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Ostéopathie et névralgie d’Arnold

  • Photo du rédacteur: DB RV
    DB RV
  • 21 août 2025
  • 4 min de lecture
Névralgie d’Arnold
Source : Clinique La Migraine - Laval

1) Définition et épidémiologie

 

La névralgie d’Arnold est une affection neurologique caractérisée par la compression ou l'irritation du nerf grand occipital.   

La névralgie d’Arnold tient son nom du professeur Friedrich Arnold de l’université d’Heidelberg, qui l’a découverte en 1834.

La névralgie d’Arnold est une pathologie dont le diagnostic est souvent complexe et tardif, en conséquence, nous ne connaissons pas son incidence dans la population générale. Cependant, selon une étude de Jean-Marc Ziza & al. (2013), elle représenterait 8,7 % des névralgies ayant une origine cervicale.


2) Le nerf d’Arnold

le nerf d'Arnold
Source : Gray's Anatomy page 800

Le nerf grand occipital, aussi appelé nerf d’Arnold, est un nerf de la région cervicale. Il correspond à la branche postérieure du deuxième nerf cervical. Ce nerf est une paire, séparée au milieu par le rachis cervical à son origine.

 

Lors de son trajet il remonte jusqu’au vertex, qui correspond au sommet du crâne.

 

Ce nerf est moteur pour les muscles profonds du cou, parmi lesquels le grand oblique, splénius, longissimus et semi-épineux. Leur contraction permet les mouvements d’inclinaison, d’extension et de rotation de la tête.

 

Ce nerf est également sensitif pour la région occipitale, sus orbitaire, frontale, pariétale, les méninges occipitales ainsi que la face postérieure du pavillon de l’oreille.

 

3) Causes de la névralgie d’Arnold

 

La névralgie d’Arnold se déclenche suite à une compression de la racine de ce nerf. Cette compression peut être d’origine :

 

  • Traumatique (whiplash, entorse, luxation, fracture cervicale)

  • Musculaire  (contracture des sous-occipitaux, trapèze

  • Articulaire : syndrome facettaire, arthrose, hernie discale

  • Post chirurgicale (chirurgie crânienne, de la face ou mandibulaire)

 

4) Signes cliniques

 

Ce qui distingue la névralgie d’Arnold de la cervicalgie commune est l’intensité des douleurs, à type et la présence de violentes céphalées associées.

 

Parmi les symptômes on retrouve :

  • Douleurs à type de décharges électriques

  • Localisation occipitale et sous-occipitale irradiant jusqu’au vertex par un trajet précis (unilatérale)

  • Évolution par crises de quelques minutes déclenchées par les mouvements de tête

  • Fond de douleurs paresthésitique/ brûlure

  • Céphalées en hémi-casque

  • Hypersensibilité du cuir chevelu

  • Il peut y avoir parfois des vertiges associés

 

5) Névralgie d’Arnold : Diagnostic

 

La névralgie d’Arnold est une pathologie difficile à diagnostiquer, et souvent confondue avec d’autres pathologies. Le diagnostic a souvent lieu tardivement.

  

Le diagnostic se fait d’abord par un examen clinique et neurologique. Le médecin évalue la motricité et la sensibilité de la tête et du rachis cervical. Il peut également réaliser une prise de tension.

 

Les examens complémentaires ne sont pas systématiquement indiqués car non essentiels au diagnostic. Le scanner et l’IRM peuvent cependant permettre d’exclure d’autres pathologies avec des symptômes similaires comme les céphalées due à l’hypertension, les algies vasculaires de la face ou encore la présence de lésion cérébrale.

 

6) Soulager la névralgie d’Arnold

 

Le traitement de la névralgie d’Arnold ne fait pas l’objet d’un consensus médical.

 

Actuellement le traitement consiste à soulager les symptômes :

 

  • Médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires, myorelaxants)

  • Poche de chaud

  • Automassage

  • Étirements et mobilisation

  • Infiltration de corticoïde ou toxine botulique

 

Le patient peut également avoir recours à des séances de kinésithérapie qui permettront de renforcer progressivement les muscles cervicaux.

 

L’ostéopathie a montré récemment des résultats positifs quant au soulagement des douleurs.

 

7)  Apport de l’ostéopathie

 

L’ostéopathie peut intervenir en complément du suivi médical dans la prise en charge du patient lorsque la cause est mécanique, c’est-à-dire traumatique, musculaire ou articulaire.

 

Dans ce cas, un interrogatoire précis sera effectué, suivi de tests spécifiques permettant d’identifier les structures souffrantes liées à la névralgie.

 

De par son approche globale du corps humain, l’ostéopathie, avec des techniques douces peuvent permettre :

 

  • De réduire les tensions musculaires

  • D’améliorer la mobilité articulaire

  • D’améliorer la posture globale

 

Généralement 2 à 3 séances espacées de quelques semaines sont nécessaires pour obtenir un soulagement complet et durable.

 

Dans le cas de névralgie d’Arnold chronique, un suivi régulier sur plusieurs mois peut être envisagé.

 

Dans tous les cas, des conseils d’exercices, de posture et de gestion de la douleur seront donnés au patient afin de l’accompagner au mieux dans sa guérison.


8)  Sources de l'article

  • Faculté de médecine de Grenoble : thèse soutenue par Aliénor FABRY (année 2019)

  • HAL Open science - université de Bordeaux : thèse de médecine soutenue par Gaétan Lainé (septembre 2021)

  • Institut de Thérapie Manuelle et de Physiothérapie (ITMP) : Présentation de Fabrice Barillec

  • Revue du rhumatisme monographies 80 (2013) 32-37 : Auteurs Jean-Marc Ziza, Salim Ahmed Yahia, Jean-Pierre Teyssedou, Pascal Chazerain

  • Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathie Médicale ( SOFMMOOM) : Présentation de P. Antonietti et C. Mazel

  • Institut lorrain de formation en masso-kinésithérapie de Nancy : Mémoire de fin d’étude de Flavien SALARD (année 2013)

  • Pascal POMMEROL Kinésithérapeute et Ostéopathe à Lyon 

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