Ostéopathie et spondylarthrite ankylosante
- DB RV
- 7 août 2025
- 3 min de lecture

1) Définition et épidémiologie
La spondylarthrite ankylosante, également appelée SPA, est une forme de spondylarthrite correspondant à une inflammation chronique des articulations caractérisée par une atteinte du rachis et du bassin.
Parmi les différentes formes de spondylarthrites existantes, la SPA est de loin la forme la plus typique mais aussi la plus sévère.
Cette maladie touche majoritairement les hommes, avec un ratio de 3 hommes pour une femme et le début des signes survient généralement avant 35 ans.
En France, la SPA touche environ 180 000 personnes, soit 0,3 % de la population.
2) Symptômes de la spondylarthrite ankylosante

La SPA se manifeste par des crises/poussées inflammatoires douloureuses pelvi-rachidiennes notamment localisées au niveau du bassin, des hanches et de la colonne vertébrale. Mais elle peut également provoquer des douleurs aux talons (talagie). Ces douleurs étant inflammatoires sont souvent accrues en fin de journée et durant la nuit.
Les crises sont espacées de périodes d’accalmie ou de rémission.
Cette affection également un dérouillage matinal long (supérieur à 30 minutes).
À terme, elle évolue vers la présence d’une raideur articulaire des zones lésées.
Des manifestations extra-rachidiennes sont possibles par exemple l’uvéite antérieure aigüe qui est une inflammation de l’œil. Celle-ci se produit chez 10 à 30% des patients.
D’autres symptômes comme des troubles digestifs peuvent se présenter chez certains patients.
3) Facteurs favorisants la SPA
Les causes de la SPA restent aujourd’hui inconnues, mais les recherches ont détecté plusieurs facteurs favorisants.
Terrain génétique :
80 à 90 % des patients qui souffrent de spondylarthrite ankylosante sont porteurs du gène HLA B27 (Human Leucocyte Antigène), présent chez 7 à 8 % des Français.
Dérèglement du système immunitaire
Facteur environnemental
Le tabagisme est associé, selon les récentes études, à une apparition plus précoce et une évolution moins favorable de la maladie
4) Diagnostic de la SPA
Le diagnostic de la spondylarthrite ankylosante se base sur la symptomatologie, les antécédents familiaux du trouble et les radiographies de la colonne vertébrale, du bassin et des articulations touchées.
Des analyses de sang sont effectuées à la recherche de deux marqueurs d’inflammation. Le premier va déterminer la vitesse de sédimentation (VS), un examen mesurant la vitesse à laquelle les globules rouges se déposent au fond d’une éprouvette de sang, et le second est le taux de protéine C-réactive, ces deux mesures n’indiquent en revanche pas la sévérité du trouble.
Les analyses recherchent également le gène HLA-B27, la présence de ce gène augmente le risque de spondylarthrite ankylosante, mais ne confirme pas le diagnostic.
Les examens d’imagerie permettent de mettre en évidence les lésions au niveau du bassin et du rachis. Mais chez certaines personnes, la sacro-illite n’est pas visible à la radiographie, elle peut dans ce cas être détectée par IRM.
5) Traitement et évolution
Selon la HAS, la prise en charge de la SPA doit être pluridisciplinaire, précoce et adaptée à l’inflammation.
Généralement, le traitement médicamenteux de référence est la prescription d’antalgiques ainsi que d’anti-inflammatoires (AINS)
Méthotrexate et corticoïdes sont utilisés en seconde intention ou en cas de contre-indication aux AINS.
Outre le traitement médicamenteux, les patients atteints de SPA sont fréquemment orientés vers une rééducation longue du rachis et du bassin. Ils peuvent être, dans cette optique, suivis par un kinésithérapeute pendant plusieurs années.
Les cures thermales, ou balnéothérapies, sont le sujet de nombreuses études récentes et plus anciennes et montrent des effets bénéfiques à court terme.
6) Apport de l’ostéopathie
L’ostéopathie, de par son approche holistique, est complémentaire à la prise en charge médicale et apporte un soulagement des douleurs chez les patients souffrant de SPA.
En utilisant des techniques douces de mobilisation et de relâchement tissulaire, elle aide à gagner en mobilité et souplesse et permet au corps de retrouver un équilibre global ce qui contribue à améliorer la qualité de vie des patients.
7) Sources de l'article
Manuel MSD : Avril 2025. Auteur : ParKinanah Yaseen, MD, Cleveland Clinic
L’assurance maladie : Article publié en février 2025
Haute Autorité de Santé : Synthèse des recommandations professionnelles (déc 2008)
Portail HAL Dumas – Faculté de pharmacie Aix-Marseille : Thèse Cyril YAICI (novembre 2021)
Université Paris-Saclay, UVSQ, Inserm, UMR 1173 : Auteurs Bilade Cherqaoui, Frédéric Crémazy, Christophe Hue, Henri-Jean Garchon, Maxime Breban, Félicie Costantino
Haute Autorité de Santé (HAS) : Recommandations professionnelles (décembre 2008)


