) Sursollicitation mécanique C'est fréquemment le cas chez les sportifs lorsque le genou est soumis à des contraintes trop importantes ou répétées, notamment lors de la course à pied, des sauts répétés ou du cyclisme intensif. Le syndrome apparaît souvent après une augmentation trop rapide de la charge d’entraînement (intensité, volume, fréquence). b) Déséquilibres et déficits musculaires Le contrôle dynamique de la trajectoire de la rotule dépend directement de la fonction musculaire : Une faiblesse du quadriceps : en particulier du muscle vaste médial oblique par rapport au vaste latéral, compromet le guidage de la rotule dans sa gorge osseuse. Un manque de tonicité des muscles fessiers (moyen fessier en particulier) altère le contrôle du membre inférieur. Si les fessiers ne travaillent pas assez, le genou peut tourner vers l’intérieur (rotation interne) lors de la course, augmentant les contraintes sur la rotule. c) Facteurs biomécaniques Certaines anomalies de posture ou de mouvement favorisent le syndrome : L'hyperpronation du pied : l'affaissement de la voûte plantaire vers l'intérieur en marchant ou en courant induit une rotation compensatrice de toute la jambe. Le genou en X (genu valgum) : les genoux se rapprochent l’un de l’autre. La rotation interne excessive du fémur au niveau de la hanche : la cuisse tourne trop vers l’intérieur. Un mauvais alignement de la rotule : elle n’est pas bien centrée dans sa gorge (glissement latéral). Une raideur des muscles ischio-jambiers (arrière de la cuisse) ou du quadriceps augmente la force de placage de la rotule contre le fémur. Ces déséquilibres modifient la trajectoire de la rotule et majorent les pressions sur le cartilage. d) Facteurs anatomiques Certaines particularités de la structure osseuse peuvent favoriser des problèmes de rotule, notamment : Une dysplasie de la trochlée : la trochlée fémorale où glisse la rotule est trop plate ou mal formée et n'assure plus un guidage optimal. Une rotule positionnée trop haut (patella alta) : la rotule est positionnée plus haut que la normale, ce qui retarde son engagement dans la trochlée lors de la flexion. Une instabilité rotulienne : la rotule a tendance à se décaler lors des mouvements. Un antécédent de luxation de la rotule : un épisode de déboîtement de la rotule augmente le risque de récidive et de syndrome fémoro-patellaire. Chez un même patient, on trouve souvent plusieurs de ces facteurs. 6) Diagnostic du syndrome fémoro-patellaire. Examen clinique et imagerie du genou. >> Le diagnostic repose essentiellement sur un interrogatoire et un examen physique menés par un professionnel de santé. Ceux-ci permettent d’identifier : Où se situe la douleur (autour ou derrière la rotule, par exemple). Dans quelles situations elle apparaît (effort, position prolongée, gestes spécifiques). Les éventuelles limitations de mouvement du genou (difficulté à plier ou étendre le genou). Les déséquilibres musculaires ou posturaux (force du quadriceps, faiblesse des fessiers, genou en X, …). >> Pour affiner son diagnostic, le praticien réalise également quelques tests simples spécifiques : Le Grinding Test (ou test du « rabot ») : Consiste à mobiliser manuellement la rotule afin d'évaluer la qualité du glissement articulaire. Si un craquement ou une friction est perçu, on parle de "signe du rabot". C'est un indicateur en faveur d'un SFP. La recherche du signe du glaçon : Ce test cherche à détecter un épanchement de liquide (synovie) à l'intérieur du genou. Dans le cadre d'une suspicion de SFP, ce test a une valeur d'exclusion. Le SFP étant généralement pathologie principalement mécanique sans gonflement majeur, un signe du glaçon positif oriente vers une autre pathologie (lésion méniscale, arthrose) ou vers une complication inflammatoire aiguë. Pour compléter ces investigations, d'autres tests peuvent être réalisés : Le test de smillie (test d'appréhension) : Le praticien applique une pression latérale sur la rotule pour simuler un début de déboîtement. Si le patient contracte par réflexe son quadriceps ou manifeste une appréhension par peur que sa rotule ne se décale, le test est considéré comme positif, ce qui est fréquent en cas d'instabilité associée au SFP. Le test de zohlen : consiste à freiner la montée de la rotule pendant que le patient contracte son quadriceps. S'il déclenche la douleur familière du patient, il constitue un indice supplémentaire. Ces tests cliniques, bien qu'utiles, ne suffisent pas à eux seuls au diagnostic. Test du rabot. Source : Institut de Thérapie Manuelle et Physiothérapie (ITMP). Signe du glaçon. Source : Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) Test de smilie. Source : Piriforme(Ressources éducatives en ligne en kinésithérapie) Test de zohlen. Source : Source : Institut de Thérapie Manuelle et Physiothérapie. >> Des examens d’imagerie (radiographie, échographie, IRM) peuvent parfois être prescrits, principalement pour : Éliminer d’autres causes de douleur du genou (lésion du ménisque, tendinite, …) Analyser l'anatomie osseuse (position de la rotule, forme de la trochlée, …). 7) Traitement du syndrome fémoro-patellaire La prise en charge du SFP est principalement conservatrice et repose sur plusieurs axes complémentaires. a) Repos relatif et adaptation des activités Le repos complet est rarement nécessaire. En revanche, il est recommandé d'adapter temporairement les activités physiques pour rester sous le seuil d'apparition de la douleur, permettant ainsi aux tissus de récupérer sans se désadapter. b) Rééducation La kinésithérapie est le traitement de référence. Les programmes efficaces associent généralement : le renforcement du quadriceps : pour optimiser le guidage direct de la rotule. le travail des muscles fessiers et des muscles profonds du tronc : pour contrôler la rotation de la hanche et l'alignement de la jambe. la correction des troubles biomécaniques : correction des mouvements pathologiques lors de la marche, de la course ou des sauts. des exercices fonctionnels progressifs : réintroduction graduée des contraintes spécifiques au sport pratiqué. des étirements musculaires adaptés selon les déficits identifiés (ischio-jambiers, quadriceps, mollets). Cette prise en charge vise à améliorer le contrôle des mouvements et à réduire les contraintes sur l’articulation. c) Orthèses et semelles Dans certaines situations, des dispositifs externes peuvent être prescrits : Les orthèses plantaires (semelles orthopédiques) : pour corriger un pied plat ou une hyperpronation. Le strapping ou le taping rotulien : un bandage qui soutient la rotule et limite ses déplacements anormaux. Ces solutions sont complémentaires à la rééducation, mais ne suffisent pas à elles seules. d) Traitement médicamenteux Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés sur une courte période (quelques jours) pour calmer une phase de douleur aigüe. Toutefois, ils ne traitent pas la cause du problème et doivent être associés à une rééducation. e) Chirurgie Le recours à la chirurgie est rare et réservé à des situations spécifiques : Instabilité rotulienne sévère (luxations à répétition malgré une bonne rééducation) Échec des traitements conservateurs bien conduits (au moins 6 à 12 mois de rééducation sérieuse). 8) Apport de l’ostéopathie dans la prise en charge du syndrome rotulien. L'ostéopathie peut s'inscrire comme un traitement complémentaire au sein d'une prise en charge pluridisciplinaire. L’objectif est de contribuer à : Améliorer la mobilité articulaire du genou (tibio-fémorale et fémoro-patellaire). Optimiser la mobilité des articulations adjacentes (hanche, bassin, cheville) pour limiter les compensations. Diminuer certaines tensions musculaires péri-rotuliennes (quadriceps, ischio-jambiers, etc.). Faciliter la reprise progressive des activités physiques et sportives. Les techniques utilisées peuvent inclure : des techniques myofasciales (travail sur les tissus mous). des mobilisations articulaires (pour restaurer l’amplitude des mouvements). des techniques de relâchement et d’étirement musculaire. Pour être pleinement efficace, cette approche doit s'intégrer dans un programme de rééducation active et une bonne gestion des charges. 10) Sources de l'article Haute Autorité de santé (HAS) : recommandation de bonne pratique - Mis en ligne en septembre 2024 Syndrome fémoro-patellaire : évaluation et traitement rééducatifs - Note de cadrage VIDAL : Article paru en décembre 2023. Auteur : Isabelle Hoppenot Syndrome fémoropatellaire : fréquent et insuffisamment reconnu. Piriforme : Ressources éducatives en ligne en kinésithérapie / physiothérapie Recommandations sur les facteurs de risque du syndrome fémoro-patellaire Recommandations sur l'évaluation des syndromes fémoro-patellaires Recommandations sur le traitement des syndromes fémoro-patellaires Revue du Podologue : Article paru en novembre 2020. Auteur : Vivien Reynaud chef de clinique - Service de médecine physique et réadaptation, CHU Clermont-Ferrand, Hôpital Gabriel-Montpied Diagnostic du syndrome fémoro-patellaire et examens complémentaires British journal of sports medicine : Article paru en 2018. Auteurs : Natalie J Collins, et al. 2018 Consensus statement on exercise therapy and physical interventions (orthoses, taping and manual therapy) to treat patellofemoral pain: recommendations from the 5th International Patellofemoral Pain Research Retreat, Gold Coast, Australia, 2017. (Énoncé de consensus sur la thérapie par l'exercice et les interventions physiques (orthèses, taping et thérapie manuelle) pour traiter la douleur patellofémorale : recommandations du 5e Congrès international de recherche sur la douleur patellofémorale, Gold Coast, Australie, 2017). Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy : Article paru en 2019. Auteur : Richard W. Willy., et al. Patellofemoral pain: Clinical practice guidelines linked to the international classification of functioning, disability and health from the Academy of Orthopaedic Physical Therapy of the American Physical Therapy Association. (Douleur patellofémorale : Lignes directrices de pratique clinique liées à la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé de l'Académie de physiothérapie orthopédique de l'Association américaine de physiothérapie.) International Journal of Environmental Research and Public Health : Article publié en juillet 2022. Auteurs : Pablo Monteiro Pereira., et al. Patellofemoral Pain Syndrome Risk Associated with Squats: A Systematic Review (Risque de syndrome douloureux patellofémoral associé aux squats : une revue systématique). Journal of Orthopaedic Surgery and Research : Article publié en avril 2024. Auteurs : Abdallah Mohamed Kamel., et al. Effect of adding short foot exercise to hip and knee focused exercises in treatment of patients with patellofemoral pain syndrome: a randomized controlled trial. (Effet de l’ajout d’exercices courts pour les pieds aux exercices axés sur les hanches et les genoux dans le traitement des patients atteints de syndrome de douleur patellofémorale : un essai contrôlé randomisé). Journal of Orthopaedic Surgery and Research : Article paru en janvier 2025. Auteurs : Zheyu Xiong., et al. Effects of functional strength training on pain, function, and lower extremity biomechanics in patients with patellofemoral pain syndrome: a randomized clinical trial (Effets de l’entraînement fonctionnel en force sur la douleur, la fonction et la biomécanique des membres inférieurs chez les patients atteints du syndrome de douleur patellofémorale : un essai clinique randomisé).

  • Lombalgie et troubles digestifs : comprendre leur lien pour mieux les traiter

    Source de l'image : EDP Nutrition 1) Lombalgie et troubles digestifs : de quoi parle-t-on ? La lombalgie est une douleur au niveau de la région lombaire de la colonne vertébrale. Selon sa durée, elle est qualifiée d'aiguë ou de chronique (lorsqu'elle persiste au-delà de trois mois). Il s’agit d’un motif de consultation fréquent en médecine générale, le plus souvent d’origine multifactorielle et, dans la majorité des cas, sans certitude sur une cause particulière. On en distingue trois types : La lombalgie mécanique : liée à l'appareil musculo-squelettique. La lombalgie inflammatoire : résultant d'une réaction biologique d'autodéfense du corps. La lombalgie viscéro-référée : une douleur « trompeuse » ressentie dans le dos, mais dont la source réelle est un organe interne (intestin, rein, etc.). Les troubles digestifs fonctionnels (TDF), au premier rang desquels figure le syndrome de l’intestin irritable (SII), se manifestent par des symptômes digestifs chroniques sans lésion organique identifiable. Ils sont aujourd'hui compris comme la conséquence d'une perturbation de l’axe intestin-cerveau qui régule la communication bidirectionnelle entre le système nerveux central et le tube digestif. 2) Lombalgie et troubles digestifs : une coexistence fréquente. Les données statistiques illustrent l'ampleur de ces affections au sein de la population : La lombalgie est très fréquente : elle touche jusqu’à 80 % des individus au cours de leur vie. Parmi eux, environ 8 % développent une forme chronique. Les troubles digestifs fonctionnels concernent près de 10 % de la population mondiale. Plusieurs études scientifiques et observations cliniques mettent en évidence une coexistence fréquente de ces deux troubles. À titre d'exemple, jusqu'à 72 % des patients souffrant du syndrome de l'intestin irritable (SII) présentent également des douleurs lombaires. Cette association, trop fréquente pour relever d’une simple coïncidence, suggère l’existence d’un mécanisme physiopathologique commun impliquant une interaction entre les systèmes nerveux et digestif. Plus largement, les troubles fonctionnels – qu’ils soient digestifs, musculo-squelettiques ou autres – s’associent souvent entre eux et dessinent un tableau clinique global où interagissent des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. 3) Liens anatomiques et mécaniques entre système digestif et colonne lombaire Les organes digestifs sont liés à la colonne lombaire par l’intermédiaire : des fascias (ces membranes de tissu conjonctif qui enveloppent et relient toutes les structures du corps comme une toile continue) : Notamment le fascia thoraco-lombaire et le mésentère, qui agissent comme des courroies de transmission de tension. des attaches ligamentaires des viscères qui s'ancrent directement ou indirectement sur les vertèbres. des structures musculaires : avec une importance capitale accordée au muscle psoas. De ce fait, un trouble fonctionnel digestif peut entraîner une augmentation des tensions fasciales, une modification de la posture, et une hypertonie musculaire. Ces contraintes sont susceptibles de provoquer ou de maintenir une lombalgie. Le rôle clé du muscle psoas Le psoas est un muscle profond et allongé situé dans l’abdomen, de chaque côté de la colonne vertébrale. Il part du bas du dos (au niveau des vertèbres lombaires) et descend jusqu'à la cuisse (au niveau du fémur), en longeant les organes digestifs. Il joue un rôle essentiel dans la flexion de la hanche (lever la cuisse) et dans la stabilité du bas du dos. Sa particularité est d’être très sensible à ce qui se passe dans le ventre. Il peut être perturbé dans plusieurs situations : En cas d’inflammation de la paroi intestinale. Lorsqu’il existe des tensions ou pressions sur les organes digestifs (ballonnements, constipation …). En cas de perturbation du transit (constipation, diarrhée). Dans ces situations, le psoas réagit en se contractant. Cette contraction tire sur les vertèbres, entraîne une sensation de blocage dans le bas du dos et peut, si elle persiste, évoluer vers des douleurs lombaires chroniques. 4) Les mécanismes neurologiques expliquant la douleur lombaire d’origine digestive L’axe intestin-cerveau : une communication bidirectionnelle Le système digestif et le système nerveux central forment une unité fonctionnelle appelée axe intestin-cerveau. Cet axe repose sur l’interaction de trois systèmes : le système nerveux entérique (SNE) qui est le réseau neuronal propre à l’intestin. Il peut fonctionner de manière autonome, sans intervention directe du cerveau pour gérer les fonctions digestives locales notamment la motricité intestinale, les sécrétions digestives et l’absorption des nutriments. Toutefois, cette autonomie est relative. le système nerveux autonome (SNA) joue un rôle de coordinateur entre le système digestif (SNE) et le système nerveux central (SNC). le système nerveux central (SNC) reçoit, analyse et interprète les informations en provenance du SNE et du SNA. En réponse, il module divers processus notamment la motricité intestinale, la perception de la douleur, ou encore les processus inflammatoires. Ainsi, la relation entre le cerveau et l’intestin est réciproque : d'un côté, le cerveau exerce une influence sur les fonctions digestives, de l'autre, l’intestin envoie en retour des signaux qui agissent sur les fonctions cérébrales. La convergence viscéro-somatique et le mécanisme neurologique de la douleur projetée. Source : Fields, référence 17 Il arrive qu'une douleur soit ressentie dans une zone du corps différente de celle qui en est réellement la cause : On parle alors de douleur projetée. Ainsi, une souffrance d'origine digestive peut être perçue non pas dans le ventre, mais dans le bas du dos. Le patient évoque généralement une douleur mal localisée et difficile à décrire précisément. Ce phénomène s'explique par le fait que les nerfs qui transmettent les signaux venant des organes digestifs (dont l’intestin) et ceux qui transmettent les sensations venant des muscles ou de la peau de la région lombaire convergent et empruntent les mêmes voies de transmission dans la moelle épinière. De ce fait, le cerveau peine parfois à distinguer l'origine exacte du signal. Par erreur, il peut interpréter une douleur d’origine viscérale comme une douleur lombaire. Ce phénomène, bien documenté en neurologie est désigné sous le terme de réflexe viscéro-somatique. Le rôle du système nerveux autonome Le système nerveux autonome joue un rôle central dans la régulation des interactions entre l'intestin et la région lombaire. Il se compose de deux branches aux effets souvent opposés : La branche sympathique : Activé en situation de stress ou d'effort, elle ralentit l’activité digestive et redirige le flux sanguin des intestins vers les muscles pour préparer le corps à l’action. Tandis que la branche parasympathique (principalement via le nerf vague) favorise un état de détente, propice à une assimilation optimale des nutriments et à la récupération. Lorsque le système parasympathique n'arrive plus à contrebalancer l'activation du système sympathique (dysrégulation), les conséquences peuvent se manifester de plusieurs façons : apparition de troubles digestifs fonctionnels : L'intestin, moins bien irrigué et stimulé, développe des troubles fonctionnels (ballonnements, ralentissement du transit) augmentation du tonus musculaire dans la région lombaire : Par un mécanisme de réflexe viscéro-somatique, les tensions intestinales provoquent une contracture réflexe des muscles lombaires. et installation progressive d'une chronicité de la douleur. La tension musculaire permanente et l'inflammation digestive s'auto-alimentent. Neuro-inflammation et pérennisation de la douleur Plusieurs études scientifiques mettent en évidence le rôle de l’inflammation du système nerveux (neuro-inflammation) dans l'évolution vers une lombalgie chronique. Deux mécanismes sont particulièrement impliqués : L'activation des cellules gliales (cellules de soutien du système nerveux qui entourent et protègent les neurones) qui amplifient la réponse inflammatoire du système nerveux. La sensibilisation centrale par laquelle le système nerveux devient progressivement hypersensible à la douleur (amplification de la perception de la douleur par le cerveau). Ce même mécanisme est également impliqué dans les troubles digestifs fonctionnels soulignant ainsi le lien qui unit ces deux pathologies. 5) Physiopathologie croisée des lombalgies et des troubles digestifs. La relation entre lombalgie et troubles digestifs ne s’explique pas par une cause unique. Elle résulte d’une interaction complexe entre des facteurs mécaniques (liés aux contraintes physiques, aux postures et aux tensions tissulaires), neurologiques (impliquant la transmission et la modulation de la douleur) et fonctionnels (correspondant au fonctionnement des systèmes, notamment digestif et neurovégétatif). Une approche globale du fonctionnement de l’organisme est essentielle pour comprendre cette interaction. Un cercle de rétroaction bidirectionnel Les recherches actuelles mettent en évidence un dialogue constant entre le système digestif et le système musculo-squelettique (les muscles et le squelette). Leur influence est bidirectionnelle, c’est-à-dire qu’ils s’impactent mutuellement. Lorsqu'un trouble digestif survient, les nerfs des viscères envoient des signaux d'alerte à la moelle épinière. Comme ces signaux passent par les mêmes voies de transmission que ceux du dos, le cerveau peut se tromper et les interpréter comme une douleur venant du dos. À l'inverse, une douleur lombaire entraîne des changements de posture, créé une tension musculaire et génère un stress physique. Ces réponses peuvent activer le système nerveux autonome qui régule les fonctions involontaires comme la digestion, entraînant ainsi des troubles digestifs. Ainsi s’installe un cercle vicieux dans lequel : le trouble digestif peut favoriser ou entretenir une douleur lombaire la lombalgie peut en retour, entretenir ou amplifier le trouble digestif 6) Approche biopsychosociale de la douleur lombaire d’origine digestive. Ce modèle s’inscrit dans une approche biopsychosociale des troubles fonctionnels, dans laquelle plusieurs dimensions interagissent de manière simultanée. On distingue notamment des facteurs : biologiques : inflammation discrète mais persistante, altération du microbiote intestinal neurologiques : dérégulation de l’axe intestin-cerveau, hyperexcitabilité des voies nerveuses qui transmettent la douleur psychologiques : stress, anxiété et troubles émotionnels influençant la perception de la douleur sociaux : conditions de vie et de travail, niveau d’activité physique, environnement familial et social pouvant moduler l’apparition et l’évolution des symptômes Ainsi, lorsque lombalgie et troubles digestifs sont associés, cela ne relève pas d’une simple coïncidence. C’est le signe d’un déséquilibre général du corps, impliquant plusieurs systèmes qui communiquent en permanence entre eux. 7) Place de l’ostéopathie dans la prise en charge des lombalgies d’origine digestive. L’ostéopathie repose sur l’interdépendance des structures corporelles, considérant qu’une dysfonction viscérale peut induire une dysfonction musculo-squelettique. En cas de lombalgie d'origine digestive, ses objectifs sont de restaurer la mobilité viscérale, diminuer les tensions fasciales et améliorer la posture via des techniques manuelles (viscérales, myofasciales et structurelles). Du point de vue clinique, l'ostéopathie permet de réduire les douleurs lombaires d’origine fonctionnelle, de rompre le cercle douleur-stress-dysfonction, d'atténuer les troubles digestifs associés Cependant, les preuves scientifiques de ces bénéfices restent hétérogènes et nécessitent des études complémentaires. 8) Conclusion Le lien entre lombalgie et troubles digestifs repose sur des connexions anatomiques, une convergence neurologique viscéro-somatique et une interaction bidirectionnelle intestin-cerveau. Les symptômes observés ne doivent pas être considérés isolément, mais comme l’expression d’un déséquilibre global. L’ostéopathie, par son approche globale, apparaît pertinente dans la prise en charge de ces patients. Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires pour consolider son efficacité. 9) Sources de l'article Ouvrage Principles of Neural Science, Fifth Edition : Auteurs : Eric R. Kandel James H. Schwartz, Thomas M. Jessell, Steven A. Siegelbaum, A.J. Hudspeth Articles Organisation mondiale pour la santé (OMS) : Article paru en juin 2023 Low back pain (Douleurs lombaires) Kenhub (Plateforme d’apprentissage de l’anatomie) : Article paru en aout 2024. Auteur: Karen Smayra. Muscle psoas : Grand psoas National Library of medicine (NIH) - Annals of Gastroenterology : Article paru en juin 2016. Auteurs : Marilia Carabottia, Annunziata Sciroccoa, Maria Antonietta Masellib, Carola Severi The gut-brain axis: interactions between enteric microbiota, central and enteric nervous systems (L’axe intestin-cerveau : interactions entre le microbiote entérique, les systèmes nerveux central et entérique) BMC Complementary Medicine and Therapies : Article paru en février 2026. Auteurs : BRIER Mathis, PHALIP Jules, DELORME Benjamin, SCHWENDENMANN Yves, SALMON Maxime, BICOUT J. Dominique,ROLLAND Christine, et NIZARD Julien. Évaluation de l’impact de la thérapie manuelle dans la prise en charge des lombalgies non spécifiques : revue de la portée des critères utilisés dans les essais cliniques.

  • Le craquement en ostéopathie : réalité scientifique, efficacité et précautions à connaître

    Source de l'image : Magali Panneels, ostéopathe à Namur 1. Le craquement en ostéopathie : dans quelles situations survient-il ? En ostéopathie, le « craquement » que l'on entend parfois résulte d'un processus physique appelé cavitation articulaire. Ce phénomène survient lors de certaines manipulations dites HVBA (Haute Vélocité, Basse Amplitude). Il s'agit d’un son généré au cœur de l'articulation quand un mouvement rapide et précis est réalisé par le praticien. Ce mouvement ne dépasse jamais les limites anatomiques de l’articulation du patient. 2. La cavitation articulaire : explication scientifique du craquement. Le consensus scientifique actuel établit que le « craquement » entendu lors de l’exécution d’une manipulation HVBA résulte de la formation rapide d'une bulle de gaz au sein du liquide synovial. Concrètement, le processus se décompose comme suit : L'impulsion :  Une traction rapide (haute vélocité) et de faible amplitude (basse amplitude) exercée par le praticien écarte brièvement les surfaces articulaires (écartement de quelques millimètres en moins de 150 millisecondes). La dépression :  Cette action entraîne une chute brutale de la pression à l'intérieur de la capsule articulaire. La cavitation : En réaction, les gaz dissous dans le liquide articulaire, essentiellement du dioxyde de carbone (CO₂) se rassemblent pour former une cavité gazeuse. La signature sonore : C'est l'apparition même de cette bulle qui génère le bruit caractéristique que nous percevons. Source : @NewScientist Des études s'appuyant sur l'imagerie par résonance magnétique (IRM) en temps réel, ont confirmé que le son entendu correspond précisément au moment de la formation de la cavité et non à son éclatement. Ainsi, le craquement entendu est un phénomène physique naturel et anodin. Il ne traduit en aucun cas un frottement entre les os ou une ou lésion articulaire. Après la formation de la bulle de gaz, il faut un certain temps (environ 20 minutes) pour que les gaz se redissolvent dans le liquide synovial. C'est pour cela qu'on ne peut effectuer plusieurs craquements à la suite sur la même articulation. 3) Profils des patients et indications thérapeutiques des manipulations HVBA. Les manipulations avec cavitation sont principalement indiquées dans les situations suivantes : Douleurs mécaniques du rachis . Il s'agit de douleurs liées aux mouvements ou aux contraintes physiques, sans cause traumatique majeure ni signe de gravité neurologique. Cela inclut : les cervicalgies ou dorsalgies non graves, par exemple une raideur de la nuque ou du milieu du dos apparaissant spontanément ; les lombalgies comme une douleur au bas du dos survenant après avoir soulevé une charge ou suite à une mauvaise posture prolongée. Limitations de mobilité articulaire , comme lors d' une difficulté à tourner la tête ou d' une incapacité à se pencher en avant normalement. Ces techniques s’adressent surtout à des patients : Jeunes ou adultes Sans pathologie organique grave Présentant un trouble fonctionnel d’origine mécanique.   4) Efficacité des manipulations articulaires avec cavitation. La manipulation articulaire à haute vélocité et faible amplitude (HVBA) vise trois objectifs principaux :   Mécanique : Rétablir l’amplitude des mouvements articulaires ; Antalgique : Atténuer la sensation douloureuse ; Neurophysiologique : Influencer les informations nerveuses à destination du système nerveux central (afférences). L’analyse de la littérature scientifique permet de clarifier le rôle de la cavitation : Une manipulation peut produire un effet bénéfique, que le bruit soit présent ou non. La présence du craquement n’améliore pas l’efficacité de la manipulation ; Autrement dit, le « crac » constitue un effet secondaire du geste, et non un objectif thérapeutique en soi. Concernant les effets cliniques, les données actuelles montrent : Une efficacité modérée et de courte durée dans la prise en charge des lombalgies. Le geste est utile pour briser un cycle douloureux aigu. Aucune supériorité démontrée par rapport aux autres méthodes de soin. Sur le long terme, les résultats sont faibles, voire cliniquement non significatif. En pratique, la réponse au traitement varie d’un patient à l’autre et ne dépend pas de la production d’une cavitation. 5) Pourquoi le "crac" suscite-t-il des inquiétudes ? Le poids des représentations sociales Dans l'imaginaire collectif, ce bruit est souvent, et à tort, associé à : Un déplacement des structures osseuses ; Une remise en place forcée de l’articulation ; Un risque de lésion. Ces croyances, bien que non fondées, restent répandues.   La médiatisation des risques La médiatisation de rares cas d'accidents vasculaires, consécutifs à des manipulations cervicales, a contribué à alimenter la méfiance à l’égard de l'ensemble de cette pratique.   6) Le craquement est-il dangereux ? Les données scientifiques disponibles confirment la sûreté de ces gestes. Elles indiquent que : les complications graves sont très rares le risque existe surtout au niveau cervical et dans ce cas on estime qu’environ un accident grave survient pour plus d’un million de manipulations cervicales. La sécurité repose sur deux piliers : L'expertise du praticien et sa capacité à s'adapter aux caractéristiques anatomiques propres à chaque patient. L'analyse du rapport bénéfice/risque, comme le préconise l'INSERM. Cadre réglementaire : La législation encadrant l’ostéopathie autorise la réalisation de manipulations HVBA au niveau cervical. Toutefois, cette pratique nécessite, une validation préalable par un médecin, généralement formalisée par une attestation de non contre-indication à la manipulation cervicale. 7) Manipulations HVBA : contre-indications Contre-indications absolues (exclusion systématique) : Fractures et traumatismes osseux récents Processus infectieux ou tumoral. Maladies inflammatoires en phase active. Atteintes neurologiques sévères Pathologies vasculaires Contre-indications relatives (vigilance accrue) : Zone cervicale présentant des facteurs de risque vasculaire Douleurs aiguës et intenses Âges extrêmes (enfants de moins de 7 ans, seniors de plus de 80 ans) Situation de fragilité (troisième trimestre de grossesse). 8) Ce qu'il faut retenir du craquement articulaire Le craquement entendu lors des manipulations à haute vélocité et basse amplitude (HVBA) correspond à un phénomène physique lié à des variations de pression dans l’articulation, sans lien direct avec l’efficacité du soin. Bien que souvent impressionnant, c’est un épiphénomène biomécanique qui ne doit être ni recherché systématiquement, ni considéré comme un indicateur de réussite du traitement. La manipulation HVBA est sans danger, à condition d’être réalisé dans un cadre strict et maîtrisé. La pratique contemporaine de l'ostéopathie s’éloigne de la vision centrée sur le bruit pour privilégier : une évaluation clinique globale du patient, une prise en charge individualisée une analyse rigoureuse du rapport bénéfice/risque pour chaque situation. 9) Références de l'article The Journal of Contemporary Chiropractic (JCC)  : article publié en mars 2024. Auteurs : Brogan Williams, Giles Gyer. Spinal manipulation vs spinal mobilization - does the cavitation matter? - a clinical commentary. (Manipulation vertébrale vs mobilisation spinale - la cavitation a-t-elle de l’importance ? - un commentaire clinique). Joint Bone Spine  : article publié en 2018. Auteurs : Christophe Demoulin, Damien Baeri, Geoffrey Toussaint, Barbara Cagnie, Axel Beernaert, Jean-François Kaux, Marc Vanderthommen. Beliefs in the population about cracking sounds produced during spinal manipulation. (Croyances dans la population concernant les bruits de craquement produits lors de la manipulation vertébrale). The International Journal of Sports Physical Therapy  : Article paru en aout 2017 (Volume 12, No 4). Auteurs : James Dunning, Firas Mourad, Andrea Zingoni, Raffaele Iorio, Thomas Perreault, Noah Zacharko, César Fernández de las Peñas, Raymond Butts, Joshua A Cleland Cavitation sounds during cervicothoracic spinal manipulation. (Bruits de cavitation lors de la manipulation cervicothoracique de la colonne vertébrale). PLOS ONE  : Article paru en avril 2015. Auteurs : Gregory N Kawchuk, Jerome Fryer, Jacob L Jaremko, Hongbo Zeng, Lindsay Rowe, Richard Thompson Real-time visualization of joint cavitation. (Visualisation en temps réel de la cavitation articulaire). Archives of Physical Medicine and Rehabilitation  : Article paru en juillet 2003 (Volume 84, No 7). Auteurs : Timothy W Flynn, Julie M Fritz, Robert S Wainner, Julie M Whitman The audible pop is not necessary for successful spinal high-velocity thrust manipulation in individuals with low back pain. (Le pop audible n’est pas nécessaire pour une manipulation réussie de la poussée à haute vitesse de la colonne vertébrale chez les personnes souffrant de douleurs lombaires).

  • Ostéopathie et sports d’hiver

    Ostéopathie et sports d'hiver La période hivernale est l’occasion de partir à la montagne, en station de ski. L’environnement en montagne permet de pratiquer de nombreuses disciplines : ski alpin, ski de fond, luge, ou encore snowboard, raquettes, fatbike, patinage artistique.   Tous ces sports sont exigeants d’un point de vue physique, nécessitant une bonne maitrise de l’équilibre, de la stabilité ainsi que de la force. Les conditions climatiques et la nature accidentée du terrain peuvent également être source de traumatismes. L’ostéopathie peut être un soutien pour ces sportifs (amateurs comme de haut niveau) que ce soit en prévision d’un séjour à la montagne ou à postériori.   Quelles sont les blessures fréquentes en lien avec les sports d’hiver ?   Traumatismes : Entorse, fracture, lors d’une chute ou faux mouvement Tendinopathie   Quelles sont les articulations les plus sollicitées ?   Pour le ski et le snowboard : les genoux. En 2016, 44 % des femmes et 23 % des hommes ont subi une blessure au genou lors d’un séjour au ski. Ensuite et tous sports confondus : les épaules avec pour la même année environ 20 % de blessures, hommes et femmes confondus.   Quand consulter un ostéopathe ?   L'ostéopathe peut intervenir avant ou après un séjour à la montagne en période hivernale, en vous proposant un accompagnement personnalisé, vous donnant des conseils et des exercices à réaliser pour limiter le risque de blessure, améliorer la récupération ou accélérer la cicatrisation en cas de traumatisme.   Avant un séjour au ski : préparation physique   Pour optimiser la mobilité articulaire Pour renforcer le système musculaire et l’équilibre Pour apporter des conseils de préparation    En prévision d’un séjour en station de ski, l’ostéopathe réalisera un bilan permettant de relâcher d’éventuelles tensions musculaires, de redonner de la mobilité à certaines articulations et de corriger certains défauts posturaux pour prévenir l’apparition de douleurs ou de blessure lors du séjour.   Au retour de vacances au ski   Pour soulager et améliorer la cicatrisation après une chute ou une blessure En cas d’apparition d’une douleur, d’une gêne ou d’un blocage articulaire : genou, hanche, épaules, lombaires, etc. Pour mieux récupérer   À la suite de votre séjour à la montagne, votre ostéopathe vous accompagnera pour retrouver une bonne mobilité globale, soulager les éventuelles tensions musculaires et vous donner des conseils pour optimiser votre retour à la vie quotidienne.   Pour aller plus loin   Deux ouvrages sur le thème des sports d’hiver : Mon rêve d’or et de neige de Martin Fourcade Martin Fourcade : Mon rêve d'or Rêves de montagnes de Jon Krakauer   Jon Krakauer : Rêves de montagne

  • Ostéopathie et arthrose

    Ostéopathie et arthrose L’arthrose est la plus fréquente des affections rhumatologiques. C’est un problème majeur de santé qui affecte plus de dix millions de personnes en France.   Qu’est-ce que l’arthrose ? Définition de l’OMS : « L’arthrose est la résultante de phénomènes mécaniques et biologiques qui déstabilisent l’équilibre entre la synthèse et la dégradation du cartilage et de l’os sous-chondral. » L’arthrose se définit comme une affection chronique dégénérative liée à l’usure du cartilage associée à un phénomène inflammatoire entrainant ce que l’on appelle des crises arthrosiques. L’arthrose peut toucher toutes les articulations. L’arthrose est décrite comme une affection d’étiologie multifactorielle (génétique, congénitale, traumatique, environnementale) mais certains facteurs peuvent favoriser son apparition : Obésité / surcharge pondérale Traumatismes, chocs, entorses, fractures Pratique intensive d’une activité sportive sur le long terme Age Pathologies rhumatismales, pathologies de croissance Malformations congénitales   Il existe cinq stades radiographiques d’arthrose Stade 0 : radiographie normale Stade 1 : ostéophyte de signification douteuse Stade 2 : ostéophyte net sans diminution de l’interligne articulaire Stade 3 : ostéophyte net avec diminution de l’interligne articulaire Stade 4 : pincement sévère et sclérose de l’os sous-chondral   Comment savoir si j’ai de l’arthrose si je n’ai pas encore fait de radio ? Quand elle devient symptomatique, l’arthrose entraîne des douleurs de type « raideur articulaire mécanique » (c’est-à-dire lors des mouvements), avec un éventuel épanchement articulaire et des degrés variables d’inflammation locale.   L’arthrose se caractérise également par un dérouillage matinal allant de quinze minutes à plusieurs heures selon les stades. Selon la localisation et le schéma physiologique du patient, la douleur peut survenir ou être aggravée lors de : Montée ou descente d’escalier (genoux, hanche) Marche prolongée (genoux, hanche, lombaires) Port de charges (cervicales, dorsales, lombaires) Maintien prolongé d’une position assise, allongée ou debout L’évolution de l’arthrose est imprévisible ;   les lésions du cartilage ne régressent pas, mais leur progression n’est pas linéaire. L’évolution peut être très rapide et rendre nécessaire la pose d’une prothèse en moins de cinq ans. Cependant, dans d’autres cas, la maladie peut évoluer lentement, sur plusieurs années, sans induire de handicap majeur.   Prévalence de l’arthrose chez les 65-75 ans : Cervicarthrose : 75 % Colonne lombaire : 70 % Main : 60 % Genou : 30 % Hanche : 10 % Cheville : moins de 10 % Que peut apporter l’ostéopathie ?   L’ostéopathe est une médecine manuelle, elle ne permet pas de guérir l’arthrose, mais grâce à un traitement adapté, elle peut réduire l’impact de l’arthrose sur la qualité de vie en accompagnant le patient en dehors de phases de crises inflammatoires :   Diminution des douleurs Amélioration de la mobilité articulaire Prévention de l’aggravation   Dans le cas de l’arthrose, un suivi régulier peut vous permettre de limiter vos douleurs et réduire les raideurs articulaires causées la plupart du temps par le manque de mobilisation de l’articulation.   L’ostéopathe utilise des techniques diverses qui permettent de conserver ou améliorer la mobilité de vos articulations ainsi que de relâcher les tissus alentours.   L’ostéopathe est également en mesure de vous donner des conseils tel que des étirements et exercices de mobilité à mettre en place pour maintenir une bonne mobilité articulaire . « Le mouvement c’est la vie »   En cas d’arthrose, il est vivement recommandé de bouger !   Avant tout, il est essentiel de trouver une activité qui vous plaise et corresponde à vos aspirations. L’essentiel est de bouger de façon régulière. Le ministère de la Santé recommande un minimum de trente minutes d’activité physique par jour.   Voici un exemple de sports recommandés : Marche Vélo Natation Fitness : avec ou sans coach   Yoga Pilates Stretching / gym suédoise Taï-chi-chuan (Taï-chi) Qi-Qong

  • Ostéopathie et syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

    Ostéopathie et syndrome des ovaires polykystique Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), plus récemment appelé hyperandrogénie ovarienne fonctionnelle , est une maladie endocrinienne qui touche 8 à 13 % des femmes en âge de procréer.   Contrairement à ce que l’on pensait lorsque cette maladie a été découverte dans les années 1930, le SOPK ne se traduit pas par la présence de kystes ovariens mais (le plus souvent) par un trop grand nombre de follicules ou une trop grosse taille de ceux-ci.   D’après les recherches scientifiques, l’origine du SOPK serait multifactorielle, avec une prépondérance probable du facteur génétique.   Quels sont les signes cliniques du SOPK ? Ils ont été regroupés sous le titre «  Critères de Rotterdam  » : Hyperandrogénie clinique   Acné Hirsutisme (abondance de poils) Alopécie (chute de cheveux)  Oligo-anovulation ou anovulation Cycles menstruels très longs (plus de 35 jours) avec souvent moins de huit menstruations par an (Oligo ménorrhée) voire absence de règles (aménorrhée)  Infertilité   Aspect morphologique des ovaires à l’échographie L’un des ovaires, ou les deux, présentent des follicules de 2 à 9 millimètres de diamètre ou parfois des kystes   => Cette pathologie provoque très souvent un dérèglement hormonal qui peut se traduire par une hypersécrétion des hormones androgéniques provoquant parfois une hyperprolactinémie ainsi qu’une insulinorésistance, augmentant le risque de diabète. Par ailleurs, 50 à 70 % des femmes atteintes de SOPK sont en surpoids.   Le diagnostic de cette pathologie se fait par la combinaison de critères cliniques : critères de Rotterdam décrits plus haut, associés à un bilan hormonal et sanguin ainsi qu’à une échographie pelvienne.   Le diagnostic est souvent très tardif et survient généralement quand la femme peine à tomber enceinte.   Il n’existe pour l’instant pas de traitement curatif, mais un traitement des symptômes ainsi qu’un traitement hormonal.   Que peut apporter l’ostéopathie dans le suivi de patientes SOPK ?   L'ostéopathie n’est pas en mesure de soigner le SOPK mais elle aide à en soulager les troubles : En travaillant sur la zone pour libérer les tensions En traitant le corps dans sa globalité.   En adaptant sa prise en charge à chaque patient, l’ostéopathe peut travailler sur divers axes : Musculosquelettique pour redonner de la mobilité aux structures de la région lombo-pelvienne (bassin, lombaires, etc.) et diminuer les tensions musculaires associées Viscéral : l’ostéopathe peut travailler sur les attaches osseuses des organes génitaux et digestifs, l’objectif étant de redonner souplesse, élasticité et mobilité via des techniques myofasciales et viscérales Tissulaire : certaines femmes atteintes de SOPK subissent une opération chirurgicale au niveau des ovaires, laquelle peut occasionner des adhérences cicatricielles. L’ostéopathie peut alors (passé un délai d’un mois) aider à relâcher les tissus impactés, en utilisant des techniques dites « tissulaires ».   Enfin, l’ostéopathe peut vous donner des conseils : Pratique d’une activité physique régulière Gestion du stress : méditation ; exercices de relaxation   Un suivi pluridisciplinaire optimise la prise en charge de patientes atteintes de SOPK : Suivi diététique : diététicien ou nutritionniste Suivi gynécologique et ou endocrinologique Suivi par un sophrologue, psychologue ou psychiatre Suivi ostéopathique Pour aller plus loin  Asso'SOPK Asso'SOPK , une association nationale permettant aux patientes de s’informer sur le SOPK Deux ouvrages sur le sujet  : Le monde à l’ovaire, de Capucine Quemin  Le monde à l’ovaire, de Capucine Quemin Troubles hormonaux, reprenez le pouvoir, de Guénaëlle Abéguilé Troubles hormonaux, reprenez le pouvoir , de Guénaëlle Abéguilé

  • Ostéopathie et prothèses

    Prothèse de hanche Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de personnes développent de l’arthrose au cours de leur vie (cf article « Ostéopathie et arthrose  » sur le blog). L’évolution de l’arthrose peut être lente ou rapide mais dans certains cas elle conduit à la pose d’une prothèse.   ATTENTION L’ARTHROSE N’EST PAS LA SEULE SOURCE DE POSE D’UNE PROTHÈSE !   Dans certains cas, après un traumatisme violent (accident de la route avec fracture du col fémoral) ou lors d’une infection sévère (nécrose), la pose d’une prothèse peut s’avérer urgente.   Qu’est-ce qu’une prothèse ? Une prothèse est un dispositif artificiel permettant de remplacer un membre ou une articulation. Objectifs de la pose d’une prothèse Restaurer la fonction Restaurer la mobilité articulaire   Types de prothèses : du plus commun au plus rare Hanche  La pose de prothèse de hanche est une opération qui s’est largement répandue depuis le début du XXIe siècle. Selon la SFCOT (Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique), en 2023, en France, 140 000 actes chirurgicaux concernaient la pose d’une prothèse de hanche.     Dans la grande majorité des cas la prothèse est totale (PTH) ce qui signifie que l’on remplace l’articulation usée par  3 pièces synthétiques : la tige fémorale est insérée dans le fémur, le cotyle est fixé sur la partie iliaque de la hanche et enfin, la tête fémorale assure la liaison entre les deux pièces précédentes. Ces pièces sont en céramique ou en métal )   Indications : Coxarthrose Coxarthrose faisant suite à une fracture de la cotyle Ostéonécrose de la tête fémorale Coxopathies destructrices (tumorale, infectieuse ou rhumatismale) Dysplasie coxo-fémorale arthrosique   Les résultats post-chirurgicaux d’une prothèse de hanches sont très bons, 95% des patients récupèrent une bonne mobilité à la suite de l’opération.   Genou  Prothèse totale de genou Indications :   Arthrose primitive Arthrose secondaire (traumatique, métabolique, endocrinien) Plus rarement : autres pathologies rhumatologiques : goutte, chondrocalcinose (CCA) ; pathologies tumorales   Il existe 3 types de prothèse de genou : Totale (PTG) remplaçant les compartiments externe et interne +/- la rotule aussi Prothèse partielle ne remplaçant qu’un seul compartiment (PUC) Prothèse de rotule   En France, environ 40 000 prothèses de genou sont posées chaque année. Des résultats moins bons que la hanche  : 80% des patients présentent une nette amélioration (douleur et mobilité) après une arthroscopie du genou.   Autres types de prothèses  Les arthroplasties les plus fréquentes sont les prothèses de hanche et de genou, mais il est aujourd’hui possible de mettre des prothèses à toute articulation : épaule, cheville, coude, poignet, disque vertébral. Prothèse d'épaule et prothèse de cheville Ostéopathie et prothèses : Quand consulter un ostéopathe ?   => Avant la chirurgie   Pour se préparer à l’opération  Faire un bilan de l’amplitude articulaire préopératoire Relâcher les tensions musculaires Soulager les douleurs articulaires /musculaires => Après la chirurgie Pour soulager les douleurs post-opératoires   Accélérer la récupération Limiter l’apparition de raideur autour de la prothèse en travaillant sur la mobilité articulaire et les tissus cicatriciels Rétablir un équilibre postural Donner des conseils d’étirements et de renforcements pour accompagner la rééducation manuelle avec un kinésithérapeute

  • Torticolis & plagiocéphalie du nourrisson

    Nouveau né avec un torticolis congénital 1)   Torticolis   a)  Définition et chiffres   Le torticolis congénital est une affection dans laquelle la tête est penchée d’un côté et tournée de l’autre.   C’est une des principales pathologies néonatales avec la dysplasie de hanche et le pied bot.   Selon les chiffres de la HAS, 0,3 à 2% des nouveau-nés présentent un torticolis congénital.   b)    Clinique Les déformations crâniennes positionnelles du nourrisson Il existe trois types de torticolis   Postural Congénital musculaire (TCM) : le plus fréquent Osseux : rare, associé à des malformations congénitales de naissance   N.B : Dans cet article, nous traiterons des deux principales causes, le torticolis osseux n’étant pas du ressort de la thérapie manuelle.   Le torticolis postural apparait suite à une position préférentielle de l’enfant in-utéro et lors de ses premières semaines de vie.   Le TCM est dû à un spasme musculaire par contraction unilatérale du SCOM (Sterno-cléido-occipito-mastoïdien)   Signes : La tête du bébé est en inclinaison et rotation du côté opposé. Le bébé a du mal à tourner sa tête. Le bébé se tourne toujours du même côté.   c) Quels sont les facteurs de risque de Torticolis ?   Primiparité (première grossesse/accouchement) Présentation par le siège Extractions instrumentales Contraintes in-utéro   Quelles sont les conséquences d’un torticolis ?   Divers troubles peuvent apparaître à terme si le torticolis n’est pas pris en charge ou suffisamment tôt, comme :   Une déformation vertébrale Une plagiocéphalie Des problèmes fonctionnels oculaires Une difformité faciale Une plagiocéphalie   Le principal risque à court terme est la plagiocéphalie 2) Plagiocéphalie   a)   Définition et chiffres La plagiocéphalie est une déformation crânienne entrainant un aplatissement de l’arrière et/ou du côté du crâne et une asymétrie crânienne associée. Selon la haute autorité de santé  « HAS », La plagiocéphalie touche 1 quart des bébés   b)    Clinique    Il existe deux formes de plagiocéphalie : par craniosténose et positionnelle :   La plagiocéphalie positionnelle représente environ 98% des cas et est bénigne. Elle se développe chez le nourrisson, pour lequel le crâne est relativement souple et grandit particulièrement vite.   La craniosténose qui n’est pas du ressort de la thérapie manuelle, elle nécessite une prise en charge lourde voire chirurgicale, nous aborderons dans ce paragraphe la plagiocéphalie positionnelle. Source : Association plagiocéphalie, info et soutien. c ) Quels sont les facteurs de risque de plagiocéphalie ?   Macrosome (gros bébé : plus de 4 kgs à la naissance) Primiparité (première grossesse) Grossesse multiple (jumeaux, etc) Mauvaise position intra-utérine Prématurité Accouchement long Utilisation d’instruments / manœuvre lors de l’accouchement Manque de temps d’éveil sur le ventre Manque de stimulation Surutilisation de matériel inadapté (transat, cosy, cocon) Torticolis : TCM et postural   Aucune donnée de la littérature actuelle ne permet de conclure à un lien de causalité entre déformation crânienne positionnelle et retard neurodéveloppemental, troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs, ou vestibulaires. Les conséquences de la plagiocéphalie posturale sont essentiellement esthétiques et posturales. 3) Approche ostéopathique   Le torticolis et la plagiocéphalie sont les motifs principaux motifs de consultation pour les nourrissons   Quand consulter l’ostéopathe ?   Entre 0 et 3 mois : une visite chez l’ostéopathe est recommandée :   En prévention : En prévention. Un bilan chez l’ostéopathe peut être réalisé dès les premiers jours si le bébé présente une limitation de rotation de la tête ou une préférence, voire en cas de doute.     En traitement d’une déformation crânienne (défaut de mobilité, inconfort)   L’ostéopathe fera une anamnèse dans laquelle il posera d’abord des questions sur la grossesse, l’accouchement, les premières semaines de vie de bébé pour comprendre les circonstances d’apparition du torticolis ou de la plagiocéphalie   Puis, après un premier contact visuel avec le bébé, il réalisera un examen complet de l’enfant, testant sa mobilité   Le traitement se fera à l’aide de techniques douces et non invasives, pour améliorer la mobilité du bébé et son confort.   Le nombre de séances varie selon l’âge du bébé, la sévérité des asymétries ainsi que la précocité du diagnostic.     Le traitement d’un TCM se fait dans un cadre pluridisciplinaire entre ostéopathe et Kinésithérapeute. 4) Sources  de l'article ARTICLES Société française de pédiatrie  : Pas à pas en pédiatrie – F. Canavese, M. Rousset (mai 2017) Le torticolis congénital National Library of Medecine : Article de Miriam V Mills (mars 2021) L'utilisation du traitement manipulatif ostéopathique dans la pouponnière et son effet sur la santé au cours des six premiers mois de la vie : une étude observationnelle rétrospective cas-témoins National Library of Medecine : Article de Pawel Posadzki, Bhone Myint Kyaw, Arkadiusz Dziedzic, Edzard Ernst (juillet 2022) Traitement ostéopathique manipulatif pour les affections pédiatriques : mise à jour d'une revue systématique et d'une méta-analyse Haute Autorité de Santé (HAS) – Conseil National de pédiatrie  : Fiche Mémo Février 2020 Prévention des déformations crâniennes positionnelles et mort inattendue du nourrisson National Library of Medecine : Article de Wassia Kessomtini, Wafa Chebbi (juillet 2014) Torticolis musculaire congénital chez l'enfant Haute Autorité de Santé (HAS) – Conseil National de pédiatrie : Communiqué de presse (Mars 2020) Prévenir la plagiocéphalie sans augmenter le risque de mort inattendue du nourrisson Fiche conseil aux parents  OUVRAGES L'ostéopathie et la déformation crânienne de mon bébé de Raymond Solano (novembre 2015) Ostéopathie et déformation crânienne du nourrisson Ostéopathie pédiatrique  de Nicette Sergueef (mars 2019) Ostéopathie pédiatrique L'ostéopathie pédiatrique - Protocole thérapeutique pour le nourrisson et le jeune enfant de de Patrice Tidière (septembre 2016) L'ostéopathie pédiatrique - Protocole thérapeutique pour le nourrisson et le jeune enfant

  • Ostéopathie et névralgie cervico-brachiale (NCB)

    Douleur cervico-brachiale 1)  Définition et épidémiologie La névralgie cervico-brachiale (NCB) est une douleur due à la compression d’une racine nerveuse ou du trajet nerveux lié au rachis cervical inférieur.   Selon une étude réalisée par le International Journal of Environmental Research and Public Health  en 2018, la NCB présente un ratio de 60% de femmes pour 40% d’homme et une tranche d’âge située entre 40 et 50 ans en moyenne. Cette étude montre une prévalence de 15% toute tranche d’âge confondue. 2)  Le plexus brachial Les nerfs du bras La moelle épinière passe à l’intérieur des vertèbres qui la protègent (canal médullaire) et distribue huit racines nerveuses de chaque côté, à chaque étage, qui sortent entre deux vertèbres à chaque fois.   Le plexus brachial est constitué de l’ensemble des  racines nerveuses du membre supérieur  qui sortent de la  moelle épinière  au niveau cervical de la colonne vertébrale. Les nerfs émergent de la colonne vertébrale par une ouverture entre deux vertèbres appelée foramen ou trou de conjugaison. Ces nerfs cheminent du cou jusqu’à la main et innervent les muscles, la peau et les articulations sur leur trajet.    Les racines nerveuses sont nommées selon la vertèbre cervicale   d’où elles émergent : C5, C6, C7, C8 et T1. Les principaux nerfs issus du plexus brachial et innervant le membre supérieur sont : Les nerfs supra scapulaires et axillaires, responsables de la mobilité de l’épaule, Le nerf radial, responsable de l’extension du coude et de la main, Le nerf musculocutané, responsable de la flexion du coude, Le nerf médian, permettant la flexion du poignet et d’une partie des doigts, Le nerf ulnaire, responsable de la flexion d’une partie des doigts et de la mobilité de la main. 3) Clinique et traitement => Les signes Cette pathologie se manifeste par des déficits sensori-moteurs plus ou moins importants et par une douleur cervicale à type « raideur » avec une diminution notable de la mobilité. Elle a un caractère irradiant (sensations de décharges électriques ou coups de jus) suivant un trajet bien précis allant des cervicales jusqu’aux doigts. La symptomatologie est majoritairement unilatérale, c’est-à-dire d’un seul côté. Selon le degré d’atteinte, la douleur peut être d’horaire diurne voire diurne et nocturne détériorant la qualité du sommeil du patient. La symptomatologie peut également s’accompagner de céphalées (maux de tête). => Les causes Deux causes principales correspondent à 95% des étiologies de la névralgie cervico-brachiale : -  L’arthrose cervicale . Elle est à l’origine d’une réduction du diamètre du foramen par lequel les racines nerveuses cervicales sortent du canal médullaire. -  La hernie discale cervicale par protrusion du disque, provoquant la compression de la racine nerveuse. -   D’autres causes rares peuvent être à l’origine d’une NCB dans 5% des cas. Par exemple les fractures vertébrales, tumeur, microtraumatismes au niveau du cou (pratique sportive excessive, position anormale) ou traumatisme type « coup du lapin ». => Le diagnostic Le diagnostic doit être établi par un interrogatoire médical suivi d’un examen clinique (test neurologiques).   Le médecin peut ensuite prescrire des examens complémentaires : Radio , scanner , ou IRM ainsi qu’un  électromyogramme (EMG)  pour confirmer ou infirmer le diagnostic et surtout trouver la cause de l’atteinte. =>  Le traitement Suite au diagnostic médical, le traitement de la NCB varie suivant sa cause et son degré d’atteinte, ainsi que selon la pénibilité des symptômes.  Il peut consister en un traitement anti-inflammatoire et antalgique dans un premier temps.  Une rééducation chez un kiné et un suivi ostéopathique peuvent être proposés.  L’option chirurgicale se fait généralement en dernier recours ou après échec thérapeutique. 4) NCB et Ostéopathie L’ostéopathe est un thérapeute de première intention. Si le diagnostic n’est pas encore effectué il posera lors de l’anamnèse les bonnes questions et réalisera des tests pour orienter le patient vers la bonne prise en charge.   Une fois le diagnostic posé, l ’objectif de l’ostéopathe sera d’aider à retrouver un équilibre global afin que les contraintes soient réparties sur l’ensemble de la région cervicale et brachiale.   L’ostéopathe fera un bilan global mais se focalisera particulièrement sur les régions cervicale, thoracique, du membre supérieur et viscérale.   En fonction de la cause de la NCB, certaines techniques ne sont pas recommandées , notamment le cracking cervical.    Prise en charge pluridisciplinaire : La rééducation avec un kinésithérapeute peut être simultanée au suivi ostéopathique. 5)  Sources de l'article Centre de Chirurgie Ostéo-articulaire et du Sport Névralgie cervico-brachiale Haute autorité de santé : Fiche « Bonnes pratiques » publiée en novembre 2020 Pertinence de l’imagerie cervicale - Cervicalgie non traumatique chez l’adulte National Library of medicine – PanAfrican Medical journal (PAMJ)  : Article publié en octobre 2013 Étude longitudinale de la névralgie cervico-brachiale dans le service de neurologie du CHU Gabriel Touré, Bamako (Mali) Association Maladie de Tarlov - Arachnoïdite - Syringomyélie ((AMTAS) : La névralgie cervico-brachiale Haute autorité de santé : Thèse de Stéphanie Cedard publiée en octobre 2019 Étude de la prise en charge des douleurs neuropathiques en médecine générale : exemple de la névralgie cervico-brachiale   National Library of medicine  : Article publié en septembre 2018. Auteurs Young-Ki Kim, Dongmug Kang, Ilho Lee and Se-Yeong Kim Differences in the Incidence of Symptomatic Cervical and Lumbar Disc Herniation According to Age, Sex and National Health Insurance Eligibility: A Pilot Study on the Disease’s Association with Work

  • Ostéopathie et pathologies respiratoires chroniques : La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)

    Bronchopneumopathie chronique obstructive Les maladies respiratoires chroniques touchent plus de 550 millions d’adultes dans le monde, c’est l’une des principales causes de décès et d’invalidité. Trois pathologies courantes sont abordées dans cette série d’articles : L’Asthme (article précédent) La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) (présent article) L’Apnée du sommeil (article ultérieur) Le système respiratoire 1) Bronchopneumopathie chronique obstructive : Définition et épidémiologi e La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie chronique respiratoire.   Elle appartient « au même titre que l’asthme » à la catégorie des TVO = troubles ventilatoires obstructifs. Elle est définie comme une maladie inflammatoire. Elle touche majoritairement les hommes mais de plus en plus les femmes. La fréquence de cette maladie chez les femmes est passée de 28 pour 10 000 en 2006 à 41 pour 10 000  en 2015.    Selon l’OMS,  la BPCO constitue la troisième cause de mortalité dans le monde. Source : INSERM (juin 2020) 2)  Clinique Le premier symptôme est la dyspnée. La dyspnée est la dénomination scientifique de la gêne respiratoire. Dans le cas de la BPCO, elle survient lors de l’expiration.   Associé à la dyspnée, le second symptôme est la présence de toux chronique. Cette toux s’accompagne fréquemment d’expectorations muqueuses.   Autres symptômes :   Tirage musculaire Fatigue   NB : la BPCO se distingue de la bronchite chronique par son caractère permanent et irréversible. 3)   Facteurs de risque et diagnostic La BPCO est la conséquence de multiples agressions environnementales. Le principal facteur de risque est le tabagisme actif. Le tabagisme passif peut également contribuer aux symptômes respiratoires et à la BPCO en surchargeant les poumons en particules et gaz inhalés. Les autres facteurs de risque comprennent : Les expositions professionnelles à des polluants (environ 15 % des BPCO), La pollution atmosphérique, Des facteurs génétiques.    La pathologie étant très longtemps asymptomatique ou peu symptomatique, cela entraine un diagnostic retardé ou une absence de diagnostic. ·           Un examen, appelé Exploration Fonctionnelle Respiratoire   (EFR ) , permet de détecter l’obstruction des bronches et d’évaluer la sévérité de l’atteinte bronchique. La radio thoracique : elle ne fait pas le diagnostic de BPCO mais permet d’écarter une infection pulmonaire. Une fois le diagnostic posé, quatre stades de la maladie sont identifiés : Source "Formathon" - Congrès de médecine générale 4)  Les poumons Source : Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) L es poumons sont les organes de la respiration. Ils transmettent l’oxygène dans le sang et éliminent le gaz carbonique. L’air inspiré pénètre par la trachée et s’introduit dans les bronches qui se subdivisent en bronches toujours plus petites puis en bronchioles, débouchant dans les alvéoles. Le poumon droit est divisé en trois lobes, supérieur, moyen et inférieur, séparés par une scissure oblique (la grande scissure) et une scissure horizontale (la petite scissure). Le poumon gauche est divisé en deux lobes supérieur et inférieur séparés par la grande scissure qui s’étend de haut en bas, et d’arrière en avant. Le  muscle diaphragmatique  est le muscle le plus important de la respiration. Il se situe dans la partie basse de la  cage thoracique . Cf description de ce muscle dans l’article sur l’asthme. Les contractions musculaires du diaphragme et de la cage thoracique permettent aux poumons de se gonfler et de se dégonfler, par augmentation / diminution du volume de la cage thoracique. 5)  Traitement   La BPCO ne peut pas être guérie mais une prise en charge adaptée permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Cette prise en charge est multidisciplinaire. Elle inclut : Élimination du tabac et de la pollution Vaccination Médicaments  Oxygénothérapie Les médicaments les plus importants pour traiter la BPCO sont les bronchodilatateurs inhalés qui détendent les voies respiratoires pour qu’elles restent dilatées.   6)  Apport de l’ostéopathie   Pour une respiration optimale, la cage thoracique et l’ensemble de ses articulations et muscles doivent fonctionner harmonieusement et être libres de tensions.   L’ostéopathie est une approche holistique qui vise à rétablir l’équilibre et peut contribuer à améliorer les fonctionnalités défaillantes. Concernant la BPCO, toutes les techniques ostéopathiques peuvent s’avérer bénéfiques.   Objectif du traitement ostéopathique : Amélioration de la mobilité thoracique Relâchement des muscles respiratoires (diaphragme et autres) : Les techniques fasciales peuvent aider à réduire la tension musculaire et faciliter la respiration   Une approche multidisciplinaire, incluant l’ostéopathie, permet au patient une prise en charge optimale. L’ostéopathe peut travailler en collaboration avec le kinésithérapeute, médecin généraliste et pneumologue pour un suivi adapté.   Un suivi ostéopathique permet d’améliorer le confort de vie. Sources de l'article INSERM : Article mis à jour en juin 2020. Auteurs : Maurice Hayot (unité Inserm 1046, CHU Arnaud de Villeneuve, Montpellier), Pascal Pomiès (unité Inserm 1046) et Sophie Lanone (unité Inserm 955, Créteil) Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Une toux chronique et un essoufflement à ne pas négliger OMS : Article publié en novembre 2024 Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) Sante publique France : Article mis à jour en juin 2019 BPCO et insuffisance respiratoire chronique HAL Open Science - Institut de Formation en Ostéopathie du Grand Avignon (IFO - GA)  : Mémoire de fin d’études en Ostéopathie de Vanessa Plaisent et Emma Sabatier - soutenu en juin 2021.m Effet sur la fonction pulmonaire de techniques ostéopathiques chez des malades atteints de bronchopathies obstructives : méta-analyse et revue systématique Santé respiratoire France : La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’emphysème Centre Européen d’Enseignement Supérieur en Ostéopathie (CEESO) : Article de Samia YOUSSEF MARGONTIER publié en juin 2017 et extrait de son mémoire de fin d'étude présenté en avril 2015 Impact de la prise en charge ostéopathique sur les paramètres respiratoires chez les patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) - Étude expérimentale OSTEOPEDIA : Article de Maiwen Habchi mis à jour le 14/03/2023 Efficacité du traitement ostéopathique chez les patients avec bronchopneumopathie chronique obstructive stable de modérée à sévère : une étude pilote randomisée et contrôlée

  • Douleur au talon ? Aponévrosite plantaire et épine calcanéenne

    1.  Douleur au talon : et si c’était une aponévrosite plantaire ?   L’aponévrosite plantaire, souvent associée à la formation d’une épine calcanéenne, est une cause fréquente de douleur du talon chez l’adulte. Cette affection touche particulièrement les personnes actives, les sportifs, ainsi que celles soumises à des contraintes mécaniques prolongées. Sa prise en charge repose sur une analyse fine des mécanismes biomécaniques et tissulaires impliqués. Dans ce contexte, l’ostéopathie peut représenter un complément de soin pertinent.   2. Qu’est-ce que l’aponévrosite plantaire et l’épine calcanéenne ? L’aponévrosite plantaire  correspond à une inflammation - ou, plus précisément à une dégénérescence - de l’aponévrose plantaire. Cette dernière est une structure fibreuse épaisse qui assure la liaison entre le calcanéum (l'os du talon) et la base des orteils (têtes métatarsiennes). L’épine calcanéenne , quant à elle, est une excroissance osseuse qui se forme au point d'ancrage de l'aponévrose sur le calcanéum. Elle est souvent visible à l’imagerie, mais sa présence ne s’accompagne pas toujours de symptômes.   Source : Merck Manuals   Aponévrosite plantaire : facteurs de risque et populations touchées L’aponévrosite plantaire constitue la principale cause de douleurs au talon (talalgies) chez l’adulte. Elle est à l’origine d’environ 10 % des consultations pour des pathologies du pied. Elle concerne entre 4 % et 7 % de la population générale, et l’on estime qu’une personne sur dix y sera confrontée au cours de sa vie. Elle touche plus particulièrement les adultes en période d’activité. L’épine calcanéenne , quant à elle, est mise en évidence à l’imagerie chez 10 % à 30 % de la population générale, et jusqu’à 50 % des patients atteints d’aponévrosite plantaire chronique.   Analyse démographique : L'effet de l'âge et du genre Tranche d'âge : L’aponévrosite plantaire atteint surtout les adultes âgés de 40 à 60 ans. Sa fréquence augmente avec l’âge, en raison de la diminution d'élasticité des tissus et de l'accumulation des contraintes mécaniques subies par le pied. Elle est rare chez l’enfant et l’adolescent, sauf en cas de pratique sportive intensive. Genre : Les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes, une différence qui pourrait s’expliquer par des facteurs hormonaux, le port de chaussures inadaptées (talons hauts, semelles trop fines) ou des particularités biomécaniques propres à la morphologie féminine.   L'influence du mode de vie : Travail et sport Facteurs professionnels Certaines activités professionnelles exposent davantage au risque d’aponévrosite plantaire, notamment : Les métiers qui imposent une station debout prolongée (enseignants, personnels soignants, commerçants) Les professions nécessitant des piétinements répétés ou le port de charges lourdes Les environnements de travail sur sols durs, notamment dans les secteurs de l’industrie ou de la restauration. Facteurs sportifs Sur le plan sportif, l’aponévrosite plantaire est fréquente : Chez les coureurs où elle représente 10 à 15 % des blessures liées à la course Dans les sports avec impacts répétés (basketball, football, handball, volleyball, danse…) Dans les disciplines qui impliquent des changements rapides de direction.   Les erreurs d’entraînement comme une augmentation trop brutale du volume ou de l’intensité  des efforts, constituent par ailleurs un facteur de risque majeur.   Autres facteurs de risque : qu’est-ce qui aggrave la situation ?  Plusieurs éléments peuvent augmenter significativement le risque de développer une aponévrosite plantaire. Parmi eux  : Le surpoids et l’obésité, qui augmentent les contraintes mécaniques exercées sur le pied. La morphologie du pied : Un pied trop plat ou trop creux modifie la répartition des pressions. La biomécanique :  Une rétraction du triceps sural (mollet trop court) tire sur la chaîne postérieure et met l'aponévrose sous tension. Le diabète et certaines pathologies métaboliques Une reprise d'activité physique trop violente après une longue période de sédentarité. Évolution et pronostic Si la majorité des cas connaissent une issue favorable en 6 à 18 mois grâce à une prise en charge adaptée, la vigilance reste de mise : Chronicité : Environ 10 % des patients voient leurs douleurs persister au-delà de 6 mois. Récidives : Le risque de rechute est élevé si les facteurs déclenchants (chaussage, surpoids, défaut technique) ne sont pas corrigés durablement.   Aponévrosite plantaire : Comprendre le passage de la contrainte mécanique à la douleur Source : Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry L’aponévrosite plantaire est le plus souvent la conséquence de microtraumatismes répétés au niveau de l’insertion de l’aponévrose sur le talon. Ce stress mécanique provoque : Une désorganisation structurelle : les fibres de collagène perdent leur alignement naturel. Une fasciopathie : on observe une dégénérescence du tissu plutôt qu' une inflammation. Une fragilisation : les capacités naturelles de réparation tissulaire diminuent. À long terme, cette traction excessive sur l’aponévrose peut irriter l'os au niveau du calcanéum et favoriser l'apparition d'une épine calcanéenne.   Plusieurs déséquilibres biomécaniques entrent en jeu dans l’apparition et l’entretien de la pathologie : Une hyperpronation (le pied qui s'affaisse vers l'intérieur) Une raideur du tendon d'Achille Des dysfonctions de la chaîne musculaire postérieure (mollets (triceps sural), tendon d’Achille, ischio-jambiers, muscles fessiers, muscles du dos) Des troubles de la statique globale du corps : mauvais alignement du corps (pieds, genoux, bassin, colonne vertébrale), entraînant une répartition inégale des appuis au sol et une surcharge anormale sur certaines zones du pied, notamment l’aponévrose plantaire   Reconnaître les signes cliniques de l’aponévrosite Plantaire L’aponévrosite plantaire se manifeste par des signes cliniques caractéristiques, qui permettent généralement d’orienter rapidement le diagnostic. Les patients décrivent le plus souvent : Une douleur sous le pied, localisée au niveau du talon, souvent ressentie comme un clou ou une brûlure Une douleur particulièrement intense lors des premiers pas du matin ou après une position assise prolongée (on parle de douleur de démarrage) Une douleur qui s'atténue parfois après quelques pas (échauffement) pour revenir de plus belle après une activité prolongée. Une sensibilité marquée à la palpation de la zone d’insertion de l’aponévrose sur le calcanéum.   Il est important de noter que la présence d’une épine calcanéenne n’augmente pas nécessairement l’intensité des douleurs. Elle constitue davantage un indicateur d’ancienneté du trouble qu’un facteur aggravant en soi. Prise en charge de l’aponévrosite plantaire : des traitements principalement conservateurs La prise en charge de l’aponévrosite plantaire repose avant tout sur des traitements conservateurs, dans une approche multidisciplinaire. Les mesures médico-rééducatives incluent : Une mise au repos relatif associé à une adaptation des activités physiques des étirements réguliers de l’aponévrose plantaire et du tendon d’Achille des séances de physiothérapie telles que les ondes de choc ou les ultrasons. Le port d’orthèses plantaires (semelles) pour corriger les appuis La prescription d’anti-inflammatoires, dont l’efficacité reste limitée dans les formes chroniques. Exercices proposés par Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry En complément, certaines techniques peuvent être associées pour optimiser la récupération comme : les massages profonds pour détendre les tissus, la cryothérapie pour réduire l’inflammation les exercices de renforcement musculaire et de proprioception pour stabiliser le pied permettent d’optimiser la récupération.   Source : Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry Dans les cas rares où ces mesures ne suffisent pas, des infiltrations ou une intervention chirurgicale peuvent être envisagées mais elles restent exceptionnelles. Pourquoi consulter un ostéopathe pour une aponévrosite plantaire ? L’ostéopathie s’inscrit particulièrement bien dans la prise en charge de l’aponévrosite plantaire grâce à son approche globale et fonctionnelle, adaptée aux troubles multifactoriels. L’objectif du traitement ostéopathique est de : Diminuer les contraintes mécaniques exercées sur l’aponévrose plantaire Restaurer la mobilité des structures impliquées (notamment le pied, la cheville et le calcanéum) Rééquilibrer les chaînes musculo-fasciales (en agissant sur les tensions des mollets, des ischio-jambiers et du bassin). Pour atteindre ces objectifs, différentes techniques peuvent être utilisées : Travail myofascial sur l’aponévrose plantaire et la chaine postérieure Mobilisation du pied, de la cheville et du calcanéum Travail sur le tendon d’Achille et les muscles du mollet Interventions sur les structures à distance, comme le bassin, le genou ou le rachis.   Sur le plan clinique, cette approche permet généralemen t : Une diminution significative des douleurs Une amélioration de la fonction et de la mobilité du pied L’ostéopathie s’intègre efficacement dans une prise en charge globale, en complément des traitements médicaux et rééducatifs.  Sources de l'article National Library of Medicine - StatPearls  : Article publié en Janvier 2024. Auteurs : Benjamin K. Buchanan; Reddog E. Sina ; Donald Kushner. Plantar Fasciitis (Fasciite plantaire) Cureus Journal of Medical Science  : Article publié en décembre 2023. Auteurs : Shiva Sajja, Nubaha Elahi, Latha Ganti Plantar Fasciitis With a Calcaneal Spur (Fasciite plantaire avec un éperon calcané) Revue Médicale Suisse : Article publié en janvier 2014. Auteur : Thierry Fulpius Talalgies (aponévrosite plantaire) : comment les prendre en charge ? Université Aix Marseille  : Mémoire de Diplôme d'État de Masseur-Kinésithérapeute soutenu par Nathanaël Balique en 2020. Efficacité de la thérapie par ondes de choc dans la prise en charge de la douleur chez les patients atteints de fasciite plantaire chronique Haute Autorité de Santé (HAS) : rapport publié en avril 2018 Evaluation des orthèses plantaires et des coques talonnières

  • La course à pied abime-t-elle les genoux ?

    Analyse scientifique, biomécanique,  et approche ostéopathique 1.  Course à pied et arthrose du genou : Idées reçues vs données scientifiques.   La course à pied est l’une des activités physiques les plus pratiquées au monde en raison de son accessibilité, de ses bénéfices cardiovasculaires et de sa simplicité de mise en œuvre. Malgré ces avantages reconnus, une croyance tenace persiste : courir serait néfaste pour les genoux et favoriserait le développement de l’arthrose.   Cette croyance repose principalement sur l’hypothèse selon laquelle les impacts répétés lors de la course entraineraient, à long terme, une usure progressive du cartilage articulaire. Les travaux scientifiques sur le sujet menés au cours des dernières décennies nuancent fortement cette hypothèse. Plusieurs études montrent que la course à pied pratiquée de manière récréative n’augmente pas le risque de développer une arthrose du genou et pourrait même exercer un effet protecteur sur la santé articulaire du genou. L’objectif de cet article est d’analyser cette question à la lumière des connaissances actuelles en physiologie, en biomécanique et en ostéopathie. Nous aborderons notamment : La physiologie et la biomécanique du genou pendant la course à pied . Les résultats des études scientifiques sur le lien entre course à pied et arthrose. Le rôle clé du renforcement musculaire dans la prévention des blessures. L’intérêt de l’approche ostéopathique dans la prise en charge du coureur. Anatomie fonctionnelle du genou lors de la course à pied. A) Une architecture articulaire sophistiquée Source : Institut Audomarois de Chirurgie Orthopédique et du Sport Le genou est une articulation synoviale complexe formée de trois articulations : L’articulation fémoro-tibiale médiale (entre le fémur et le tibia, côté interne) L’articulation fémoro-tibiale latérale (entre le fémur et le tibia, côté externe) L’articulation fémoro-patellaire (entre le fémur et la rotule).   Ses principaux constituants sont : Les surfaces cartilagineuses recouvrant le fémur, le tibia et la patella (rotule) Les ménisques (interne et externe) Le complexe ligamentaire : incluant les ligaments croisés : antérieur (LCA ) et postérieur (LCP) les ligaments latéraux : latéral externe (LLE) et latéral interne (LLI). La capsule articulaire qui enveloppe l'ensemble Le cartilage articulaire mérite une attention particulière. C’est un tissu spécialisé composé de chondrocytes baignant dans une matrice extracellulaire riche en collagène et en protéoglycanes. Sa fonction est double : répartir harmonieusement les contraintes mécaniques au sein de l’articulation et réduire les frottements entre les surfaces osseuses. Sa particularité biologique réside dans son absence de vascularisation directe. Il ne peut se nourrir que par un processus de diffusion, activé par les phases alternées de compression et de décompression que génère le mouvement. B- Contraintes biomécaniques pendant la course Déroulé du pas en course à pied Lors de la course à pied, à chaque impact, les forces exercées sur le genou peuvent atteindre deux à trois fois le poids du corps. Une charge qui varie selon la technique de course et la vitesse de déplacement.   Le déroulé du pas, et plus précisément la phase d'appui, comporte trois moments clés : Le contact initial : le pied se pose au sol tandis que la jambe libre effectue un mouvement talon‑fesse. L’absorption de l’impact : le corps amortit le choc grâce à l’action coordonnée des articulations du pied, du genou et de la hanche, ainsi que des muscles associés. La jambe libre passe de l’arrière vers l’avant. La propulsion permettant la progression : l’impulsion se fait généralement sur le gros orteil ; le mouvement talon‑fesse se transforme en lever de genou. La suspension : aucune jambe n’est en contact avec le sol et la jambe libre redescend pour préparer le prochain contact au sol. Dans ce processus, plusieurs structures anatomiques participent à l’absorption et à la répartition des contraintes mécaniques : Les muscles quadriceps, ischio-jambiers, triceps sural : ils contrôlent le mouvement du genou et absorbent une partie des impacts. Les tendons : qui emmagasinent l'énergie à l'impact pour la restituer lors de la propulsion. Les ménisques : répartiteurs de charge qui augmentent la surface de contact entre le fémur et le tibia et uniformisent les pressions sur l'articulation. Le cartilage : surface de glissement qui protège les surfaces osseuses. Il agit comme un coussinet déformable absorbant les chocs.   Un aspect méconnu : le stress bénéfique   Il faut dépasser la vision uniquement négative de ces contraintes. Loin de n'être qu'agressives, elles jouent un rôle dans l’adaptation biologique des tissus. En effet, selon un processus appelé mécanotransduction, l'os et le cartilage, soumis à des contraintes mesurées, répondent positivement en stimulant : la synthèse de collagène l’augmentation de la densité osseuse l’activité métabolique du cartilage. La course à pied favorise-t-elle l’arthrose du genou ?   A)   L'arthrose : une pathologie aux causes multiples L’arthrose est une affection dégénérative de l’articulation qui se manifeste par trois phénomènes majeurs : Une dégradation progressive du cartilage articulaire Une modification de l'os situé sous le cartilage (os sous-chondral) Une inflammation chronique au sein de l’articulation.    Plusieurs facteurs peuvent favoriser son apparition, notamment : L’âge (usure naturelle) Le surpoids (qui augmente les contraintes mécaniques) Les traumatismes articulaires ( entorses , fractures) Certaines anomalies biomécaniques (mauvais alignement des membres inférieurs, déséquilibres musculaires) La prédisposition génétique. B)   Ce que révèlent les études scientifiques La question des liens entre l’activité physique, en particulier la course à pied, et le développement de l’arthrose fait l’objet de débats scientifiques depuis de nombreuses années. Les données scientifiques contemporaines bousculent les idées reçues. Une étude menée dans le cadre de "l’Osteoarthritis Initiative" portant sur 2637 participants a montré que la pratique de la course à pied récréative n’était pas associée à une augmentation du risque d’arthrose symptomatique du genou ( source ). Une méta-analyse ayant compilé les données de plus de 125 000 individus a révélé des taux de présence d’arthrose variables selon le niveau de pratique : 3,5 % de cas chez les coureurs de loisir 10,2 % de cas chez les personnes sédentaires 13,3 % de cas chez les coureurs professionnels Ces résultats suggèrent qu'une pratique modérée et régulière de la course à pied pourrait avoir un effet protecteur sur l’articulation du genou tandis que la sédentarité ou la sursollicitation augmentent les risques. ( source ) Une revue systématique récente aboutit à des conclusions similaires : non seulement la course à pied n'aggrave pas les signes d’arthrose visibles à la radiographie, mais elle pourrait même contribuer à atténuer les douleurs articulaires. ( source )   C)   La résilience du cartilage face à l'effort   Grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), les chercheurs ont pu observer le comportement du cartilage en temps réel : Immédiatement après l’effort de course à pied, le cartilage subit une compression transitoire, avec une diminution de volume de 3 à 4%. Mais ce phénomène est réversible. En l'espace de 48 heures, le cartilage retrouve son aspect initial. Ces observations indiquent que le cartilage n'est pas une structure inerte, mais un tissu doté d'une importante capacité d'adaptation face aux contraintes mécaniques. ( source ) Les blessures les plus courantes chez le pratiquant de la course à pied Si la course à pied n'est pas la cause directe de l'arthrose, elle n'en demeure pas moins une activité exigeante associée à certaines pathologies spécifiques. Les blessures fréquemment rencontrées chez le coureur comprennent : Le syndrome fémoro-patellaire  qui se manifeste par une douleur autour ou sous la rotule. Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale , plus connu sous le nom de « syndrome de l'essuie-glace », caractérisé par une douleur sur le côté externe du genou La tendinopathie rotulienne :  une inflammation du tendon situé sous la rotule. Les syndromes de surcharge , liés à une sollicitation excessive des structures articulaires : l’effort dépasse la capacité de récupération du corps.   L'origine de ces blessures est généralement attribuable à trois facteurs principaux :  Une augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité de l’entraînement, ne laissant pas le temps aux tissus de s'adapter Des déséquilibres musculaires (faiblesse ou raideur localisée) affectant la répartition harmonieuse des contraintes Des anomalies ou altérations biomécaniques du membre inférieur (mauvaise posture, appui déséquilibré) perturbant le déroulé optimal du mouvement. En résumé  : Les blessures de course à pied sont majoritairement des blessures de surutilisation, c'est-à-dire liées à une répétition excessive de contraintes plutôt qu'à un traumatisme unique.   Le renforcement musculaire : le bouclier du coureur Le renforcement musculaire joue un rôle central dans la prévention des blessures chez le coureur. Il assure une stabilisation dynamique, réduit les contraintes articulaires et affine le contrôle neuromusculaire.   A)   La stabilisation du genou : une affaire de coordination musculaire     Plusieurs groupes musculaires sont impliqués dans la stabilité de l'articulation du genou : Les quadriceps, à l'avant de la cuisse (droit fémoral, vaste médial, vaste latéral et vaste intermédiaire) Les ischio-jambiers, à l'arrière de la cuisse (biceps fémoral, semi-membraneux, semi-tendineux) Le muscle poplité Les muscles de la patte d'oie (sartorius, gracile, semi-tendineux) Le triceps sural, muscle du mollet (gastrocnémien médial, gastrocnémien latéral, soléaire) Les muscles fessiers notamment le moyen fessier Le tenseur du Fascia Lata (TFL)   via la bandelette ilio-tibiale.   L’action coordonnée de ces muscles remplit trois fonctions essentielles : Assurer la stabilisation dynamique du genou pendant la course Réduire les contraintes exercées sur les structures articulaires en absorbant une partie des chocs. Affiner le contrôle neuromusculaire lors de la course, c'est-à-dire la précision avec laquelle le système nerveux commande la contraction musculaire.   a)   Le quadriceps gardien de la rotule Le quadriceps joue un rôle majeur dans le maintien d'une position correcte de la rotule et le bon fonctionnement de l’articulation fémoro-patellaire.  Plus précisément, c'est l'un de ses chefs musculaires, le vaste médial (situé sur la partie interne de la cuisse), qui assure cette fonction stabilisatrice. Un affaiblissement du vaste médial (partie interne du quadriceps) peut favoriser l'apparition de deux pathologies fréquentes : Le syndrome fémoro-patellaire (douleur à l’avant du genou) L’apparition de douleurs localisées sur la face antérieure du genou Dans ce contexte, le renforcement excentrique du quadriceps (c'est-à-dire son renforcement en phase d'allongement sous tension) est particulièrement intéressant pour améliorer la capacité du muscle à absorber les chocs lors de la réception au sol.   b)   La hanche, tour de contrôle du genou Source : NeuroXtrain On l'oublie souvent, mais la santé du genou dépend de la force de la hanche. La faiblesse des muscles fessiers, et plus particulièrement du moyen fessier, est fréquemment incriminée dans la survenue des blessures lors de la course à pied. Ce déficit musculaire peut entraîner trois conséquences biomécaniques néfastes : Un affaissement du bassin du côté opposé à la jambe d'appui (chute du bassin) Un rapprochement du genou vers l'intérieur lors de la phase d'appui (valgus dynamique) Une augmentation des contraintes exercées sur l’articulation fémoro-patellaire Le renforcement des abducteurs de hanche (muscle qui éloigne un membre de l'axe du corps) contribue donc à améliorer l’alignement du membre inférieur et à réduire les contraintes exercées sur le genou.   6.  L’ostéopathie au service du coureur    L’ostéopathie peut jouer un rôle bénéfique dans la prévention et la prise en charge des douleurs du genou chez le coureur. Elle s’appuie sur une approche fonctionnelle globale du corps, considérant que les différentes structures musculosquelettiques sont interdépendantes : Une douleur du genou peut ainsi être favorisée par des dysfonctions situées à distance, notamment au niveau : Du pied ou de la cheville (raideurs, pronation excessive) Du bassin (blocages, déséquilibres posturaux) De la colonne vertébrale (restrictions lombaires ou sacrées) Une limitation de mobilité dans l’une de ces zones peut modifier la biomécanique de course et augmenter les contraintes appliquées sur le genou.   A)   Dysfonctions fréquemment observées chez le coureur   Chez les coureurs, certaines altérations fonctionnelles sont régulièrement rencontrées, telles que : Une limitation de la mobilité de la cheville, entravant le déroulé du pas Une hypomobilité du bassin, altérant l’équilibre du bassin et des membres inférieurs Des déséquilibres myofasciaux (tensions anormales dans les chaînes musculaires) Des restrictions de la chaîne musculaire postérieure (ischio-jambiers, fascias lombaires), perturbant la fluidité du mouvement. Ces dysfonctionnements peuvent perturber l’efficacité mécanique du mouvement et exposer le genou à des contraintes excessives ou mal orientées.   B)   Objectifs et modalités du traitement ostéopathique Le travail ostéopathique poursuit quatre objectifs complémentaires : Améliorer la mobilité articulaire des zones restrictives (cheville, bassin, colonne) Réduire les tensions musculaires et fasciales Optimiser la biomécanique globale du corps en mouvement Favoriser les processus naturels de récupération après l’effort. Pour y parvenir, le praticien utilise différentes techniques : Techniques myofasciales : travail sur les tensions des tissus conjonctifs Techniques articulaires : mobilisations douces pour restaurer l’amplitude des articulations Techniques fonctionnelles : correction des déséquilibres par des mouvements physiologiques.   7.  Conclusion La course à pied est une activité bénéfique pourvu qu'elle soit pratiquée avec progressivité, associée à un travail de préparation physique adapté au coureur et lorsque nécessaire, accompagnée d'un regard ostéopathique attentif. Idéalement l’ostéopathie s’inscrit dans une stratégie pluridisciplinaire, incluant : Une adaptation raisonnée des charges d'entraînement (progression, récupération) ; Un renforcement musculaire ciblé (hanche, quadriceps, tronc) ; Une amélioration de la technique de course (foulée, appuis). 8. Sources de l'article National Library of Medicine - The Orthopaedic Journal of Sports Medicine  : article publié en mars 2023. Auteurs : Jaydeep Dhillon, Matthew J Kraeutler, John W Belk, Anthony J Scillia, Eric C McCarty, Jeremy K Ansah-Twum, Patrick C McCulloch Effects of Running on the Development of Knee Osteoarthritis: An Updated Systematic Review at Short-Term Follow-up (Effets de la course à pied sur le développement de l’arthrose du genou : une revue systématique mise à jour lors d’un suivi à court terme) Houston Methodist - Orthopedics & Sports Medicine  : Article paru en septembre 2023. Auteur : Eden McCleskey Knee Osteoarthritis and Running: Is There a Connection or Does the Sport Get a Bad Rap? (Arthrose du genou et course à pied : y a-t-il un lien ou ce sport a-t-il mauvaise réputation ?) American college of Rheumatology  : Article paru en février 2017. Auteurs : Grace H Lo, Jeffrey B Driban, Andrea M Kriska, Timothy E McAlindon, Richard B Souza, Nancy J Petersen, Kristi L Storti, Charles B Eaton, Marc C Hochberg, Rebecca D Jackson, C Kent Kwoh, Michael C Nevitt, Maria E Suarez-Almazor Is There an Association Between a History of Running and Symptomatic Knee Osteoarthritis? A Cross-Sectional Study From the Osteoarthritis Initiative (Existe-t-il un lien entre des antécédents de course et une arthrose symptomatique du genou ? Une étude transversale de l’Initiative pour l’arthrose) Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy (JOSPT)  :  Article paru en juin 2017. Auteurs : Eduard Alentorn-Geli, Kristian Samuelsson, Volker Musahl, Cynthia L Green, Mohit Bhandari, Jón Karlsson The Association of Recreational and Competitive Running With Hip and Knee Osteoarthritis: A Systematic Review and Meta-analysis (L’association de la course récréative et compétitive avec l’arthrose de la hanche et du genou : une revue systématique et une méta-analyse) Osteoarthritis and Cartilage  : Article paru en février 2023 (Volume 31, No 2). Auteurs : S.L. Coburn, K.M. Crossley,, J.L. Kemp, S.J. Warden, T.J. West, A.M. Bruder, B.F. Mentiplay, A.G. Culvenor. Is running good or bad for your knees? A systematic review and meta-analysis of cartilage morphology and composition changes in the tibiofemoral and patellofemoral joints (Courir est-il bon ou mauvais pour vos genoux ? Une revue systématique et une méta-analyse de la morphologie du cartilage et des changements de composition dans les articulations tibiofémorales et patellofémorales). Clinical Journal of Sport Medicine  : Article publié en 2002. Auteurs : Michael Fredericson and Christopher M. Powers Practical Management of Patellofemoral Pain (Prise en charge pratique du syndrome douloureux fémoro-patellaire) Sports Med  : Article publié en janvier 2022. Auteurs : Michaela C. M. Khan, James O’Donovan, Jesse M. Charlton, Jean-Sébastien Roy, Michael A. Hunt & Jean-François Esculier The Influence of Running on Lower Limb Cartilage: A Systematic Review and Meta-analysis (L’influence du running sur le cartilage des membres inférieurs : une revue systématique et une méta-analyse) MD Edge  : Article publié en février 2023. Auteur Bianca Nogrady Running does not cause lasting cartilage damage (La course ne cause pas de dommages durables au cartilage) Top Forme  : Auteur : Blaise Dubois physiothérapeute, fondateur de La Clinique du coureur Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale Article paru en 2020 Le syndrome fémoro-patellaire Article paru en 2021

bottom of page