Pubalgie de grossesse : comprendre la douleur au pubis chez la femme enceinte.
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1) La pubalgie de grossesse : une douleur fréquente chez la femme enceinte.
La grossesse est une période de bouleversements physiologiques et mécaniques pour le corps de la femme. Au fil des mois, l’augmentation de la taille de l’utérus, les changements hormonaux et les modifications de la posture permettent au corps de s’adapter à la croissance du bébé et de se préparer à l’accouchement. Ces transformations, bien que normales, peuvent parfois s’accompagner de douleurs. Parmi ces douleurs, celle ressentie à l'avant du bassin, au niveau du pubis, constitue un motif fréquent de consultation chez les patientes enceintes. Chez certaines femmes, elle reste modérée et passagère, mais dans certains cas, elle devient si intense qu’elle perturbe les activités du quotidien et peut être source d’inquiétude. Comprendre les mécanismes de la pubalgie de grossesse, connaître ses manifestations et les différentes possibilités de prise en charge permet généralement d'en limiter les conséquences sur la qualité de vie.
2) Qu’est-ce que la pubalgie de grossesse ?
Le terme « pubalgie » désigne une douleur située à l'avant du bassin au niveau de la symphyse pubienne. Sur le plan anatomique, la symphyse pubienne est l’articulation située entre les deux os du pubis. Elle est composée d'un disque de fibrocartilage renforcé par de nombreux ligaments qui contribuent à la stabilité du bassin tout en permettant de légers mouvements (traction, compression, cisaillements, bâillement et torsion).

Au cours de la grossesse, cette région subit plusieurs modifications :
Une augmentation progressive du poids de l'utérus et du bébé, qui accroît la pression exercée sur le bassin.
Une modification du centre de gravité et de la posture qui entraîne une répartition différente des charges entre le rachis, le bassin et les membres inférieurs.
Une augmentation de la souplesse des ligaments (hyperlaxité ligamentaire), sous l’influence des modifications hormonales de la grossesse, qui contribue à préparer le bassin à l'accouchement.
Ces adaptations sont normales et nécessaires pour permettre au corps de s’adapter à la grossesse et à l’accouchement. Dans la plupart des cas, elles se mettent en place progressivement sans provoquer de douleur. Toutefois, chez certaines femmes, les contraintes deviennent trop importantes par rapport aux capacités d'adaptation des articulations, des ligaments et des muscles du bassin, ce qui peut entraîner l'apparition de douleurs.
3) Pourquoi ces douleurs apparaissent-elles pendant la grossesse ?
La douleur ressentie au niveau du pubis pendant la grossesse n'a généralement pas une cause unique. Elle résulte de modifications hormonales, de réorganisations posturales et de contraintes biomécaniques qui modifient progressivement le fonctionnement du bassin.
3.1 L'impact de la relaxine sur le bassin.
Pendant la grossesse, l'organisme produit différentes hormones qui permettent au corps de s'adapter au développement du bébé et de se préparer à l’accouchement. Parmi elles, la relaxine est notamment impliquée dans l'augmentation progressive de la souplesse des ligaments en particulier au niveau du bassin (on parle d’hyperlaxité ligamentaire).
Cette hyperlaxité ligamentaire facilite les mouvements du bassin et contribue à préparer le bassin au passage du bébé lors de l'accouchement. Cependant, l'augmentation de mobilité articulaire qui en résulte peut modifier la manière dont les contraintes sont réparties au niveau du bassin. De plus, les muscles stabilisateurs doivent fournir un effort supplémentaire pour maintenir la stabilité des articulations pelviennes. Chez certaines femmes, lorsque ces mécanismes d'adaptation sont dépassés, des douleurs peuvent apparaître.
L’apparition de symptômes dépend de facteurs multiples, propres à chaque patiente (morphologie, condition physique, antécédents, capacité individuelle du système neuromusculaire à compenser la laxité articulaire...).
3.2 Le déplacement du centre de gravité.
Au fil des mois de grossesse, le centre de gravité du corps se déplace progressivement vers l’avant à cause de la prise de volume de l’abdomen.
Pour maintenir son équilibre et éviter la chute, la femme enceinte adapte naturellement sa posture et sa façon de se déplacer :
Le bassin se positionne différemment, en basculant généralement vers l’avant (antéversion pelvienne).
La colonne vertébrale s’ajuste en conséquence, avec une augmentation de la lordose lombaire (cambrure du bas du dos).
La façon de marcher change (élargissement du pas en écartant les pieds, ce qui crée une démarche légèrement dandinante).
Les muscles stabilisateurs du bassin (muscles abdominaux transverses, plancher pelvien et fessiers) sont sollicités différemment.
Ces modifications sont normales lors de la grossesse. Cependant, chez certaines femmes ce nouveau mode de fonctionnement peut accentuer les pressions sur certaines zones fragiles du bassin, comme la symphyse pubienne, surtout si les muscles stabilisateurs n'arrivent pas à suivre et sont pas bien coordonnés.
3.3 L’augmentation des contraintes mécaniques lors des mouvements du quotidien.
Le bassin joue un rôle essentiel dans la transmission des forces entre le haut et le bas du corps. À ce titre, il est sollicité lors de nombreux gestes quotidiens et pendant la grossesse, certains mouvements quotidiens peuvent solliciter excessivement les articulations pelviennes et déclencher ou aggraver une douleur. Parmi eux :
Les phases d'appui sur une seule jambe (marche, montée ou descente d’escaliers, enfiler un pantalon debout).
Les mouvements de torsion ou de cisaillement (changement de position dans le lit).
L’écartement des jambes (entrée/sortie de voiture).
Lorsque ces forces dépassent le seuil de tolérance mécanique de la symphyse pubienne ou que les muscles stabilisateurs ne compensent plus suffisamment, l'inflammation et la douleur apparaissent.
4) Quels sont les signes cliniques de la pubalgie de grossesse ?
Les symptômes de la pubalgie de grossesse varient d’une femme à l’autre. Certaines femmes enceintes ressentent une gêne légère et passagère au niveau du bassin, tandis que d’autres décrivent une douleur marquée et handicapante au quotidien. Les manifestations les plus courantes sont les suivantes :
4.1 Une douleur localisée au niveau du pubis.
La sensation douloureuse se manifeste principalement au centre du bassin, juste au-dessus de l'os pubien. Elle peut s'exprimer sous différentes formes :
Une sensation de tension ou de tiraillement.
Une douleur vive lors des mises en charge.
Une impression passagère de blocage articulaire.
Plus rarement, une sensation d'instabilité, de manque de cohésion des os du pubis ("séparation"), bien que dans la majorité des cas, la symphyse pubienne conserve son intégrité structurelle.
4.2 Une douleur déclenchée par certains mouvements.
La douleur apparaît ou s'intensifie souvent lors des mouvements qui sollicitent le bassin de manière asymétrique ou augmentent les contraintes exercées sur la symphyse pubienne. Les situations les plus fréquemment rapportées sont :
Les activités en appui d'un seul côté : Monter ou descendre des escaliers, enfiler un pantalon debout ou marcher sur de longues distances.
Les mouvements d'abduction (écartement des jambes, notamment pour entrer ou sortir d'un véhicule) ;
Les mouvements de rotation du tronc notamment lors du passage de la position couchée sur le dos à la position sur le côté.
4.3 Une douleur qui limite les activités quotidiennes.
Lorsque la pubalgie est sévère, elle peut avoir un retentissement significatif sur la qualité de vie. Elle peut notamment rendre plus difficiles :
Les déplacements quotidiens (difficulté à marcher).
Le maintien de l'activité professionnelle (surtout si elle implique de rester debout ou de porter des charges).
La qualité du sommeil (il est difficile de trouver une position confortable).
La pratique d'une activité physique adaptée à la grossesse (pourtant bénéfique).
Cet impact sur les activités du quotidien est un élément essentiel à prendre en compte pour évaluer la gravité de la pubalgie et adapter la prise en charge.
 5) Comment se diagnostique une pubalgie de grossesse .?
Le diagnostic de la pubalgie de grossesse et des douleurs de la ceinture pelvienne est avant tout un diagnostic clinique. Cela signifie qu'il repose principalement sur l'échange avec la patiente et sur l'observation. Concrètement, il s'appuie sur :
Un interrogatoire précis : localisation précise de la douleur, intensité.
L'analyse des circonstances d'apparition de la douleur : début progressif ou brutal, relation avec l’avancement de la grossesse, antécédents de douleurs pelviennes ou orthopédiques.
L'identification des mouvements déclencheurs :  quels gestes provoquent la douleur.
Un examen physique adapté à la grossesse : inspection et palpation de la région pubienne, tests de mise en charge et de mobilité du bassin réalisés en respectant le confort de la patiente.
Dans la majorité des cas, les examens d’imagerie (échographie, radiographie ou IRM) ne sont pas nécessaires. Ils peuvent être demandés si les douleurs sont atypiques, très intenses ou lorsqu'une autre cause est suspectée.
6) Les douleurs de la ceinture pelvienne liées à la grossesse (PGP).

Aujourd’hui, les professionnels de santé utilisent davantage le terme de « douleurs de la ceinture pelvienne liées à la grossesse » (en anglais « Pregnancy-related Pelvic Girdle Pain ou PGP) plutôt que celui de pubalgie, car la douleur pendant la grossesse peut concerner l’ensemble de l’anneau pelvien et pas uniquement la symphyse pubienne. Le PGP correspond à une douleur d’origine musculo-squelettique qui peut siéger au niveau :
de la symphyse pubienne en avant du bassin.
des articulations sacro-iliaques à l’arrière du bassin : Les modifications de la posture et la diminution de la stabilité de ces articulations, liée à l'hyperlaxité ligamentaire de la grossesse, augmentent les contraintes exercées sur cette région.
De la région lombaire basse : la grossesse en modifiant le centre de gravité et la courbure lombaire, peut majorer les contraintes sur la charnière lombo-sacrée.
La douleur peut s’accompagner d’irradiations vers l’aine ou la face interne des cuisses, et certains muscles stabilisateurs (dont les adducteurs qui s'insèrent sur les branches pubiennes) peuvent devenir douloureux par sur-sollicitation lorsque la ceinture pelvienne est insuffisamment stabilisée.
La pubalgie de grossesse est donc une forme particulière de douleur de la ceinture pelvienne, dont les symptômes sont principalement localisés au niveau de la symphyse pubienne.
7) Quelles autres causes peuvent expliquer une douleur au bassin pendant la grossesse ?

Même si la douleur pubienne pendant la grossesse est souvent liée aux adaptations mécaniques du bassin, il est important de rester attentif à d’autres causes possibles car une douleur pelvienne pendant la grossesse peut aussi être liée à :
Une douleur ligamentaire : notamment la mise en tension des ligaments ronds qui soutiennent l’utérus.
Une irritation d'un nerf : la douleur peut varier selon le nerf atteint. Elle peut être ressentie au niveau du périnée (nerf pudendal), du bas-ventre ou de l'aine (nerfs ilio-inguinal et ilio-hypogastrique), de la face interne de la cuisse (nerf obturateur) ou de la fesse avec une irradiation vers l'arrière de la cuisse, parfois jusqu'à la jambe (nerf sciatique).
Une infection urinaire dont les symptômes peuvent parfois se manifester par des douleurs pelviennes.
Plus rarement, une affection gynécologique ou obstétricale (menace d’accouchement prématuré, ...).
L'examen clinique permet généralement de faire la différence entre les douleurs de type PGP et ces diagnostics différentiels.
8) Les signes d'alerte (drapeaux rouges)

Une consultation médicale en urgence est nécessaire si la douleur s'accompagne de l'un des signes suivants :
Une survenue brutale de douleur particulièrement intense et bloquante.
Un contexte fébrile (fièvre ou frissons).
Des pertes de sang par les voies génitales.
La présence de contractions utérines régulières et douloureuses.
Des douleurs abdominales diffuses ou inhabituelles.
Une diminution ou absence des mouvements du bébé.
L’objectif est de distinguer une douleur mécanique bénigne liée à la grossesse d’une situation potentiellement grave ou requérant une prise en charge spécifique.
9) Comment soulager une pubalgie pendant la grossesse ?
La prise en charge des douleurs de la ceinture pelvienne repose sur une stratégie conservatrice combinant l'adaptation des gestes quotidiens, le maintien d'une activité physique adaptée et un accompagnement pluridisciplinaire (médecin, sage femme, kinésithérapeute, ostéopathe). L'objectif est de diminuer les douleurs, de préserver la mobilité et de permettre à la future mère de poursuivre ses activités quotidiennes dans les meilleures conditions possibles.
9.1 Adapter les mouvements du quotidien.
Il ne s’agit pas d’éviter tous les mouvements, mais d'identifier ceux qui déclenchent ou aggravent les douleurs afin de les réaliser différemment.
Certains ajustements simples peuvent améliorer le confort :
Pour sortir du lit ou d’une voiture et limiter le cisaillement pelvien : Se tourner en bloc (tronc, bassin et jambes) et déplacer les deux jambes simultanément, en évitant de les écarter.
Éviter de porter des charges lourdes ou répartir le poids en les deux côtés.
Alterner les positions : ne pas rester trop longtemps assise, debout ou allongée dans la même posture pour ne pas fatiguer les muscles stabilisateurs.
Limiter les mouvements asymétriques prolongés, comme rester longtemps en appui sur une seule jambe.
9.2 Maintenir une activité physique adaptée.
Le repos complet est généralement déconseillé. Une immobilisation prolongée peut favoriser une diminution de la force musculaire, augmenter la raideur articulaire et être à l’origine d’une appréhension progressive des mouvements.
L’activité physique pendant la grossesse est bénéfique, à condition d’être adaptée à l’état de la femme enceinte. Chez les femmes présentant une douleur de la ceinture pelvienne, un programme individualisé peut contribuer à :
Maintenir la mobilité articulaire de la colonne et du bassin ;
Renforcer les muscles qui participent à la stabilité du bassin (abdominaux, plancher pelvien, fessier) ;
Améliorer la confiance de la future maman dans sa capacité à se mouvoir sans douleur.
Ces exercices, à adapter selon l'intensité des symptômes et le stade de la grossesse, sont à pratiquer idéalement sous la supervision d'un professionnel de la périnatalité, kinésithérapeute ou ostéopathe spécialisé.
10) Quelle place pour l’ostéopathie dans la prise en charge de la pubalgie de grossesse ?
Les études sur les thérapies manuelles (dont l’ostéopathie) concernent surtout les douleurs lombo-pelviennes pendant la grossesse sans distinguer précisément les douleurs de la symphyse pubienne. Elles suggèrent un intérêt potentiel pour réduire la douleur et améliorer la capacité fonctionnelle, mais les résultats restent hétérogènes et le niveau de preuve demeure limité.
L'ostéopathie peut être une approche complémentaire intéressante, à condition de bien comprendre son rôle. Elle ne se substitue pas au suivi médical, à la sage-femme ou à la kinésithérapie, mais peut s'inscrire dans une démarche globale d'accompagnement visant à optimiser le confort de la patiente.
L'ostéopathe ne va pas « remettre en place » une articulation ou corriger une position du bassin. Il évalue l'ensemble du corps pour identifier et réduire les contraintes mécaniques susceptibles de participer aux douleurs.
Lors d'une consultation, il s'intéressera notamment à :
à la mobilité des différentes régions du bassin.
aux adaptations de la colonne vertébrale liées à la grossesse.
aux tensions musculaires pouvant influencer le confort.
aux contraintes provoquées par les changements posturaux liés à la grossesse.
aux habitudes de vie et aux mouvements qui déclenchent les douleurs.
11) Conseils pratiques pour soulager les douleurs de pubalgie pendant la grossesse.
Des adaptations ergonomiques simples permettent de réduire les sollicitations douloureuses au quotidien :
Pour dormir :
Placer un coussin entre les genoux pour maintenir l'alignement du bassin.
Éviter les changements de position brusques et se retourner en gardant les jambes rapprochées.
Utiliser les bras pour accompagner le retournement du corps plutôt que de faire pivoter le bassin seul.
Pour marcher :
Adapter les distances parcourues en fonction de la douleur.
Éviter de forcer si la marche devient douloureuse.
Choisir des chaussures confortables avec un bon soutien et une semelle stable (éviter les talons hauts ou les semelles trop souples).
Pour les gestes quotidiens :
S'asseoir pour enfiler un pantalon ou des chaussures plutôt que de rester en équilibre sur une jambe.
Répartir les charges entre les deux côtés du corps (portez deux petits sacs plutôt qu’un gros).
Demander de l’aide pour les tâches qui deviennent difficiles.
Ces adaptations permettent souvent de réduire les contraintes répétées sur le bassin.
12) Après l’accouchement que devient la douleur ?
Dans la majorité des cas, les douleurs de la ceinture pelvienne liées à la grossesse diminuent progressivement après l’accouchement.
La régression des symptômes s’observe dans les semaines suivant l’accouchement, sous l'effet conjugué de la délivrance utérine, de la normalisation progressive de la laxité ligamentaire et de la baisse des contraintes mécaniques.
En cas de persistance des douleurs au-delà du trimestre post-partum, une réévaluation médicale et une prise en charge ciblée en kinésithérapie permettent d'accompagner la récupération fonctionnelle.
13) Conclusion.
La pubalgie de grossesse est une manifestation fréquente des adaptations biomécaniques, posturales et hormonales propres à la maternité.
Bien qu'elle puisse être particulièrement invalidante au quotidien, elle évolue le plus souvent favorablement avec une prise en charge pluridisciplinaire adaptée.
Une question revient souvent : "Est-ce que je risque d'en souffrir à nouveau lors d'une prochaine grossesse ?" La réponse est : "Pas nécessairement". Avoir souffert d’une pubalgie pendant une grossesse n'implique pas qu’elle se reproduira systématiquement lors des grossesses suivantes. Chaque grossesse est unique.
14) Sources de l'article
National Institute for Health and Care Excellence (NICE) : recommandation clinique publiée en aout 2021
Prise en charge des douleurs de la ceinture pelvienne pendant la grossesse
Medicine : Article publié en septembre 2016. Auteurs : Helen Hall ...
L'efficacité des thérapies manuelles complémentaires pour les douleurs dorsales et pelviennes liées à la grossesse. Une revue systématique avec méta-analyse
NHS (National Health Service) : Article mis à jour en décembre 2022
(Douleurs pelviennes pendant la grossesse)
CHU de Quebec – université Laval : Article paru en 2020
Pan African Medical Journal : Article paru en septembre 2013. Auteurs : Mehdi Kehila et al
Cochrane Library : Article mis à jour en septembre 2015 . Auteurs : Sarah D. Liddle et Victoria Pennick
Interventions pour la prévention et le traitement des douleurs lombaires et pelviennes pendant la grossesse