Barbara Wolf ostéopathe à Paris 12
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- Torticolis & plagiocéphalie du nourrisson
Nouveau né avec un torticolis congénital 1) Torticolis a) Définition et chiffres Le torticolis congénital est une affection dans laquelle la tête est penchée d’un côté et tournée de l’autre. C’est une des principales pathologies néonatales avec la dysplasie de hanche et le pied bot. Selon les chiffres de la HAS, 0,3 à 2% des nouveau-nés présentent un torticolis congénital. b) Clinique Les déformations crâniennes positionnelles du nourrisson Il existe trois types de torticolis Postural Congénital musculaire (TCM) : le plus fréquent Osseux : rare, associé à des malformations congénitales de naissance N.B : Dans cet article, nous traiterons des deux principales causes, le torticolis osseux n’étant pas du ressort de la thérapie manuelle. Le torticolis postural apparait suite à une position préférentielle de l’enfant in-utéro et lors de ses premières semaines de vie. Le TCM est dû à un spasme musculaire par contraction unilatérale du SCOM (Sterno-cléido-occipito-mastoïdien) Signes : La tête du bébé est en inclinaison et rotation du côté opposé. Le bébé a du mal à tourner sa tête. Le bébé se tourne toujours du même côté. c) Quels sont les facteurs de risque de Torticolis ? Primiparité (première grossesse/accouchement) Présentation par le siège Extractions instrumentales Contraintes in-utéro Quelles sont les conséquences d’un torticolis ? Divers troubles peuvent apparaître à terme si le torticolis n’est pas pris en charge ou suffisamment tôt, comme : Une déformation vertébrale Une plagiocéphalie Des problèmes fonctionnels oculaires Une difformité faciale Une plagiocéphalie Le principal risque à court terme est la plagiocéphalie 2) Plagiocéphalie a) Définition et chiffres La plagiocéphalie est une déformation crânienne entrainant un aplatissement de l’arrière et/ou du côté du crâne et une asymétrie crânienne associée. Selon la haute autorité de santé « HAS », La plagiocéphalie touche 1 quart des bébés b) Clinique Il existe deux formes de plagiocéphalie : par craniosténose et positionnelle : La plagiocéphalie positionnelle représente environ 98% des cas et est bénigne. Elle se développe chez le nourrisson, pour lequel le crâne est relativement souple et grandit particulièrement vite. La craniosténose qui n’est pas du ressort de la thérapie manuelle, elle nécessite une prise en charge lourde voire chirurgicale, nous aborderons dans ce paragraphe la plagiocéphalie positionnelle. Source : Association plagiocéphalie, info et soutien. c ) Quels sont les facteurs de risque de plagiocéphalie ? Macrosome (gros bébé : plus de 4 kgs à la naissance) Primiparité (première grossesse) Grossesse multiple (jumeaux, etc) Mauvaise position intra-utérine Prématurité Accouchement long Utilisation d’instruments / manœuvre lors de l’accouchement Manque de temps d’éveil sur le ventre Manque de stimulation Surutilisation de matériel inadapté (transat, cosy, cocon) Torticolis : TCM et postural Aucune donnée de la littérature actuelle ne permet de conclure à un lien de causalité entre déformation crânienne positionnelle et retard neurodéveloppemental, troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs, ou vestibulaires. Les conséquences de la plagiocéphalie posturale sont essentiellement esthétiques et posturales. 3) Approche ostéopathique Le torticolis et la plagiocéphalie sont les motifs principaux motifs de consultation pour les nourrissons Quand consulter l’ostéopathe ? Entre 0 et 3 mois : une visite chez l’ostéopathe est recommandée : En prévention : En prévention. Un bilan chez l’ostéopathe peut être réalisé dès les premiers jours si le bébé présente une limitation de rotation de la tête ou une préférence, voire en cas de doute. En traitement d’une déformation crânienne (défaut de mobilité, inconfort) L’ostéopathe fera une anamnèse dans laquelle il posera d’abord des questions sur la grossesse, l’accouchement, les premières semaines de vie de bébé pour comprendre les circonstances d’apparition du torticolis ou de la plagiocéphalie Puis, après un premier contact visuel avec le bébé, il réalisera un examen complet de l’enfant, testant sa mobilité Le traitement se fera à l’aide de techniques douces et non invasives, pour améliorer la mobilité du bébé et son confort. Le nombre de séances varie selon l’âge du bébé, la sévérité des asymétries ainsi que la précocité du diagnostic. Le traitement d’un TCM se fait dans un cadre pluridisciplinaire entre ostéopathe et Kinésithérapeute. 4) Sources de l'article ARTICLES Société française de pédiatrie : Pas à pas en pédiatrie – F. Canavese, M. Rousset (mai 2017) Le torticolis congénital National Library of Medecine : Article de Miriam V Mills (mars 2021) L'utilisation du traitement manipulatif ostéopathique dans la pouponnière et son effet sur la santé au cours des six premiers mois de la vie : une étude observationnelle rétrospective cas-témoins National Library of Medecine : Article de Pawel Posadzki, Bhone Myint Kyaw, Arkadiusz Dziedzic, Edzard Ernst (juillet 2022) Traitement ostéopathique manipulatif pour les affections pédiatriques : mise à jour d'une revue systématique et d'une méta-analyse Haute Autorité de Santé (HAS) – Conseil National de pédiatrie : Fiche Mémo Février 2020 Prévention des déformations crâniennes positionnelles et mort inattendue du nourrisson National Library of Medecine : Article de Wassia Kessomtini, Wafa Chebbi (juillet 2014) Torticolis musculaire congénital chez l'enfant Haute Autorité de Santé (HAS) – Conseil National de pédiatrie : Communiqué de presse (Mars 2020) Prévenir la plagiocéphalie sans augmenter le risque de mort inattendue du nourrisson Fiche conseil aux parents OUVRAGES L'ostéopathie et la déformation crânienne de mon bébé de Raymond Solano (novembre 2015) Ostéopathie et déformation crânienne du nourrisson Ostéopathie pédiatrique de Nicette Sergueef (mars 2019) Ostéopathie pédiatrique L'ostéopathie pédiatrique - Protocole thérapeutique pour le nourrisson et le jeune enfant de de Patrice Tidière (septembre 2016) L'ostéopathie pédiatrique - Protocole thérapeutique pour le nourrisson et le jeune enfant
- Ostéopathie et névralgie cervico-brachiale (NCB)
Douleur cervico-brachiale 1) Définition et épidémiologie La névralgie cervico-brachiale (NCB) est une douleur due à la compression d’une racine nerveuse ou du trajet nerveux lié au rachis cervical inférieur. Selon une étude réalisée par le International Journal of Environmental Research and Public Health en 2018, la NCB présente un ratio de 60% de femmes pour 40% d’homme et une tranche d’âge située entre 40 et 50 ans en moyenne. Cette étude montre une prévalence de 15% toute tranche d’âge confondue. 2) Le plexus brachial Les nerfs du bras La moelle épinière passe à l’intérieur des vertèbres qui la protègent (canal médullaire) et distribue huit racines nerveuses de chaque côté, à chaque étage, qui sortent entre deux vertèbres à chaque fois. Le plexus brachial est constitué de l’ensemble des racines nerveuses du membre supérieur qui sortent de la moelle épinière au niveau cervical de la colonne vertébrale. Les nerfs émergent de la colonne vertébrale par une ouverture entre deux vertèbres appelée foramen ou trou de conjugaison. Ces nerfs cheminent du cou jusqu’à la main et innervent les muscles, la peau et les articulations sur leur trajet. Les racines nerveuses sont nommées selon la vertèbre cervicale d’où elles émergent : C5, C6, C7, C8 et T1. Les principaux nerfs issus du plexus brachial et innervant le membre supérieur sont : Les nerfs supra scapulaires et axillaires, responsables de la mobilité de l’épaule, Le nerf radial, responsable de l’extension du coude et de la main, Le nerf musculocutané, responsable de la flexion du coude, Le nerf médian, permettant la flexion du poignet et d’une partie des doigts, Le nerf ulnaire, responsable de la flexion d’une partie des doigts et de la mobilité de la main. 3) Clinique et traitement => Les signes Cette pathologie se manifeste par des déficits sensori-moteurs plus ou moins importants et par une douleur cervicale à type « raideur » avec une diminution notable de la mobilité. Elle a un caractère irradiant (sensations de décharges électriques ou coups de jus) suivant un trajet bien précis allant des cervicales jusqu’aux doigts. La symptomatologie est majoritairement unilatérale, c’est-à-dire d’un seul côté. Selon le degré d’atteinte, la douleur peut être d’horaire diurne voire diurne et nocturne détériorant la qualité du sommeil du patient. La symptomatologie peut également s’accompagner de céphalées (maux de tête). => Les causes Deux causes principales correspondent à 95% des étiologies de la névralgie cervico-brachiale : - L’arthrose cervicale . Elle est à l’origine d’une réduction du diamètre du foramen par lequel les racines nerveuses cervicales sortent du canal médullaire. - La hernie discale cervicale par protrusion du disque, provoquant la compression de la racine nerveuse. - D’autres causes rares peuvent être à l’origine d’une NCB dans 5% des cas. Par exemple les fractures vertébrales, tumeur, microtraumatismes au niveau du cou (pratique sportive excessive, position anormale) ou traumatisme type « coup du lapin ». => Le diagnostic Le diagnostic doit être établi par un interrogatoire médical suivi d’un examen clinique (test neurologiques). Le médecin peut ensuite prescrire des examens complémentaires : Radio , scanner , ou IRM ainsi qu’un électromyogramme (EMG) pour confirmer ou infirmer le diagnostic et surtout trouver la cause de l’atteinte. => Le traitement Suite au diagnostic médical, le traitement de la NCB varie suivant sa cause et son degré d’atteinte, ainsi que selon la pénibilité des symptômes. Il peut consister en un traitement anti-inflammatoire et antalgique dans un premier temps. Une rééducation chez un kiné et un suivi ostéopathique peuvent être proposés. L’option chirurgicale se fait généralement en dernier recours ou après échec thérapeutique. 4) NCB et Ostéopathie L’ostéopathe est un thérapeute de première intention. Si le diagnostic n’est pas encore effectué il posera lors de l’anamnèse les bonnes questions et réalisera des tests pour orienter le patient vers la bonne prise en charge. Une fois le diagnostic posé, l ’objectif de l’ostéopathe sera d’aider à retrouver un équilibre global afin que les contraintes soient réparties sur l’ensemble de la région cervicale et brachiale. L’ostéopathe fera un bilan global mais se focalisera particulièrement sur les régions cervicale, thoracique, du membre supérieur et viscérale. En fonction de la cause de la NCB, certaines techniques ne sont pas recommandées , notamment le cracking cervical. Prise en charge pluridisciplinaire : La rééducation avec un kinésithérapeute peut être simultanée au suivi ostéopathique. 5) Sources de l'article Centre de Chirurgie Ostéo-articulaire et du Sport Névralgie cervico-brachiale Haute autorité de santé : Fiche « Bonnes pratiques » publiée en novembre 2020 Pertinence de l’imagerie cervicale - Cervicalgie non traumatique chez l’adulte National Library of medicine – PanAfrican Medical journal (PAMJ) : Article publié en octobre 2013 Étude longitudinale de la névralgie cervico-brachiale dans le service de neurologie du CHU Gabriel Touré, Bamako (Mali) Association Maladie de Tarlov - Arachnoïdite - Syringomyélie ((AMTAS) : La névralgie cervico-brachiale Haute autorité de santé : Thèse de Stéphanie Cedard publiée en octobre 2019 Étude de la prise en charge des douleurs neuropathiques en médecine générale : exemple de la névralgie cervico-brachiale National Library of medicine : Article publié en septembre 2018. Auteurs Young-Ki Kim, Dongmug Kang, Ilho Lee and Se-Yeong Kim Differences in the Incidence of Symptomatic Cervical and Lumbar Disc Herniation According to Age, Sex and National Health Insurance Eligibility: A Pilot Study on the Disease’s Association with Work
- Ostéopathie et pathologies respiratoires chroniques : La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
Bronchopneumopathie chronique obstructive Les maladies respiratoires chroniques touchent plus de 550 millions d’adultes dans le monde, c’est l’une des principales causes de décès et d’invalidité. Trois pathologies courantes sont abordées dans cette série d’articles : L’Asthme (article précédent) La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) (présent article) L’Apnée du sommeil (article ultérieur) Le système respiratoire 1) Bronchopneumopathie chronique obstructive : Définition et épidémiologi e La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie chronique respiratoire. Elle appartient « au même titre que l’asthme » à la catégorie des TVO = troubles ventilatoires obstructifs. Elle est définie comme une maladie inflammatoire. Elle touche majoritairement les hommes mais de plus en plus les femmes. La fréquence de cette maladie chez les femmes est passée de 28 pour 10 000 en 2006 à 41 pour 10 000 en 2015. Selon l’OMS, la BPCO constitue la troisième cause de mortalité dans le monde. Source : INSERM (juin 2020) 2) Clinique Le premier symptôme est la dyspnée. La dyspnée est la dénomination scientifique de la gêne respiratoire. Dans le cas de la BPCO, elle survient lors de l’expiration. Associé à la dyspnée, le second symptôme est la présence de toux chronique. Cette toux s’accompagne fréquemment d’expectorations muqueuses. Autres symptômes : Tirage musculaire Fatigue NB : la BPCO se distingue de la bronchite chronique par son caractère permanent et irréversible. 3) Facteurs de risque et diagnostic La BPCO est la conséquence de multiples agressions environnementales. Le principal facteur de risque est le tabagisme actif. Le tabagisme passif peut également contribuer aux symptômes respiratoires et à la BPCO en surchargeant les poumons en particules et gaz inhalés. Les autres facteurs de risque comprennent : Les expositions professionnelles à des polluants (environ 15 % des BPCO), La pollution atmosphérique, Des facteurs génétiques. La pathologie étant très longtemps asymptomatique ou peu symptomatique, cela entraine un diagnostic retardé ou une absence de diagnostic. · Un examen, appelé Exploration Fonctionnelle Respiratoire (EFR ) , permet de détecter l’obstruction des bronches et d’évaluer la sévérité de l’atteinte bronchique. La radio thoracique : elle ne fait pas le diagnostic de BPCO mais permet d’écarter une infection pulmonaire. Une fois le diagnostic posé, quatre stades de la maladie sont identifiés : Source "Formathon" - Congrès de médecine générale 4) Les poumons Source : Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) L es poumons sont les organes de la respiration. Ils transmettent l’oxygène dans le sang et éliminent le gaz carbonique. L’air inspiré pénètre par la trachée et s’introduit dans les bronches qui se subdivisent en bronches toujours plus petites puis en bronchioles, débouchant dans les alvéoles. Le poumon droit est divisé en trois lobes, supérieur, moyen et inférieur, séparés par une scissure oblique (la grande scissure) et une scissure horizontale (la petite scissure). Le poumon gauche est divisé en deux lobes supérieur et inférieur séparés par la grande scissure qui s’étend de haut en bas, et d’arrière en avant. Le muscle diaphragmatique est le muscle le plus important de la respiration. Il se situe dans la partie basse de la cage thoracique . Cf description de ce muscle dans l’article sur l’asthme. Les contractions musculaires du diaphragme et de la cage thoracique permettent aux poumons de se gonfler et de se dégonfler, par augmentation / diminution du volume de la cage thoracique. 5) Traitement La BPCO ne peut pas être guérie mais une prise en charge adaptée permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Cette prise en charge est multidisciplinaire. Elle inclut : Élimination du tabac et de la pollution Vaccination Médicaments Oxygénothérapie Les médicaments les plus importants pour traiter la BPCO sont les bronchodilatateurs inhalés qui détendent les voies respiratoires pour qu’elles restent dilatées. 6) Apport de l’ostéopathie Pour une respiration optimale, la cage thoracique et l’ensemble de ses articulations et muscles doivent fonctionner harmonieusement et être libres de tensions. L’ostéopathie est une approche holistique qui vise à rétablir l’équilibre et peut contribuer à améliorer les fonctionnalités défaillantes. Concernant la BPCO, toutes les techniques ostéopathiques peuvent s’avérer bénéfiques. Objectif du traitement ostéopathique : Amélioration de la mobilité thoracique Relâchement des muscles respiratoires (diaphragme et autres) : Les techniques fasciales peuvent aider à réduire la tension musculaire et faciliter la respiration Une approche multidisciplinaire, incluant l’ostéopathie, permet au patient une prise en charge optimale. L’ostéopathe peut travailler en collaboration avec le kinésithérapeute, médecin généraliste et pneumologue pour un suivi adapté. Un suivi ostéopathique permet d’améliorer le confort de vie. Sources de l'article INSERM : Article mis à jour en juin 2020. Auteurs : Maurice Hayot (unité Inserm 1046, CHU Arnaud de Villeneuve, Montpellier), Pascal Pomiès (unité Inserm 1046) et Sophie Lanone (unité Inserm 955, Créteil) Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Une toux chronique et un essoufflement à ne pas négliger OMS : Article publié en novembre 2024 Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) Sante publique France : Article mis à jour en juin 2019 BPCO et insuffisance respiratoire chronique HAL Open Science - Institut de Formation en Ostéopathie du Grand Avignon (IFO - GA) : Mémoire de fin d’études en Ostéopathie de Vanessa Plaisent et Emma Sabatier - soutenu en juin 2021.m Effet sur la fonction pulmonaire de techniques ostéopathiques chez des malades atteints de bronchopathies obstructives : méta-analyse et revue systématique Santé respiratoire France : La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’emphysème Centre Européen d’Enseignement Supérieur en Ostéopathie (CEESO) : Article de Samia YOUSSEF MARGONTIER publié en juin 2017 et extrait de son mémoire de fin d'étude présenté en avril 2015 Impact de la prise en charge ostéopathique sur les paramètres respiratoires chez les patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) - Étude expérimentale OSTEOPEDIA : Article de Maiwen Habchi mis à jour le 14/03/2023 Efficacité du traitement ostéopathique chez les patients avec bronchopneumopathie chronique obstructive stable de modérée à sévère : une étude pilote randomisée et contrôlée
- Douleur au talon ? Aponévrosite plantaire et épine calcanéenne
1. Douleur au talon : et si c’était une aponévrosite plantaire ? L’aponévrosite plantaire, souvent associée à la formation d’une épine calcanéenne, est une cause fréquente de douleur du talon chez l’adulte. Cette affection touche particulièrement les personnes actives, les sportifs, ainsi que celles soumises à des contraintes mécaniques prolongées. Sa prise en charge repose sur une analyse fine des mécanismes biomécaniques et tissulaires impliqués. Dans ce contexte, l’ostéopathie peut représenter un complément de soin pertinent. 2. Qu’est-ce que l’aponévrosite plantaire et l’épine calcanéenne ? L’aponévrosite plantaire correspond à une inflammation - ou, plus précisément à une dégénérescence - de l’aponévrose plantaire. Cette dernière est une structure fibreuse épaisse qui assure la liaison entre le calcanéum (l'os du talon) et la base des orteils (têtes métatarsiennes). L’épine calcanéenne , quant à elle, est une excroissance osseuse qui se forme au point d'ancrage de l'aponévrose sur le calcanéum. Elle est souvent visible à l’imagerie, mais sa présence ne s’accompagne pas toujours de symptômes. Source : Merck Manuals Aponévrosite plantaire : facteurs de risque et populations touchées L’aponévrosite plantaire constitue la principale cause de douleurs au talon (talalgies) chez l’adulte. Elle est à l’origine d’environ 10 % des consultations pour des pathologies du pied. Elle concerne entre 4 % et 7 % de la population générale, et l’on estime qu’une personne sur dix y sera confrontée au cours de sa vie. Elle touche plus particulièrement les adultes en période d’activité. L’épine calcanéenne , quant à elle, est mise en évidence à l’imagerie chez 10 % à 30 % de la population générale, et jusqu’à 50 % des patients atteints d’aponévrosite plantaire chronique. Analyse démographique : L'effet de l'âge et du genre Tranche d'âge : L’aponévrosite plantaire atteint surtout les adultes âgés de 40 à 60 ans. Sa fréquence augmente avec l’âge, en raison de la diminution d'élasticité des tissus et de l'accumulation des contraintes mécaniques subies par le pied. Elle est rare chez l’enfant et l’adolescent, sauf en cas de pratique sportive intensive. Genre : Les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes, une différence qui pourrait s’expliquer par des facteurs hormonaux, le port de chaussures inadaptées (talons hauts, semelles trop fines) ou des particularités biomécaniques propres à la morphologie féminine. L'influence du mode de vie : Travail et sport Facteurs professionnels Certaines activités professionnelles exposent davantage au risque d’aponévrosite plantaire, notamment : Les métiers qui imposent une station debout prolongée (enseignants, personnels soignants, commerçants) Les professions nécessitant des piétinements répétés ou le port de charges lourdes Les environnements de travail sur sols durs, notamment dans les secteurs de l’industrie ou de la restauration. Facteurs sportifs Sur le plan sportif, l’aponévrosite plantaire est fréquente : Chez les coureurs où elle représente 10 à 15 % des blessures liées à la course Dans les sports avec impacts répétés (basketball, football, handball, volleyball, danse…) Dans les disciplines qui impliquent des changements rapides de direction. Les erreurs d’entraînement comme une augmentation trop brutale du volume ou de l’intensité des efforts, constituent par ailleurs un facteur de risque majeur. Autres facteurs de risque : qu’est-ce qui aggrave la situation ? Plusieurs éléments peuvent augmenter significativement le risque de développer une aponévrosite plantaire. Parmi eux : Le surpoids et l’obésité, qui augmentent les contraintes mécaniques exercées sur le pied. La morphologie du pied : Un pied trop plat ou trop creux modifie la répartition des pressions. La biomécanique : Une rétraction du triceps sural (mollet trop court) tire sur la chaîne postérieure et met l'aponévrose sous tension. Le diabète et certaines pathologies métaboliques Une reprise d'activité physique trop violente après une longue période de sédentarité. Évolution et pronostic Si la majorité des cas connaissent une issue favorable en 6 à 18 mois grâce à une prise en charge adaptée, la vigilance reste de mise : Chronicité : Environ 10 % des patients voient leurs douleurs persister au-delà de 6 mois. Récidives : Le risque de rechute est élevé si les facteurs déclenchants (chaussage, surpoids, défaut technique) ne sont pas corrigés durablement. Aponévrosite plantaire : Comprendre le passage de la contrainte mécanique à la douleur Source : Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry L’aponévrosite plantaire est le plus souvent la conséquence de microtraumatismes répétés au niveau de l’insertion de l’aponévrose sur le talon. Ce stress mécanique provoque : Une désorganisation structurelle : les fibres de collagène perdent leur alignement naturel. Une fasciopathie : on observe une dégénérescence du tissu plutôt qu' une inflammation. Une fragilisation : les capacités naturelles de réparation tissulaire diminuent. À long terme, cette traction excessive sur l’aponévrose peut irriter l'os au niveau du calcanéum et favoriser l'apparition d'une épine calcanéenne. Plusieurs déséquilibres biomécaniques entrent en jeu dans l’apparition et l’entretien de la pathologie : Une hyperpronation (le pied qui s'affaisse vers l'intérieur) Une raideur du tendon d'Achille Des dysfonctions de la chaîne musculaire postérieure (mollets (triceps sural), tendon d’Achille, ischio-jambiers, muscles fessiers, muscles du dos) Des troubles de la statique globale du corps : mauvais alignement du corps (pieds, genoux, bassin, colonne vertébrale), entraînant une répartition inégale des appuis au sol et une surcharge anormale sur certaines zones du pied, notamment l’aponévrose plantaire Reconnaître les signes cliniques de l’aponévrosite Plantaire L’aponévrosite plantaire se manifeste par des signes cliniques caractéristiques, qui permettent généralement d’orienter rapidement le diagnostic. Les patients décrivent le plus souvent : Une douleur sous le pied, localisée au niveau du talon, souvent ressentie comme un clou ou une brûlure Une douleur particulièrement intense lors des premiers pas du matin ou après une position assise prolongée (on parle de douleur de démarrage) Une douleur qui s'atténue parfois après quelques pas (échauffement) pour revenir de plus belle après une activité prolongée. Une sensibilité marquée à la palpation de la zone d’insertion de l’aponévrose sur le calcanéum. Il est important de noter que la présence d’une épine calcanéenne n’augmente pas nécessairement l’intensité des douleurs. Elle constitue davantage un indicateur d’ancienneté du trouble qu’un facteur aggravant en soi. Prise en charge de l’aponévrosite plantaire : des traitements principalement conservateurs La prise en charge de l’aponévrosite plantaire repose avant tout sur des traitements conservateurs, dans une approche multidisciplinaire. Les mesures médico-rééducatives incluent : Une mise au repos relatif associé à une adaptation des activités physiques des étirements réguliers de l’aponévrose plantaire et du tendon d’Achille des séances de physiothérapie telles que les ondes de choc ou les ultrasons. Le port d’orthèses plantaires (semelles) pour corriger les appuis La prescription d’anti-inflammatoires, dont l’efficacité reste limitée dans les formes chroniques. Exercices proposés par Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry En complément, certaines techniques peuvent être associées pour optimiser la récupération comme : les massages profonds pour détendre les tissus, la cryothérapie pour réduire l’inflammation les exercices de renforcement musculaire et de proprioception pour stabiliser le pied permettent d’optimiser la récupération. Source : Benjamin Brochet - Kinésithérapeute et Ostéopathe à Chambéry Dans les cas rares où ces mesures ne suffisent pas, des infiltrations ou une intervention chirurgicale peuvent être envisagées mais elles restent exceptionnelles. Pourquoi consulter un ostéopathe pour une aponévrosite plantaire ? L’ostéopathie s’inscrit particulièrement bien dans la prise en charge de l’aponévrosite plantaire grâce à son approche globale et fonctionnelle, adaptée aux troubles multifactoriels. L’objectif du traitement ostéopathique est de : Diminuer les contraintes mécaniques exercées sur l’aponévrose plantaire Restaurer la mobilité des structures impliquées (notamment le pied, la cheville et le calcanéum) Rééquilibrer les chaînes musculo-fasciales (en agissant sur les tensions des mollets, des ischio-jambiers et du bassin). Pour atteindre ces objectifs, différentes techniques peuvent être utilisées : Travail myofascial sur l’aponévrose plantaire et la chaine postérieure Mobilisation du pied, de la cheville et du calcanéum Travail sur le tendon d’Achille et les muscles du mollet Interventions sur les structures à distance, comme le bassin, le genou ou le rachis. Sur le plan clinique, cette approche permet généralemen t : Une diminution significative des douleurs Une amélioration de la fonction et de la mobilité du pied L’ostéopathie s’intègre efficacement dans une prise en charge globale, en complément des traitements médicaux et rééducatifs. Sources de l'article National Library of Medicine - StatPearls : Article publié en Janvier 2024. Auteurs : Benjamin K. Buchanan; Reddog E. Sina ; Donald Kushner. Plantar Fasciitis (Fasciite plantaire) Cureus Journal of Medical Science : Article publié en décembre 2023. Auteurs : Shiva Sajja, Nubaha Elahi, Latha Ganti Plantar Fasciitis With a Calcaneal Spur (Fasciite plantaire avec un éperon calcané) Revue Médicale Suisse : Article publié en janvier 2014. Auteur : Thierry Fulpius Talalgies (aponévrosite plantaire) : comment les prendre en charge ? Université Aix Marseille : Mémoire de Diplôme d'État de Masseur-Kinésithérapeute soutenu par Nathanaël Balique en 2020. Efficacité de la thérapie par ondes de choc dans la prise en charge de la douleur chez les patients atteints de fasciite plantaire chronique Haute Autorité de Santé (HAS) : rapport publié en avril 2018 Evaluation des orthèses plantaires et des coques talonnières
- La course à pied abime-t-elle les genoux ?
Analyse scientifique, biomécanique, et approche ostéopathique 1. Course à pied et arthrose du genou : Idées reçues vs données scientifiques. La course à pied est l’une des activités physiques les plus pratiquées au monde en raison de son accessibilité, de ses bénéfices cardiovasculaires et de sa simplicité de mise en œuvre. Malgré ces avantages reconnus, une croyance tenace persiste : courir serait néfaste pour les genoux et favoriserait le développement de l’arthrose. Cette croyance repose principalement sur l’hypothèse selon laquelle les impacts répétés lors de la course entraineraient, à long terme, une usure progressive du cartilage articulaire. Les travaux scientifiques sur le sujet menés au cours des dernières décennies nuancent fortement cette hypothèse. Plusieurs études montrent que la course à pied pratiquée de manière récréative n’augmente pas le risque de développer une arthrose du genou et pourrait même exercer un effet protecteur sur la santé articulaire du genou. L’objectif de cet article est d’analyser cette question à la lumière des connaissances actuelles en physiologie, en biomécanique et en ostéopathie. Nous aborderons notamment : La physiologie et la biomécanique du genou pendant la course à pied . Les résultats des études scientifiques sur le lien entre course à pied et arthrose. Le rôle clé du renforcement musculaire dans la prévention des blessures. L’intérêt de l’approche ostéopathique dans la prise en charge du coureur. Anatomie fonctionnelle du genou lors de la course à pied. A) Une architecture articulaire sophistiquée Source : Institut Audomarois de Chirurgie Orthopédique et du Sport Le genou est une articulation synoviale complexe formée de trois articulations : L’articulation fémoro-tibiale médiale (entre le fémur et le tibia, côté interne) L’articulation fémoro-tibiale latérale (entre le fémur et le tibia, côté externe) L’articulation fémoro-patellaire (entre le fémur et la rotule). Ses principaux constituants sont : Les surfaces cartilagineuses recouvrant le fémur, le tibia et la patella (rotule) Les ménisques (interne et externe) Le complexe ligamentaire : incluant les ligaments croisés : antérieur (LCA ) et postérieur (LCP) les ligaments latéraux : latéral externe (LLE) et latéral interne (LLI). La capsule articulaire qui enveloppe l'ensemble Le cartilage articulaire mérite une attention particulière. C’est un tissu spécialisé composé de chondrocytes baignant dans une matrice extracellulaire riche en collagène et en protéoglycanes. Sa fonction est double : répartir harmonieusement les contraintes mécaniques au sein de l’articulation et réduire les frottements entre les surfaces osseuses. Sa particularité biologique réside dans son absence de vascularisation directe. Il ne peut se nourrir que par un processus de diffusion, activé par les phases alternées de compression et de décompression que génère le mouvement. B- Contraintes biomécaniques pendant la course Déroulé du pas en course à pied Lors de la course à pied, à chaque impact, les forces exercées sur le genou peuvent atteindre deux à trois fois le poids du corps. Une charge qui varie selon la technique de course et la vitesse de déplacement. Le déroulé du pas, et plus précisément la phase d'appui, comporte trois moments clés : Le contact initial : le pied se pose au sol tandis que la jambe libre effectue un mouvement talon‑fesse. L’absorption de l’impact : le corps amortit le choc grâce à l’action coordonnée des articulations du pied, du genou et de la hanche, ainsi que des muscles associés. La jambe libre passe de l’arrière vers l’avant. La propulsion permettant la progression : l’impulsion se fait généralement sur le gros orteil ; le mouvement talon‑fesse se transforme en lever de genou. La suspension : aucune jambe n’est en contact avec le sol et la jambe libre redescend pour préparer le prochain contact au sol. Dans ce processus, plusieurs structures anatomiques participent à l’absorption et à la répartition des contraintes mécaniques : Les muscles quadriceps, ischio-jambiers, triceps sural : ils contrôlent le mouvement du genou et absorbent une partie des impacts. Les tendons : qui emmagasinent l'énergie à l'impact pour la restituer lors de la propulsion. Les ménisques : répartiteurs de charge qui augmentent la surface de contact entre le fémur et le tibia et uniformisent les pressions sur l'articulation. Le cartilage : surface de glissement qui protège les surfaces osseuses. Il agit comme un coussinet déformable absorbant les chocs. Un aspect méconnu : le stress bénéfique Il faut dépasser la vision uniquement négative de ces contraintes. Loin de n'être qu'agressives, elles jouent un rôle dans l’adaptation biologique des tissus. En effet, selon un processus appelé mécanotransduction, l'os et le cartilage, soumis à des contraintes mesurées, répondent positivement en stimulant : la synthèse de collagène l’augmentation de la densité osseuse l’activité métabolique du cartilage. La course à pied favorise-t-elle l’arthrose du genou ? A) L'arthrose : une pathologie aux causes multiples L’arthrose est une affection dégénérative de l’articulation qui se manifeste par trois phénomènes majeurs : Une dégradation progressive du cartilage articulaire Une modification de l'os situé sous le cartilage (os sous-chondral) Une inflammation chronique au sein de l’articulation. Plusieurs facteurs peuvent favoriser son apparition, notamment : L’âge (usure naturelle) Le surpoids (qui augmente les contraintes mécaniques) Les traumatismes articulaires ( entorses , fractures) Certaines anomalies biomécaniques (mauvais alignement des membres inférieurs, déséquilibres musculaires) La prédisposition génétique. B) Ce que révèlent les études scientifiques La question des liens entre l’activité physique, en particulier la course à pied, et le développement de l’arthrose fait l’objet de débats scientifiques depuis de nombreuses années. Les données scientifiques contemporaines bousculent les idées reçues. Une étude menée dans le cadre de "l’Osteoarthritis Initiative" portant sur 2637 participants a montré que la pratique de la course à pied récréative n’était pas associée à une augmentation du risque d’arthrose symptomatique du genou ( source ). Une méta-analyse ayant compilé les données de plus de 125 000 individus a révélé des taux de présence d’arthrose variables selon le niveau de pratique : 3,5 % de cas chez les coureurs de loisir 10,2 % de cas chez les personnes sédentaires 13,3 % de cas chez les coureurs professionnels Ces résultats suggèrent qu'une pratique modérée et régulière de la course à pied pourrait avoir un effet protecteur sur l’articulation du genou tandis que la sédentarité ou la sursollicitation augmentent les risques. ( source ) Une revue systématique récente aboutit à des conclusions similaires : non seulement la course à pied n'aggrave pas les signes d’arthrose visibles à la radiographie, mais elle pourrait même contribuer à atténuer les douleurs articulaires. ( source ) C) La résilience du cartilage face à l'effort Grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), les chercheurs ont pu observer le comportement du cartilage en temps réel : Immédiatement après l’effort de course à pied, le cartilage subit une compression transitoire, avec une diminution de volume de 3 à 4%. Mais ce phénomène est réversible. En l'espace de 48 heures, le cartilage retrouve son aspect initial. Ces observations indiquent que le cartilage n'est pas une structure inerte, mais un tissu doté d'une importante capacité d'adaptation face aux contraintes mécaniques. ( source ) Les blessures les plus courantes chez le pratiquant de la course à pied Si la course à pied n'est pas la cause directe de l'arthrose, elle n'en demeure pas moins une activité exigeante associée à certaines pathologies spécifiques. Les blessures fréquemment rencontrées chez le coureur comprennent : Le syndrome fémoro-patellaire qui se manifeste par une douleur autour ou sous la rotule. Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale , plus connu sous le nom de « syndrome de l'essuie-glace », caractérisé par une douleur sur le côté externe du genou La tendinopathie rotulienne : une inflammation du tendon situé sous la rotule. Les syndromes de surcharge , liés à une sollicitation excessive des structures articulaires : l’effort dépasse la capacité de récupération du corps. L'origine de ces blessures est généralement attribuable à trois facteurs principaux : Une augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité de l’entraînement, ne laissant pas le temps aux tissus de s'adapter Des déséquilibres musculaires (faiblesse ou raideur localisée) affectant la répartition harmonieuse des contraintes Des anomalies ou altérations biomécaniques du membre inférieur (mauvaise posture, appui déséquilibré) perturbant le déroulé optimal du mouvement. En résumé : Les blessures de course à pied sont majoritairement des blessures de surutilisation, c'est-à-dire liées à une répétition excessive de contraintes plutôt qu'à un traumatisme unique. Le renforcement musculaire : le bouclier du coureur Le renforcement musculaire joue un rôle central dans la prévention des blessures chez le coureur. Il assure une stabilisation dynamique, réduit les contraintes articulaires et affine le contrôle neuromusculaire. A) La stabilisation du genou : une affaire de coordination musculaire Plusieurs groupes musculaires sont impliqués dans la stabilité de l'articulation du genou : Les quadriceps, à l'avant de la cuisse (droit fémoral, vaste médial, vaste latéral et vaste intermédiaire) Les ischio-jambiers, à l'arrière de la cuisse (biceps fémoral, semi-membraneux, semi-tendineux) Le muscle poplité Les muscles de la patte d'oie (sartorius, gracile, semi-tendineux) Le triceps sural, muscle du mollet (gastrocnémien médial, gastrocnémien latéral, soléaire) Les muscles fessiers notamment le moyen fessier Le tenseur du Fascia Lata (TFL) via la bandelette ilio-tibiale. L’action coordonnée de ces muscles remplit trois fonctions essentielles : Assurer la stabilisation dynamique du genou pendant la course Réduire les contraintes exercées sur les structures articulaires en absorbant une partie des chocs. Affiner le contrôle neuromusculaire lors de la course, c'est-à-dire la précision avec laquelle le système nerveux commande la contraction musculaire. a) Le quadriceps gardien de la rotule Le quadriceps joue un rôle majeur dans le maintien d'une position correcte de la rotule et le bon fonctionnement de l’articulation fémoro-patellaire. Plus précisément, c'est l'un de ses chefs musculaires, le vaste médial (situé sur la partie interne de la cuisse), qui assure cette fonction stabilisatrice. Un affaiblissement du vaste médial (partie interne du quadriceps) peut favoriser l'apparition de deux pathologies fréquentes : Le syndrome fémoro-patellaire (douleur à l’avant du genou) L’apparition de douleurs localisées sur la face antérieure du genou Dans ce contexte, le renforcement excentrique du quadriceps (c'est-à-dire son renforcement en phase d'allongement sous tension) est particulièrement intéressant pour améliorer la capacité du muscle à absorber les chocs lors de la réception au sol. b) La hanche, tour de contrôle du genou Source : NeuroXtrain On l'oublie souvent, mais la santé du genou dépend de la force de la hanche. La faiblesse des muscles fessiers, et plus particulièrement du moyen fessier, est fréquemment incriminée dans la survenue des blessures lors de la course à pied. Ce déficit musculaire peut entraîner trois conséquences biomécaniques néfastes : Un affaissement du bassin du côté opposé à la jambe d'appui (chute du bassin) Un rapprochement du genou vers l'intérieur lors de la phase d'appui (valgus dynamique) Une augmentation des contraintes exercées sur l’articulation fémoro-patellaire Le renforcement des abducteurs de hanche (muscle qui éloigne un membre de l'axe du corps) contribue donc à améliorer l’alignement du membre inférieur et à réduire les contraintes exercées sur le genou. 6. L’ostéopathie au service du coureur L’ostéopathie peut jouer un rôle bénéfique dans la prévention et la prise en charge des douleurs du genou chez le coureur. Elle s’appuie sur une approche fonctionnelle globale du corps, considérant que les différentes structures musculosquelettiques sont interdépendantes : Une douleur du genou peut ainsi être favorisée par des dysfonctions situées à distance, notamment au niveau : Du pied ou de la cheville (raideurs, pronation excessive) Du bassin (blocages, déséquilibres posturaux) De la colonne vertébrale (restrictions lombaires ou sacrées) Une limitation de mobilité dans l’une de ces zones peut modifier la biomécanique de course et augmenter les contraintes appliquées sur le genou. A) Dysfonctions fréquemment observées chez le coureur Chez les coureurs, certaines altérations fonctionnelles sont régulièrement rencontrées, telles que : Une limitation de la mobilité de la cheville, entravant le déroulé du pas Une hypomobilité du bassin, altérant l’équilibre du bassin et des membres inférieurs Des déséquilibres myofasciaux (tensions anormales dans les chaînes musculaires) Des restrictions de la chaîne musculaire postérieure (ischio-jambiers, fascias lombaires), perturbant la fluidité du mouvement. Ces dysfonctionnements peuvent perturber l’efficacité mécanique du mouvement et exposer le genou à des contraintes excessives ou mal orientées. B) Objectifs et modalités du traitement ostéopathique Le travail ostéopathique poursuit quatre objectifs complémentaires : Améliorer la mobilité articulaire des zones restrictives (cheville, bassin, colonne) Réduire les tensions musculaires et fasciales Optimiser la biomécanique globale du corps en mouvement Favoriser les processus naturels de récupération après l’effort. Pour y parvenir, le praticien utilise différentes techniques : Techniques myofasciales : travail sur les tensions des tissus conjonctifs Techniques articulaires : mobilisations douces pour restaurer l’amplitude des articulations Techniques fonctionnelles : correction des déséquilibres par des mouvements physiologiques. 7. Conclusion La course à pied est une activité bénéfique pourvu qu'elle soit pratiquée avec progressivité, associée à un travail de préparation physique adapté au coureur et lorsque nécessaire, accompagnée d'un regard ostéopathique attentif. Idéalement l’ostéopathie s’inscrit dans une stratégie pluridisciplinaire, incluant : Une adaptation raisonnée des charges d'entraînement (progression, récupération) ; Un renforcement musculaire ciblé (hanche, quadriceps, tronc) ; Une amélioration de la technique de course (foulée, appuis). 8. Sources de l'article National Library of Medicine - The Orthopaedic Journal of Sports Medicine : article publié en mars 2023. Auteurs : Jaydeep Dhillon, Matthew J Kraeutler, John W Belk, Anthony J Scillia, Eric C McCarty, Jeremy K Ansah-Twum, Patrick C McCulloch Effects of Running on the Development of Knee Osteoarthritis: An Updated Systematic Review at Short-Term Follow-up (Effets de la course à pied sur le développement de l’arthrose du genou : une revue systématique mise à jour lors d’un suivi à court terme) Houston Methodist - Orthopedics & Sports Medicine : Article paru en septembre 2023. Auteur : Eden McCleskey Knee Osteoarthritis and Running: Is There a Connection or Does the Sport Get a Bad Rap? (Arthrose du genou et course à pied : y a-t-il un lien ou ce sport a-t-il mauvaise réputation ?) American college of Rheumatology : Article paru en février 2017. Auteurs : Grace H Lo, Jeffrey B Driban, Andrea M Kriska, Timothy E McAlindon, Richard B Souza, Nancy J Petersen, Kristi L Storti, Charles B Eaton, Marc C Hochberg, Rebecca D Jackson, C Kent Kwoh, Michael C Nevitt, Maria E Suarez-Almazor Is There an Association Between a History of Running and Symptomatic Knee Osteoarthritis? A Cross-Sectional Study From the Osteoarthritis Initiative (Existe-t-il un lien entre des antécédents de course et une arthrose symptomatique du genou ? Une étude transversale de l’Initiative pour l’arthrose) Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy (JOSPT) : Article paru en juin 2017. Auteurs : Eduard Alentorn-Geli, Kristian Samuelsson, Volker Musahl, Cynthia L Green, Mohit Bhandari, Jón Karlsson The Association of Recreational and Competitive Running With Hip and Knee Osteoarthritis: A Systematic Review and Meta-analysis (L’association de la course récréative et compétitive avec l’arthrose de la hanche et du genou : une revue systématique et une méta-analyse) Osteoarthritis and Cartilage : Article paru en février 2023 (Volume 31, No 2). Auteurs : S.L. Coburn, K.M. Crossley,, J.L. Kemp, S.J. Warden, T.J. West, A.M. Bruder, B.F. Mentiplay, A.G. Culvenor. Is running good or bad for your knees? A systematic review and meta-analysis of cartilage morphology and composition changes in the tibiofemoral and patellofemoral joints (Courir est-il bon ou mauvais pour vos genoux ? Une revue systématique et une méta-analyse de la morphologie du cartilage et des changements de composition dans les articulations tibiofémorales et patellofémorales). Clinical Journal of Sport Medicine : Article publié en 2002. Auteurs : Michael Fredericson and Christopher M. Powers Practical Management of Patellofemoral Pain (Prise en charge pratique du syndrome douloureux fémoro-patellaire) Sports Med : Article publié en janvier 2022. Auteurs : Michaela C. M. Khan, James O’Donovan, Jesse M. Charlton, Jean-Sébastien Roy, Michael A. Hunt & Jean-François Esculier The Influence of Running on Lower Limb Cartilage: A Systematic Review and Meta-analysis (L’influence du running sur le cartilage des membres inférieurs : une revue systématique et une méta-analyse) MD Edge : Article publié en février 2023. Auteur Bianca Nogrady Running does not cause lasting cartilage damage (La course ne cause pas de dommages durables au cartilage) Top Forme : Auteur : Blaise Dubois physiothérapeute, fondateur de La Clinique du coureur Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale Article paru en 2020 Le syndrome fémoro-patellaire Article paru en 2021
- Ostéopathie et pathologies respiratoires chroniques : Partie 1 - L’asthme
Pathologies respiratoires chroniques Les maladies respiratoires chroniques touchent plus de 550 millions d’adultes dans le monde, c’est l’une des principales causes de décès et d’invalidité. Ici, nous aborderons trois pathologies courantes, chacune détaillée dans un article mensuel. L’Asthme (présent article) La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) (article à venir) L’Apnée du sommeil (article ultérieur) L’ASTHME Asthme 1) Définition et épidémiologie L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes inférieures, associant des symptômes respiratoires paroxystiques (dyspnée, toux…) et une obstruction chronique des voies aériennes. C’est une maladie chronique probablement inscrite dans les gènes. Elle évolue le plus souvent par des poussées (crises) dont l’aspect aigüe et sifflante représente la caractéristique majeure . C’est une pathologie liée à une inflammation bronchique permanente plus ou moins importante . L’inflammation est une réponse immunitaire . Cette inflammation bronchique peut s’aggraver progressivement (surtout si elle n’est pas traitée) pour aboutir à une gêne permanente voire à une insuffisance respiratoire chronique obstructive . En France , la prévalence de l’asthme est de 7% chez l’adulte et 10 à 15% des enfants. Il y a donc environ 4 millions d’asthmatiques . L’asthme peut aussi être une maladie professionnelle : environ 10 % des cas d’asthme en France . La prévalence de l’asthme a doublé au cours des vingt dernières années dans les pays développés. 2) Clinique La crise d’asthme La crise d’asthme est caractérisée par une contraction importante des bronches. Lors de la crise, il se produit une sécrétion excessive de mucus qui obstrue les bronches. La crise d’asthme empêche l’entrée d’un volume suffisant d’air dans les alvéoles pulmonaires. Elle peut dans les cas les plus graves entrainer une hypoxémie sévère et une tachycardie. Le principal risque d’une crise d’asthme est la détresse respiratoire, pouvant conduire à une désaturation en oxygène nécessitant une hospitalisation en urgence. Environ la moitié des asthmatiques ne font pas de crise. L’asthme peut s’exprimer de façon chronique par des manifestations moins typiques : Sensation d’oppression thoracique Essoufflement ou difficultés respiratoires parfois au repos Dyspnée ou toux déclenchée par l’effort Épisode de gêne nocturne entraînant le réveil Sifflement expiratoires transitoires On distingue quatre catégories d’asthmes : L’asthme intermittent L’asthme persistant léger L’asthme persistant modéré L’asthme persistant sévère Source : Muriel Anthonot (UNSPF, ANEPF, Université de Lorraine) 3) Facteurs de risque et diagnostic Facteurs de risque : Génétique Terrain atopique (allergies) Effort Tabagisme actif/passif Six professions à risque : Boulangers/pâtissiers, coiffeurs, agents de nettoyage, peintres, travailleurs du bois et professionnels de santé. Médicaments : B-bloquants, AINS (anti-inflammatoires), aspirine Infection respiratoire virales RGO (reflux gastro-œsophagien) Les gènes impliqués sont nombreux et encore incomplètement identifiés. Certains d’entre eux conditionnent l’existence de l’hyperréactivité bronchique. D’autres interviennent pour déterminer le caractère particulier de l’inflammation bronchique de l’asthmatique (inflammation de type TH2.) Diagnostic En situation aigüe : Le diagnostic se fait par la crise d’asthme. Le diagnostic en situation aigüe ne pose donc pas de problème. En l’absence de crise , le patient présente des symptômes tels des bronchites à répétition. Un premier bilan médical permet d’apprécier les symptômes et leur évolution, de questionner la présence de facteurs de risque, l’environnement, la concomitante d’éventuelles autres pathologies. Pour confirmer le diagnostic, un pneumologue réalisera un EFR = Exploration Fonctionnelle Respiratoire. Cet examen non invasif permet d’évaluer la capacité respiratoire. La spirométrie, la pléthysmographie et la mesure de capacité de diffusion sont des examens non douloureux au cours desquels il est demandé au patient de respirer dans un embout situé dans la bouche. Autre examen : d es tests cutanés peuvent être réalisés par un allergologue pour vérifier l’origine et la nature de l’allergène. 4) Traitements Les crises d'asthme ne sont que l’aspect spectaculaire de la maladie. L'asthme est caractérisé par la présence, y compris entre les crises, d'une inflammation persistante des voies aériennes. Le traitement médical de l’asthme repose sur la combinaison de : L'éducation thérapeutique La prise en charge des facteurs aggravants ou étiologiques de l’asthme La prescription de médicaments Deux catégories de médicaments : o Bronchodilatateurs (pour la crise) o Anti-inflammatoires et/ou antihistaminiques (traitement de fond) 5) Le diaphragme, pilier de la respiration Système respiratoire Source : msdmanuals.com Le diaphragme est un muscle large et mince, situé à la base des poumons, qui joue un rôle crucial dans la respiration. Ce muscle en forme de dôme sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale. Lors de l'inspiration, le diaphragme se contracte et descend, permettant ainsi aux poumons de se remplir d'air. Lors de l'expiration, il se relâche et remonte, facilitant l'expulsion de l'air des poumons. Chez un patient asthmatique, le diaphragme se retrouve souvent sur-sollicité. Certains muscles comme les scalènes, SCOM (sterno-cléido-occipito-mastoïdien), les intercostaux externes, les pectoraux ainsi que les trapèzes sont dits inspirateurs accessoires, en cas de besoin ils se contractent de manière excessive pour aider le diaphragme : ce phénomène est appelé tirage musculaire. 6) L'asthme - Apport de l’ostéopathie De par son approche globale du corps, l’ostéopathie peut offrir en complément du suivi médical plusieurs apport bénéfiques aux patients asthmatiques : Amélioration de la fonction respiratoire L’ostéopathie peut se focaliser sur la cage thoracique, le diaphragme et les muscles thoraciques pour améliorer leur mobilité. Par des techniques viscérales notamment, il est possible de faciliter l’expansion pulmonaire et d’améliorer la capacité respiratoire. Amélioration de la mobilité thoracique En utilisant des techniques articulaires sur les côtes et le rachis notamment. Réduction des tensions musculaires et ligamentaires Les patients asthmatiques peuvent développer des tensions au niveau des muscles du cou, des épaules et du dos, souvent dues à une respiration superficielle ou à l’anxiété associée . L’ostéopathie aide à relâcher ces tensions, ce qui peut améliorer le confort respiratoire 7) Sources de l'article SANTÉ PUBLIQUE FRANCE : Article mis à jour le 23 octobre 2024 Asthme INSERM : Dossier réalisé en collaboration avec Patrick Berger et Valérie Siroux. Publié le 13/07/2023. Asthme : Une inflammation chronique des bronches de mieux en mieux contrôlée OMS : Dossier publié le 6 mai 2024 Asthme medportal : Plate-forme d'information et de services de Novartis Pharma Suisse. Asthme Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) Tout savoir sur l'asthme National Library of Medecine : Thomas Boinet, Claire Leroy DavidArticle publié en février 2021 L'asthme chez l’adulte Manual Therapy, Posturology & Rehabilitation Journal : Article de Rodrigo Medina Vasconcelos Lago, Marco Antônio Figueiredo da Silva Filho, Alan Carlos Nery dos Santos Effect of osteopathic maneuvers in the treatment of asthma: review of literature French Clinical Research Infrastructure Network (F-CRIN) : communiqué de presse publié le 01 mai 2023 CRISALIS (réseau F-CRIN) dévoile 4 nouvelles études auxquelles les asthmatiques sévères peuvent participer ! Institut de formation supérieure en ostéopathie de Rennes (IFSO Rennes) : Mémoire de Louisia Fred réalisé en partenariat avec l’APHP BICHAT à Paris et publié en 2016 Effets d’un traitement ostéopathique sur la symptomatologie de l’asthme. Etude de la validité d’un protocole.
- Ostéopathie pour la femme enceinte
Une approche thérapeutique complémentaire. N'hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. La grossesse est une période de grands bouleversements physiologiques pour la femme. Les modifications corporelles, notamment au niveau du bassin et de la colonne vertébrale, peuvent engendrer des douleurs et des tensions musculaires et articulaires. L'ostéopathie périnatale offre un accompagnement précieux pour atténuer la majorité des inconforts liés aux changements corporels durant cette période. En quoi consiste une consultation en ostéopathie pour une femme enceinte? L'ostéopathe réalise un examen approfondi, en tenant compte de l'histoire médicale de la patiente et des particularités de sa grossesse. Chaque geste de l’ostéopathe est ajusté aux différents stades de la grossesse et dans le respect des limites du corps de la femme enceinte. Les techniques employées sont douces et visent à assurer confort et sécurité pour la maman et le bébé. Ostéopathie et femme enceinte Bienfaits de l’ostéopathie pendant la grossesse - Soulagement des douleurs articulaires : L’ostéopathe peut soulager les douleurs lombaires, dorsales, les sciatiques, et les douleurs du bassin, souvent exacerbées par les transformations corporelles de la grossesse. - Réduction des symptômes digestifs : En travaillant sur la mobilité des organes internes les nausées et vomissements, fréquents en début de grossesse, peuvent être atténués. - Réduction des inconforts circulatoires : Pendant le second et le troisième trimestre, des techniques spécifiques sur le système vasculaire permettent de réduire les crampes, les gonflements et la sensation de jambes lourdes. - Préparation à l’accouchement : Pour un accouchement par voie basse, il est essentiel de maintenir une bonne mobilité du bassin, afin de faciliter la descente du bébé. Un travail sur le diaphragme et le plancher pelvien peut également aider à optimiser la respiration et la gestion de l’effort. Quand consulter un ostéopathe durant la grossesse Il n'y a pas de moment idéal pour commencer un suivi ostéopathique pendant la grossesse. Il est recommandé de consulter dès l'apparition de douleurs ou de gênes, mais également en prévention pour accompagner le corps dans ses transformations. Idéalement, un suivi trimestriel est conseillé pour garantir une bonne mobilité et prévenir les contraintes physiques. Le nombre de séances variera selon les besoins spécifiques de chaque femme. Et après l'accouchement ? L'ostéopathe aide la maman à récupérer la mobilité des structures corporelles sollicitées durant la grossesse et l’accouchement. Elle peut notamment soulager les douleurs du périnée, les tensions abdominales et les douleurs lombaires liées à l'allaitement.
- Troubles de la marche chez l’enfant
1) Comprendre une étape clé du développement de l'enfant. L’acquisition de la marche est une étape majeure du développement de l’enfant. Elle marque l’accès à l’autonomie, favorise l’exploration de l’environnement et témoigne de la croissance globale de l’enfant. Toutefois, certains enfants présentent des particularités dans leur manière de marcher : instabilité posturale, marche asymétrique, marche sur la pointe des pieds ou retard dans l’acquisition de la déambulation. Ces signes constituent des motifs fréquents de consultation en pédiatrie et en rééducation fonctionnelle. Cet article propose une synthèse des connaissances scientifiques relatives aux troubles de la marche chez le jeune enfant. Il explore les mécanismes susceptibles d’y contribuer et évalue l’intérêt de l’intervention ostéopathique dans leur prise en charge. 2) Reconnaître un trouble de la marche chez l'enfant : définition et signes d'alerte. La marche est une acquisition motrice complexe, généralement observée entre 10 et 18 mois. Elle repose sur la coordination et l’intégration harmonieuse des systèmes neurologique, musculaire, articulaire et sensoriel. Un trouble de la marche est suspecté lorsque l’enfant présente un ou plusieurs des signes suivants : Un retard significatif dans l’acquisition de la marche Une asymétrie persistante de la démarche : une différence notable de mouvement ou d'appui entre le côté droit et le côté gauche. Une démarche atypique : telles que la marche en équin (sur la pointe des pieds), une rotation interne excessive des membres ou une claudication (boiterie). Un défaut d'équilibre : se manifestant par une instabilité flagrante ou des chutes anormalement fréquentes. Il est important de différencier ces situations pathologiques des variations normales du développement qui comprennent : Une marche sur la pointe des pieds, transitoire et sans caractère pathologique Un genu varum (jambes arquées), physiologique avant l'âge de 2 ans Un genu valgum (jambes tournées en dedans), habituel autour de 3 à 4 ans. Source : Collège National des Pédiatres Universitaires (CNPU) Une expertise médicale devient nécessaire quand ces manifestations normales perdurent, s'accentuent ou s'accompagnent d'une gêne fonctionnelle. 3) Les mécanismes en jeu lors de la marche La marche ne repose pas uniquement sur l’action des jambes : elle résulte d’une coordination globale de l’ensemble du corps. a) Le rôle central du cerveau dans la coordination de la marche Le cerveau agit comme un chef d’orchestre. Il envoie des messages aux muscles pour coordonner les mouvements et ajuste en permanence la posture, l’équilibre et l’enchaînement des pas. Toute perturbation de ce système de commande peut se traduire par une marche instable ou maladroite. b) Équilibre et systèmes sensoriels : des éléments clés de la marche Pour marcher, l’enfant s’appuie sur plusieurs canaux sensoriels : La vision : pour anticiper l'espace à parcourir et les obstacles. Le système vestibulaire, situé dans l'oreille interne : qui renseigne sur la position et les mouvements de la tête pour maintenir l'équilibre. La proprioception : c'est-à-dire les sensations issues des récepteurs situés dans les pieds, les muscles et les articulations, qui informent le cerveau sur la position du corps dans l'espace. La synergie de ces informations permet au corps d’ajuster en permanence sa position et ses mouvements. Si l’un de ces systèmes est altéré, la marche devient moins stable et les chutes plus fréquentes. c) Articulations et muscles : leur influence sur la qualité de la démarche. Une marche harmonieuse exige une liberté de mouvement totale au niveau du bassin, des hanches, des genoux, des chevilles et du dos. Lorsqu'une restriction de mobilité survient dans l'une de ces zones, le corps met en place des stratégies de compensation, ce qui peut engendrer une asymétrie et modifier la posture. À long terme, ces mécanismes compensatoires peuvent altérer la qualité de la marche. En résumé, la marche chez l'enfant résulte de l'interaction synergique de plusieurs composantes : Une commande cérébrale précise Un système d'équilibre et de perception sensorielle efficace Une musculature adaptée Des articulations mobiles. 4) Origines des troubles de la marche chez l’enfant La démarche de l'enfant peut être altérée par des divers facteurs, qu’on regroupe habituellement en trois grandes catégories. a) Causes neurologiques des troubles de la marche Certaines atteintes du développement neurologique peuvent modifier le tonus musculaire et la coordination. Exemple : un enfant grand prématuré peut présenter un tonus musculaire plus faible rendant la marche tardive ou instable ; une paralysie cérébrale peut entrainer une marche sur la pointe des pieds à cause d’une hypertonie musculaire. Dans ces situations, la prise en charge médicale spécialisée est indispensable. b) Causes orthopédiques influençant la démarche Ici, ce sont les anomalies affectant l’intégrité des os, des articulations ou la structure des membres inférieurs qui sont en cause On peut citer, à titre d’exemples, la dysplasie de la hanche, une inégalité de longueur des membres inférieurs ou encore des pieds très plats. Ces situations sont le plus souvent évaluées par un pédiatre ou un chirurgien orthopédiste. c) Troubles fonctionnels de la marche chez l’enfant Parfois, aucune cause neurologique ni orthopédique n’est observée. On parle alors de troubles fonctionnels de la marche. Ainsi, un enfant qui tombe fréquemment sans anomalie médicale apparente peut souffrir d’un déséquilibre postural. De même, un manque de mobilité de la cheville peut forcer le corps à compenser au niveau du genou ou du dos. Le corps s’adapte, mais les ajustements opérés nuisent à la fluidité et à la qualité du mouvement. Recommandation Quel que soit le contexte, un bilan médical est toujours la première étape. Il permet d’écarter l’hypothèse d’une cause organique avant d'orienter l'enfant vers une prise en charge thérapeutique complémentaire (kinésithérapie, ostéopathie…). 5) Ostéopathie et troubles de la marche chez l’enfant : apport et limites. L’ostéopathie repose sur un principe simple : le corps possède une capacité naturelle d’adaptation et de maintien de son équilibre. Appliquée à la pédiatrie, cette discipline vise à accompagner le développement de l’enfant en favorisant sa mobilité articulaire et son harmonie posturale. L’ostéopathe ne pose pas de diagnostic médical, mais procède à une évaluation attentive de: La mobilité des différentes articulations, La symétrie du bassin, La qualité des appuis au sol, L'harmonie de la posture générale. Exemples d'interventions sur les troubles fonctionnels Dans le cadre de troubles fonctionnels - après exclusion de toute cause médicale -l’ostéopathie peut apporter une réponse pertinente dans les situations suivantes : Chutes fréquentes sans cause médicale identifiée : en agissant sur la mobilité du bassin et des chevilles, l'ostéopathe peut contribuer à améliorer la stabilité posturale et la proprioception de l'enfant. Marche sur la pointe des pieds sans origine neurologique : certaines tensions musculo-aponévrotiques (notamment au niveau des mollets ou du fascia plantaire) peuvent être traitées par des techniques douces pour faciliter le déroulement du pas . Fatigabilité à la marche : une amélioration de la mobilité générale permet une meilleure répartition des charges et une marche moins énergivore. Note sur la pratique : Les manipulations appliquées sur l’enfant sont douces, adaptées à l'âge et à la morphologie de l'enfant, et respectent son rythme et sa réceptivité du moment. 6) Ostéopathie pédiatrique et troubles de la marche chez l'enfant : état des connaissances scientifiques Les données scientifiques concernant l’ostéopathie pédiatrique demeurent à ce jour limitées et en cours de développement. Certaines études suggèrent un intérêt de l’ostéopathie dans la prise en charge des troubles musculo-squelettiques fonctionnels. Toutefois, plusieurs points doivent être soulignés : Le niveau de preuve scientifique actuel reste modéré : les études disponibles présentant souvent des effectifs limités ou des méthodologies hétérogènes. Des études cliniques à plus grande échelle sont nécessaires pour confirmer ces premières tendances et préciser les indications. Il est impératif de rappeler que l'ostéopathie ne saurait en aucun cas se substituer à un suivi médical conventionnel. À cet égard, la Haute Autorité de Santé (HAS) souligne l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire dès qu’un trouble du développement moteur est suspecté. Dans cette optique, l'ostéopathie doit être envisagée comme un outil thérapeutique complémentaire, intégré à un parcours de soins global, au même titre que la kinésithérapie ou le suivi pédiatrique. 7) Développement de la marche chez l'enfant : quand solliciter un professionnel ? Il est conseillé de consulter un médecin ou un ostéopathe quand on observe l'une des situations suivantes : L’enfant ne marche toujours pas après 18 mois. Il perd des acquisitions motrices déjà maîtrisées. Sa démarche présente une nette asymétrie. Il manifeste une douleur en marchant. Les chutes demeurent très fréquentes après l’âge de 3 ans. Un retard global du développement est observé (langage, motricité fine, coordination…). 8) Aider l’enfant à mieux marcher : l’efficacité d’une prise en charge conjointe entre pédiatre et ostéopathe Les troubles de la marche chez l’enfant sont courants et le plus souvent sans gravité, mais ils doivent toujours faire l’objet d’une évaluation attentive. La marche est une fonction complexe qui sollicite à la fois le cerveau, l'équilibre, la force musculaire et la mobilité des articulations. L’ostéopathie peut compléter la prise en charge médicale de certains troubles fonctionnels en favorisant sur la mobilité et l’équilibre postural. Cette approche coordonnée, progressive et rassurante permet d’accompagner l’enfant vers une marche plus stable et harmonieuse. 9) Sources de l'article Haute Autorité de Santé : Recommandation de bonne pratique - Mis à jour le 19 mars 2020. Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque Revue médicale « American Family Physician » : Article publié en juillet 2017. Auteurs : Caitlyn M. Rerucha, MD; Caleb Dickison, DO ; Drew C. Baird, MD Lower Extremity Abnormalities in Children (Anomalies des membres inférieurs chez l'enfant) Société Francophone d’Etudes et de Recherche sur les Handicaps de l’Enfance (SFERHE) : Guide de l’apprentissage des troubles de la marche chez l’enfant HAL open science - Université de Picardie Jules Verne faculté de médecine d’Amiens : Thèse de Olivier Carnel soutenue en juin 2015. Les troubles de la marche de l’enfant du normal à l’anormal Collège de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique : Présentation du Dr Anne-Laure Simon (Hôpital Robert Debré Paris). Conduite à tenir devant une boiterie chez l’enfant
- Accompagnement ostéopathique après une césarienne.
Source : Ramsay Santé 1) Accouchement par césarienne : introduction et questions fréquentes. La césarienne fait aujourd’hui partie intégrante de la pratique obstétricale. Si elle permet de sauver des vies lorsqu’elle est médicalement indiquée, elle soulève aussi de nombreuses questions pour les femmes qui la vivent : conséquence sur le corps, récupération, douleurs persistantes, impact sur les grossesses futures. 2) La césarienne : cadre thérapeutique, contextes d'intervention et modalités d’anesthésie. La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le nouveau-né par une incision de la paroi abdominale et de l’utérus. Elle est pratiquée lorsque l'accouchement par voie naturelle présente un danger pour la mère ou le bébé. L’intervention se déroule le plus souvent sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie), ce qui permet à la mère de rester consciente lors de la naissance. Dans certaines situations d’urgence, une anesthésie générale peut toutefois s’avérer nécessaire. On distingue deux types d'interventions : La césarienne programmée : planifiée avant le début du travail pour des raisons médicales connues à l’avance. La césarienne d'urgence : décidée pendant le travail suite à une complication imprévue. 3) Césarienne : chiffres clés en France et dans le monde. À l'échelle mondiale, environ 20 % des naissances se font par césarienne, avec des variations importantes selon les pays : Moins de 5 % dans certains pays disposant de faibles ressources. Entre 40 % et 50 % dans certains pays industrialisés. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un taux situé entre 10 % et 15 % suffit à répondre aux indications médicales justifiées, tout en évitant de soumettre inutilement les femmes aux risques inhérents à une intervention chirurgicale. La France se positionne légèrement au-dessus de cette recommandation internationale, avec une proportion de naissances par césarienne entre 20 % et 21 % soit 1 naissance sur 5. Ce taux est stable depuis plusieurs années. 4) Pourquoi recourir à une césarienne ? Les principales indications médicales. Les indications de la césarienne peuvent être d’origine maternelle, fœtale ou obstétricale. Les indications maternelles Certaines conditions de santé chez la mère peuvent rendre l'accouchement naturel périlleux. Pathologies vasculaires : Notamment la prééclampsie (hypertension artérielle sévère). Pathologies cardiaques : Certaines affections du cœur qui ne supporteraient pas l'effort de la poussée. Obstacles anatomiques : Anomalies de la structure du bassin ou antécédents de chirurgie pelvienne complexe. Les indications fœtales Le bien-être de l'enfant est un facteur décisif : Souffrance fœtale aiguë : rythme cardiaque anormal, enroulement du cordon autour du cou, etc. Présentation atypique l’enfant : par le siège (pieds ou fesses en premier). Pathologies spécifiques de l'enfant : Présence de certaines malformations nécessitant une extraction sécurisée. Les indications obstétricales Ces motifs surviennent généralement durant le travail : Absence de progression de la dilatation du col. Inefficacité ou irrégularité des contractions. Disproportion fœto-pelvienne (macrosomie) : Inadéquation entre la taille de l'enfant et les dimensions du bassin maternel empêchant le passage. 5) Comment se déroule une césarienne ? Risques opératoires et complications possibles pour la mère et l'enfant. Source : kinedelafemme sur instagram Une fois l'anesthésie installée, le praticien procède à l'incision. Pour atteindre l'enfant, il doit traverser sept couches anatomiques successives : La peau, la graisse sous-cutanée, l'aponévrose (membrane couvrant les muscles), les muscles droits de l’abdomen qui sont écartés latéralement sans être sectionnés, le péritoine (membrane tapissant la cavité abdominale), le myomètre (paroi musculaire de l'utérus) et la poche amniotique. Après avoir ouvert l'utérus et la poche amniotique, il extrait le nouveau-né (par la tête ou le siège) . Le cordon ombilical est clampé et coupé, puis le placenta est retiré. L'intervention se termine par une suture méticuleuse, plan par plan, de chaque couche sectionnée. La vidéo ci-dessus est une animation en 3D, permettant de visualiser le déroulé habituel de ce geste chirurgical. La source originale en anglais provient de la chaine YouTube @RMH Animations. La présente adaptation en français provient de la chaine YouTube @WshKdog. La césarienne permet une naissance rapide et contrôlée, réduisant certains risques pour la mère et l’enfant. Cependant elle demeure un acte invasif comportant des risques et des complications potentielles que l'équipe médicale surveille étroitement. Risques pour la mère À court terme, les principaux risques sont : une infection de la cicatrice ou de l’utérus, des saignements plus importants (hémorragie) que lors d’un accouchement par voie basse, des douleurs postopératoires liées à la cicatrisation, ainsi que, plus rarement, des complications liées à l’anesthésie. Des lésions d’organes voisins, tels que la vessie ou les intestins, peuvent également survenir, bien que ces complications restent exceptionnelles. Le risque de formation de caillots sanguins (thrombose veineuse) constitue aussi un point de vigilance après l’intervention. À long terme la présence d’une cicatrice sur la paroi de l’utérus peut fragiliser celui-ci lors des grossesses ultérieures, augmentant les risques de rupture utérine ou d'anomalies de positionnement du placenta . Risques pour le nouveau-né Les complications sont rares. Cependant, sans la compression des voies naturelles lors de la sortie, le bébé n'a pas pu expulser spontanément le liquide présent dans ses poumons durant sa vie intra-utérine. Cela peut entraîner une gêne respiratoire passagère, le temps que ses poumons "s'assèchent" et finissent d'absorber ce liquide pour laisser place à l'air. Malgré ces risques, dans l’objectif de préserver la santé de la mère et de l’enfant, la césarienne est pratiquée lorsque ses bénéfices l’emportent largement sur les dangers potentiels. 6) Prise en charge après une césarienne : hospitalisation, soins à domicile et rééducation. La phase d’hospitalisation et de surveillance Après une césarienne, une vigilance médicale accrue est instaurée afin de prévenir et détecter précocement d’éventuelles complications. Durant cette période, pour assurer le confort de la patiente, des antalgiques peuvent être administrés selon les besoins de la patiente. Parallèlement, un traitement anticoagulant est systématiquement prescrit pour écarter les risques de phlébite ou d’embolie pulmonaire liés à l'acte chirurgical. En règle générale, le séjour hospitalier dure entre 4 et 7 jours, contre environ 3 jours dans le cas d’un accouchement par voie basse. Le retour à domicile et les soins infirmiers Une fois de retour chez elle, la patiente doit veiller à la bonne évolution de sa cicatrice. Des soins réguliers, incluant le nettoyage et la désinfection de la plaie, sont préconisés. Ces soins peuvent être réalisés par une infirmière à domicile pour garantir une hygiène irréprochable et un suivi professionnel. La rééducation : un pilier de la récupération Bien que la césarienne épargne le passage par les voies naturelles, la rééducation du périnée et des abdominaux demeure impérative. Après l’accouchement, le plancher pelvien et la sangle abdominale sont souvent affaiblis, voire endommagés. Cette rééducation permet : De prévenir l’apparition de troubles urinaires et de troubles du transit. D’éviter les descentes d’organes (prolapsus). De soulager ou prévenir les douleurs lombaires. Cette prise en charge est assurée par une sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute spécialisé et est normalement intégralement remboursée par l’Assurance Maladie. Spécificités du calendrier de soins Contrairement à un accouchement par voie basse, la rééducation post-césarienne débute plus tardivement afin de respecter le temps de cicatrisation complète de la plaie chirurgicale. Elle commence généralement 8 semaines après l'accouchement et s’étend sur une période de 6 à 12 semaines. Au-delà de la simple tonification musculaire, ce suivi est essentiel pour évaluer la souplesse de la cicatrice, libérer d'éventuelles tensions résiduelles et préparer sereinement la reprise d'une activité physique. 7) Récupération après césarienne : l'ostéopathie un accompagnement essentiel après l’accouchement. Le calendrier de la consultation Après une césarienne, il est conseillé de consulter un ostéopathe à partir de la troisième ou quatrième semaine suivant l’accouchement lorsque la cicatrice est suffisamment consolidée pour permettre un travail manuel direct. Avant ce délai, la consultation est possible mais ses effets risquent d’être limités car l’ostéopathe ne pourra pas toucher la cicatrice. Pourquoi consulter après l'acte chirurgical ? L'accouchement par césarienne laisse des empreintes physiques multiples : Altérations tissulaires : Cicatrices, tensions au niveau des muscles abdominaux et des fascias. Contraintes mécaniques : Tensions pelviennes et déséquilibres posturaux hérités de la grossesse ou induits par les gestes répétés associés aux soins du nourrisson. Les bénéfices de la prise en charge Le soin repose sur des techniques manuelles douces et précises qui visent trois objectifs : La mobilité tissulaire autour de la cicatrice : Assouplissement de la zone cicatricielle pour prévenir les adhérences. Le soulagement structurel : Réduction des tensions lombaires et abdominales, et rééquilibrage du bassin et de la colonne vertébrale. Le confort viscéral : Amélioration des fonctions digestives, circulatoires et respiratoires, souvent perturbées après une chirurgie et une grossesse. En favorisant l'équilibre global du corps et en améliorant la perception corporelle, l’approche ostéopathique aide la mère à retrouver plus rapidement mobilité, confort et bien-être dans son quotidien. 8) Sources de l'article Haute Autorité de Santé (HAS) : brochure d’information éditée en 2013 La césarienne : Ce que toute femme enceinte devrait savoir... Santé publique France – Odissé : Rapport de surveillance de la santé périnatale en France 2010-2019 – Edition de mai 2024. Fiche 13 - Césarienne Institut national d’études démographiques (INED) : article de Numéro 581 - septembre 2020 paru dans le numéro 581 (septembre 2020). Trop et pas assez à la fois : le double fardeau de la césarienne HAL openscience - ECOLE DE SAGES-FEMMES BAUDELOCQUE : Mémoire de Luca Sreng soutenu pour l’obtention du diplôme d’Etat de Sage-Femme (septembre 2014) Facteurs prédictifs de césarienne en cours de travail chez la primipare à bas risque. Étude comparative rétrospective cas-témoins à l’hôpital Jean Verdier de Bondy Revue Médicale Suisse : Article paru en octobre 2009. Auteur : Olivier Irion Risques à long terme de l’accouchement par césarienne National library of medicine - Journal of the American Osteopathic Association (JAOA) : article de Daniel Martingano paru en juillet 2016 (Vol 116 No. 7) Management of Cesarean Deliveries and Cesarean Scars With Osteopathic Manipulative Treatment: A Brief Report Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Patel V J, Napolitano P G, Hemman E A, et al. Adaptation of the World Health Organization (WHO) Safe Surgery Checklist for Use With Cesarean : Implementation and Outcomes With the Safe Cesarean Section Checklist. (Adaptation de la check-list de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une chirurgie sûre pour son utilisation lors des césariennes : mise en œuvre et résultats avec la "Safe Cesarean Section Checklist). Cureus Journal of Medical Science : Article paru en mai 2024. Auteurs : Esha Parikh , Samira Kanetkar , Reena Sheth , Renee Alexis. Successful Management of Complications Due to a Cesarean Section in a Patient With a Complex Obstetric History: A Case Report and Review of Preventive Strategies (Gestion réussie des complications dues à une césarienne chez un patient ayant un antécédents obstétricaux complexes : rapport de cas et revue des stratégies préventives). European Journal of Osteopathic Research : Article publié en 2020. Auteur : Andrea Tauch MSc The influence of an osteopathic treatment on pregnant women on expected date of delivery on the course of parturition and the subjective well-being: A Pilot Study (L’influence d’un traitement ostéopathique sur les femmes enceintes à la date prévue de l’accouchement sur le processus de la parturion et le bien-être subjectif : une étude pilote).
- Ostéopathie, tendinopathie et tendinite de la coiffe des rotateurs
Thérapeute pratiquant sur un patient un étirement de la coiffe des rotateurs. 1) Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : définition, différences avec la tendinite et fréquence. La tendinopathie de la coiffe des rotateurs désigne une lésion affectant un ou plusieurs tendons constituant la coiffe des rotateurs. Elle se caractérise par une dégradation progressive du tissu tendineux qui survient lorsque des contraintes mécaniques répétées excèdent les capacités de régénération et d’adaptation du tendon . Distinction majeure : tendinopathie chronique vs tendinite aigüe On distingue classiquement deux tableaux cliniques : La tendinopathie qui s'inscrit dans un processus dégénératif chronique, sans phase inflammatoire aiguë prédominante. Cette pathologie est la première cause de douleurs chronique de l’épaule . Sa fréquence augmente nettement avec l’âge, notamment après 50 ans, mais elle est également fréquente chez certains sportifs. La tendinite , à l'inverse, se définit par une réaction inflammatoire aiguë soudaine et ponctuelle, dont la durée n'excède généralement pas trois mois. Contrairement à la forme chronique, elle est relativement rare. 2) Tendinite et tendinopathie : origines, gestes à risque et facteurs aggravants. Tendinite aigue : Elle apparait généralement brutalement, à la suite d’une sollicitation inhabituelle ou excessive du tendon. Les causes fréquentes incluent : Un traumatisme direct (chute ou choc au niveau de l’épaule) Un effort physique intense ou inhabituel ( travaux de bricolage prolongé, port de charge lourde , reprise trop brusque d'une activité sportive) Un mouvement du bras ou de l’épaule effectué avec une vitesse, une amplitude ou une puissance excessive (l’expression « faux mouvement », bien qu’usuelle, est un abus de langage à éviter) Une fatigue musculaire importante. Tendinopathie chronique : Elle s’installe de façon progressive et résulte le plus souvent de contraintes répétées ou prolongées exercées sur le tendon. Les causes fréquentes incluent : Un vieillissement naturel des tendons (surtout après 50 ans) Une surcharge mécanique chronique, notamment dans les professions manuelles avec port de charges (ex. : manutention) Des gestes répétitifs dans le cadre professionnel (caissiers, coiffeurs, serveurs, etc.). Une pratique sportive comportant des mouvements répétitifs (tennis, golf, volley-ball, lancer, etc.) . 3) Anatomie de l'épaule : la coiffe des rotateurs. Source : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec). La coiffe des rotateurs est un ensemble composé de quatre muscles et de leurs tendons respectifs qui relient l’omoplate (scapula) à l’humérus (os du bras). Elle comprend le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire. Le supra-épineux est situé sur la face supérieure de l’omoplate. Il intervient dans l’initiation de l'élévation du bras et est souvent le plus sollicité. L'infra-épineux (sous-épineux) et le petit rond se trouvent à l’arrière de l’omoplate. Ils jouent un rôle essentiel dans la rotation externe du bras. Le subscapulaire , placé à l’avant de l’omoplate permet la rotation interne. Mécanique et vulnérabilité Les tendons de ces muscles se rejoignent partiellement pour former une coiffe tendineuse qui s’insère sur la tête de l’humérus . Cette configuration remplit une double mission : Stabiliser l’articulation en maintenant la tête de l’humérus dans la cavité glénoïde. Autoriser une mobilité multidirectionnelle par une grande amplitude de mouvement du bras (élévation et rotations). Cette configuration anatomique confère à l’épaule une grande mobilité, mais expose aussi les tendons de la coiffe à des contraintes mécaniques importantes, source de vulnérabilité. 4) Symptômes de la tendinite et de la tendinopathie de la coiffe des rotateurs Distinguer l'aigu du chronique Le tableau clinique varie selon que l'atteinte est brutale (tendinite) ou d'installation progressive (tendinopathie). La tendinite aiguë se manifeste par : une douleur localisée sur le dessus ou l’avant de l’épaule pouvant irradier légèrement le bras Une sensibilité accrue à la pression notamment en position couchée sur le côté ou à la palpation de l'épaule Une douleur exacerbée lors des mouvements, notamment de rotation ou d’élévation du bras. des douleurs plus marquée la nuit et en fin de journée un gonflement local dans certains cas. La tendinopathie se caractérise par une apparition progressive des symptômes et peut devenir également invalidante. Les signes cliniques les plus fréquemment observés sont : douleur située sur la face antérieure ou latérale de l’épaule intensification progressive des symptômes au fil du temps majoration de la douleur lors de gestes ou de mouvements répétés présence d’une raideur articulaire associée à une sensation de blocage diminution de la force musculaire du bras douleurs intermittentes, pas systématiquement nocturnes dans certains cas, absence de douleur au repos avec gêne uniquement à l’effort. 5) Diagnostic des pathologies de la coiffe des rotateurs Interrogatoire médical La prise en charge commence par un interrogatoire médical. Cet interrogatoire comprend l’historique des symptômes, les caractéristiques de la douleur et les antécédents médicaux. Cet échange permet d’orienter le diagnostic et d’adapter la stratégie thérapeutique. Examen clinique Un examen clinique est ensuite effectué par un professionnel de santé (médecin généraliste, rhumatologue, kinésithérapeute ou ostéopathe formé). Il comprend : une inspection et une palpation des structures musculaires et articulaires de l'épaule des tests de mobilité des tests « orthopédiques » spécifiques visant à identifier le ou les tendons touchés. Test de Jobe (supra-épineux) Test de Patte (infra-épineux) Signe du clairon (petit rond) Manœuvre de Gerber (subscapulaire) Source : Haute Autorité de Santé (HAS) Examens d'imagerie Pour confirmer le diagnostic, un examen d’imagerie est recommandé : L'échographie est réalisée en première intention, car elle est non invasive et efficace pour visualiser les tendons, tout en permettant de détecter une inflammation ou une rupture partielle. La radiographie est fréquemment utilisée pour rechercher la présence de calcifications ou d’anomalies osseuses associées. L'IRM plus précise, est réservée aux lésions chroniques, aux micro-déchirures ou aux tendinopathies avancées . S on coût plus élevé la rend non systématique . Une analyse biologique peut parfois être proposée en cas de suspicion de pathologie inflammatoire systémique. 6) Prise en charge thérapeutique Le traitement de la tendinopathie dépend du degré de douleur et de handicap mais vise en priorité à soulager la douleur tout en améliorant la fonction de l’épaule lésée. Pour y parvenir, la prise en charge s'articule autour des options suivantes : Des antalgiques peuvent être prescrits mais doivent être pris avec précaution selon les conseils du médecin. Les anti-inflammatoires sont réservés aux cas de tendinite aiguë. Ils sont alors prescrits pour une courte durée (7 à 10 jours en général) et doivent être pris avec un protecteur gastrique (type Gaviscon ou oméprazole) pour prévenir tout désagrément digestif (reflux, acidité, etc.) Une infiltration de corticoïde peut être proposée en cas d’inflammation persistante ou de bursite associée. La chirurgie n’est proposée qu’en cas de rupture tendineuse. Source : Clinique du sport Bordeaux Mérignac Source : Docteur Bruno Levy - Clinique du sport à Paris - Clinique de Meudon La Forêt Le traitement fonctionnel repose sur la rééducation et la thérapie manuelle. La kinésithérapie et l’ostéopathie sont des approches complémentaires qui gagnent à être utilisées de manière coordonnée. La phase de rééducation et de thérapie manuelle s’étend généralement sur trois à six mois. Le nombre de séances de kinésithérapie et/ou d’ostéopathie est déterminé pour chaque patient lors du bilan initial. Cette phase comprend des exercices de renforcement musculaire, un travail de mobilité articulaire, et peut aussi faire appel à des techniques telles que les ultrasons, les massages ou la cryothérapie. 7) L'apport de l’ostéopathie dans la prise en charge des douleurs de l'épaule Les douleurs de la coiffe des rotateurs constituent un motif fréquent de consultation ostéopathique, que ce soit en première intention ou en complément d’un suivi médical ou kinésithérapeutique . L’ostéopathe agit sur les pertes de mobilité et les déséquilibres mécaniques autour de l’épaule ainsi qu’à distance. En redonnant de la mobilité à l’épaule, au bras, au cou mais aussi au rachis dorso-lombaire, l’ostéopathe permet de diminuer les contraintes excessives exercées sur les tendons de la coiffe des rotateurs. Les techniques manuelles visent aussi à améliorer la circulation locale et la coordination des mouvements, éléments essentiels à la récupération. Cette approche, centrée sur les compétences propres de l’ostéopathie, aide à soulager la douleur, à améliorer le mouvement de l’épaule et à accompagner les autres traitements médicaux ou de rééducation. 8) Sources de l'article National Library of Medicine – StatPearls : Article publié en Aout 2023. Auteurs : Matthew A. Varacallo ; Youssef El Bitar ; Scott D. Mair. Rotator Cuff Tendonitis (Tendinite de la coiffe des rotateurs) Haute autorité de santé : Fiche « Les bonne pratiques ». Publiée en janvier 2024. Prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs HAL openscience - IFMK de Marseille : Mémoire de Paulino Camille soutenu en 2020. Tendinopathie de la coiffe des rotateurs : entre renforcement excentrique et concentrique Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) - Références en santé au travail : Article publié en mars 2021. Auteur Anne Pichene Houard. Pathologies de la coiffe des rotateurs dans un contexte professionnel : Particularités et problématique du retour à l’emploi Geoffroy Nourissat - Chirurgien orthopédiste et Frédéric Srour - Kinésithérapeute : Livret à destination des patientes et des patients publié en 2020. Les tendinopathies de la coiffe des rotateurs
- Ostéopathie et dysfonction temporo-mandibulaire.
Dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) 1. Dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) : définition, fréquence et populations concernées . La dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) désigne un ensemble hétérogène de troubles musculo-squelettiques et neuromusculaires affectant les articulations temporo-mandibulaires (ATM), les muscles masticateurs et les structures qui leur sont associées. Ces troubles se manifestent par des douleurs au niveau du visage ou de la bouche , une limitation ou une asymétrie des mouvements de la mâchoire et/ou par des bruits articulaires, sans qu’une pathologie inflammatoire, infectieuse ou tumorale ne soit identifiée . Le terme DTM est une appellation générique et ne correspond pas à une pathologie unique. Son origine est encore mal connue. Les DTM sont fréquentes dans la population générale : environ 30 % de la population mondiale présenterait au moins un signe évocateur de DTM. La prévalence atteint un pic entre 20 et 40 ans. Chez les enfants et adolescents elle varie davantage - entre 11 et 38 % selon les critères diagnostiques retenus et l’âge étudié. Les femmes sont généralement plus touchées que les hommes , avec un ratio pouvant atteindre 1,7 pour 1 selon certaines études. 2. Les principales causes des DTM. L'origine des dysfonctions temporo-mandibulaires (DTM) est multifactorielle et complexe. Elle résulte de l’interaction dynamique entre des facteurs biomécaniques, neuromusculaire, neurophysiologiques et psychosociaux. D’un point de vue mécanique, on observe des contraintes excessives ou répétées exercées sur l’articulation temporo-mandibulaire et les muscles masticateurs. Ces contraintes, qui peuvent être liées à des parafonctions (comme le bruxisme ou le serrement dentaire), à des microtraumatismes ou à des déséquilibres fonctionnels altèrent la cinématique de la mâchoire et la capacité de tolérance des tissus . Sur le plan neurophysiologique, des mécanismes de sensibilisation tant au niveau périphérique que central, jouent un rôle majeur dans la persistance des douleurs, expliquant pourquoi l’intensité des symptômes rapportés ne correspond pas toujours à l’ampleur des lésions structurelles observées . Les facteurs psychosociaux comme le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil ou certains traits de personnalité exercent également une influence significative. Ils modulent la perception de la douleur et l’activité musculaire, renforçant ainsi l’expression clinique des DTM. Enfin, des facteurs individuels tels que le sexe, l’âge, les antécédents traumatiques cervico-crâniens et la capacité d’adaptation du système stomatognathique contribuent à la diversité des tableaux cliniques . Cette hétérogénéité justifie le recours à une approche diagnostique et thérapeutique globale intégrant les dimensions biologique, psychologique et sociale (approche biopsychosociale). Anatomie simplifiée de la mâchoire : Comment fonctionne l’articulation temporo-mandibulaire (ATM). La mandibule, ou mâchoire inférieure, est l’unique os mobile du visage. Elle permet de parler, mâcher et bailler. Source : Netter édition 5 planche 17 Elle s’articule de chaque côté du crâne avec l’os temporal au niveau des articulations temporo-mandibulaire (ATM), situées juste en avant des oreilles. Le fonctionnement de ces articulations repose sur la présence d’un disque souple interposé entre les surfaces osseuses qui facilite les mouvements et absorbe les contraintes mécaniques . Source : Gouvernement du Canada - Organisation d’Anciens Combattants Canada La mandibule est maintenue et mobilisée par plusieurs muscles puissants, notamment ceux qui servent à la mastication, et elle est contrôlée par des nerfs responsables de la sensibilité et du mouvement. Source : Gouvernement du Canada - Organisation d’Anciens Combattants Canada Innervation de l'articulation temporo-mandibulaire. Source : Medicine key Grâce à cette organisation très précise, la mâchoire peut effectuer une grande variété de mouvements : ouverture, fermeture, avancement et diduction ( mouvements latéraux ). Cependant, cette sophistication la rend sensible aux tensions, aux déséquilibres musculaires et aux surcharges mécaniques. L'ATM en action. Source : Ostéomag 4. Comment apparaît la douleur à la mâchoire ? Les mécanismes de la DTM. Les mécanismes des dysfonctions temporo-mandibulaires correspondent aux processus par lesquels la douleur et les troubles fonctionnels apparaissent et se maintiennent. Ils sont aujourd’hui compris comme multifactoriels et interconnectés, et peuvent être expliqués ainsi : Mécanisme mécanique articulaire Des contraintes excessives, répétées ou mal réparties au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) peuvent altérer son fonctionnement. Ces contraintes regroupent notamment le serrement dentaire, le bruxisme, les microtraumatismes répétés ou encore des mouvements mandibulaires mal coordonnés. Elles peuvent endommager les structures articulaires — capsule, ligaments et disque — se traduire par des douleurs, des raideurs ou des bruits articulaires (claquements). Mécanisme musculaire Une hyperactivité ou un déséquilibre des muscles masticateurs peut être à l’origine de douleurs localisées ou irradiantes. La fatigue musculaire, les contractures et les points douloureux (trigger points) réduisent l’amplitude des mouvements de la mâchoire et entretiennent un cercle vicieux où tension et douleur s’auto-entretiennent. Mécanisme neurophysiologique Lorsque la douleur s’installe dans la durée, le système nerveux peut devenir hypersensible. Ce phénomène, appelé sensibilisation périphérique et centrale, fait que des stimulations habituellement indolores sont perçues comme douloureuses. Cela explique pourquoi certaines DTM persistent sans lésion visible et pourquoi la douleur peut s'étendre vers le visage, la tête ou la nuque. Mécanismes psychosociaux Le stress, l’anxiété, les troubles du sommeil et la charge émotionnelle influencent directement l’activité musculaire et la façon dont la douleur est perçue. Le serrement inconscient des mâchoires et une attention excessive portée à la douleur contribuent à l’installation et au maintien dans le temps des DTM. L'interaction des mécanismes et le cercle vicieux de la chronicisation Ces mécanismes n’agissent pas de manière isolée. Une surcharge mécanique peut déclencher une douleur musculaire, laquelle maintient les muscles sous tension. Ce phénomène rend les nerfs plus sensibles et le stress vient encore amplifier l'ensemble. Ce cercle vicieux explique la variabilité des symptômes observés d’une personne à l’autre et justifie la nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire. 5. Prise en charge des DTM : étapes du diagnostic au traitement . La phase diagnostique Le processus débute par un bilan approfondi, mené par un chirurgien-dentiste, un kinésithérapeute spécialisé ou un ostéopathe. L’objectif est de déterminer l’origine principale du trouble : musculaire, articulaire ou mixte. Ce bilan comprend : Une anamnèse : recueil des symptômes (douleurs, craquements, épisodes de blocage) et des antécédents traumatiques. Un examen clinique : observation des mouvements d’ouverture et de fermeture buccale, recherche de déviations, palpation des structures musculaires et articulaires, ainsi que l’auscultation des bruits articulaires. L’imagerie médicale : prescrite de manière sélective (IRM, radiographie, CBCT dentaire) lorsqu'une lésion structurelle est suspectée. Stratégies thérapeutiques : une approche graduelle Le traitement de première intention consiste en des mesures de base : Éducation du patient : éviter le serrement des dents , la mastication de chewing-gum, les parafonctions ( s'appuyer sur le menton, se ronger les ongles...). Gestion du stress Mise au repos de l’articulation temporo-mandibulaire Adaptation temporaire de l’alimentation vers une texture molle si besoin. Le traitement de référence est un traitement fonctionnel et manuel réalisé par un kinésithérapeute, un ostéopathe ou les deux en complémentarité. Il vise à agir sur les articulations temporo-mandibulaires, les muscles masticateurs, le rachis cervical ainsi que sur la posture globale. Il est particulièrement indiqué dans les DTM d’origine musculaires ou mixtes. Les autres options thérapeutiques La réalisation de gouttières occlusales par un chirurgien-dentiste peut aussi être proposée. Celles-ci ont pour objectif de stabiliser et/ou de détendre l’articulation, de diminuer les contraintes mécaniques, de protéger les dents et de réduire le bruxisme. En cas de douleurs importantes, un traitement médicamenteux de courte durée, à base d’antalgiques et/ou d’anti-inflammatoires, peut être prescrit par le médecin. L’approche psycho-comportementale, souvent sous-estimée, constitue également un élément essentiel de la prise en charge. Elle peut inclure des techniques de relaxation, la sophrologie, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou un travail spécifique sur la gestion des parafonctions. Dans les formes résistantes aux traitements conservateurs, des injections intra-articulaires d’acide hyaluronique ou de corticoïdes peuvent être envisagées, sur prescription d’un médecin spécialiste. La chirurgie est exceptionnelle dans la prise en charge des DTM et n’est réservée qu’à des situations très particulières, telles que certaines malformations ou déviations majeures. Le suivi du patient se fait idéalement en coordination étroite entre chirurgien-dentiste , kinésithérapeute et/ou ostéopathe , médecin et psychologue ou psychiatre . 6. L'apport de l'ostéopathie dans le soulagement des douleurs causées par la DTM. L’ostéopathie occupe une place pertinente dans la prise en charge des troubles temporo-mandibulaires, qu’ils soient d’origine musculaire, posturale ou multifactorielle. Grâce à une approche globale du patient, l’ostéopathe ne se limite pas à l’analyse des articulations temporo-mandibulaires, mais examine également les structures crâniennes, cervicales, thoraciques ainsi que le système myofascial. Cette évaluation permet d’identifier les zones de tension, de compensation ou de restriction de mobilité susceptibles de maintenir ou d’aggraver les symptômes. Les techniques manuelles employées visent à améliorer la mobilité articulaire, à diminuer les tensions musculaires, à rééquilibrer les chaînes posturales et à favoriser un meilleur fonctionnement neuro-musculo-squelettique. Plusieurs études citées dans les sources montrent que la thérapie manuelle, incluant les approches ostéopathiques, peut contribuer à réduire la douleur, améliorer l’ouverture buccale et à restaurer la fonction mandibulaire chez les patients souffrants de DTM, notamment lorsqu’elles s’intègrent dans une prise en charge pluridisciplinaire . Sources de l'article Faculté d’Odontologie de Marseille - Aix Marseille Université : Thèse soutenue en octobre 2019 par PAUL Naïs. Dysfonctionnements Temporo-Mandibulaires : élaboration de fiches de situations types Société Française de Stomatologie, Chirurgie Maxillo-Faciale et Chirurgie Orale : Article publié en juillet 2016. Orthèses (Gouttières) occlusales : indications dans les Dysfonctions Temporo-Mandibulaires - Recommandations de Bonne Pratique . Fondation Mayo pour l’éducation et la recherche médicale (MFMER) - Mayo Clinic Health System : Article publié en décembre 2024. TMJ disorders ( Troubles de l’ATM ). National Library of Medicine – Journal of Clinical Medicine : Article publié en février 2024.Auteurs : Grzegorz Zieliński, Beata Pająk-Zielińska, Michał Ginszt. A Meta-Analysis of the Global Prevalence of Temporomandibular Disorders . (Une méta-analyse de la prévalence mondiale des troubles temporo-mandibulaires). National Library of Medicine – Polish Journal of Neurology and Neurosurgery (PJNNS) : Article publié en novembre 2022. Auteurs : Krystian Matusz, Zofia Maciejewska-Szaniec, Tomasz Gredes, Małgorzata Pobudek-Radzikowska, Mariusz Glapiński, Natalie Górna, Agnieszka Przystańska. Common therapeutic approaches in sleep and awake bruxism - an overview. (Approches thérapeutiques courantes dans le bruxisme du sommeil et de l’éveil — un aperçu). National Library of Medicine – American Family Physician (AFP) : Article publié en janvier 2023. Auteurs : Eric M Matheson, Joli D Fermo, Russell S Blackwelder. Temporomandibular Disorders: Rapid Evidence Review . (Troubles temporo-mandibulaires : revue rapide des preuves). HAL open scienceUniversité de Reims Champagne-Ardenne : thèse de doctorat en chirurgie dentaire soutenue en avril 2024 par Claire Leducq. Guide de prise en charge des dysfonctions temporo-mandibulaires pour la pratique du chirurgien-dentiste . National Library of Medicine – Journal of Clinical Medicine : Article paru en octobre 2023. Auteurs : Andres Herrera-Valencia, Maria Ruiz-Muñoz, Jaime Martin-Martin, Antonio Cuesta-Vargas, Manuel González-Sánchez. Efficacy of Manual Therapy in Temporomandibular Joint Disorders and Its Medium-and Long-Term Effects on Pain and Maximum Mouth Opening: A Systematic Review and Meta-Analysis . (Efficacité de la thérapie manuelle dans les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire et ses effets à moyen et long terme sur la douleur et l’ouverture maximale de la bouche : une revue systématique et une méta-analyse). Revue Frontiers in Public Health : Article publié en December 2022. Auteurs : Ya-Peng Pei, Han-Chao Li, Jia-Wei Zhong, Xin-Lin Gao, Chu-Qiao Xiao, Yuan Yue, Xin Xiong. The association between problematic smartphone use and the severity of temporomandibular disorders: A cross-sectional study . (L’association entre l’utilisation problématique des smartphones et la gravité des troubles temporo-mandibulaires : une étude transversale). MedlinePlus : Article paru en mars 2024 Bruxism HAL open science - U.F.R. d’Odontologie Garancière : Thèse de doctorat de Samy Djennaoui soutenu en juillet 2021. Désordres temporo-mandibulaires : apport des études OPPERA
- Ostéopathie et escalade
Source : https://www.klattercentret.se/ 1) Escalade : Chiffres et enjeux santé d'une discipline olympique en plein essor. L’escalade, aussi appelée grimpe est un sport en plein essor. Devenue discipline olympique lors des jeux de Tokyo en 2020, il sollicite intensément l’appareil locomoteur à travers des mouvements exigeant une synergie parfaite entre force pure, coordination fine et mobilité articulaire . Selon les formes de pratique , le grimpeur est soumis à des contraintes biomécaniques spécifiques pouvant entrainer divers troubles musculo-squelettiques. Une communauté mondiale en mouvement : 50 millions de pratiquants (en salle et en extérieur) à l'échelle mondiale. En France : Un bastion de la discipline avec plus d’1,5 million de pratiquants réguliers. Vie fédérale : La FFME (Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade) recense à elle seule plus de 100 000 licenciés, un chiffre en constante progression. Fait notable : la parité progresse fortement. Les femmes représentent aujourd'hui près de 40% de la communauté, avec une moyenne d'âge tournant autour de 35 ans. 2) Les différents types d’escalade et leurs exigences physiques. L’escalade est une discipline exigeante qui requiert force, mobilité et précision. Chaque mouvement engage simultanément plusieurs chaines musculaires : bras, avant-bras, épaules, dos mais aussi abdominaux, hanches, jambes. À cette sollicitation musculaire globale s’ajoute un travail constant de gainage, d’équilibre et de coordination indispensables à l’efficacité et à la sécurité du grimpeur. Du bloc à la haute montagne : Des efforts variés pour le corps Il existe de nombreuses formes d’escalade, dont les principales sont les suivantes : L'escalade sur bloc . Source : Pyramide.eu Elle se pratique sur des murs de faible hauteur (4 à 5 mètres), sans utilisation de corde ni de harnais. Le grimpeur enchaîne des mouvements courts, puissants et techniques, appelés problèmes . La sécurité est assurée par des tapis de réception, ou crash pads , disposés au sol. L’escalade sportive (ou couenne) . Source le Club Alpin Français (CAF) Cette discipline très répandue aussi bien en salle qu’en extérieur se pratique sur une seule longueur de corde (généralement 15 à 35 m), sur des voies dont les ancrages fixes sont déjà installés dans la paroi. L'escalade grande voie Pratiquée majoritairement en milieu naturel, elle se déroule sur plusieurs longueurs de corde. Elle demande une maîtrise parfaite des manipulations de cordes, la gestion des relais et une solide endurance. L'escalade de vitesse . Championnat de France : Finale hommes Bassa Mawem VS Pierre Rebreyend. Source : France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Discipline compétitive et chronométrée, elle consiste à gravir un mur standardisé le plus rapidement possible. L’explosivité et la mémoire gestuelle y sont primordiales. L’escalade traditionnelle . Source : lacrux.com Le retour aux sources. La paroi est vierge : c'est au grimpeur de placer ses propres coinceurs et protections dans les fissures au fur et à mesure de sa progression. Les points fixes sont rares, ce qui implique une forte autonomie, une excellente lecture du terrain et une grande expérience. Escalade alpine . Source : Club Alpin Français Briançon Pratiquée en haute montagne, elle peut combiner différents terrains tels que le rocher, la neige et la glace. Très technique, elle demande un haut niveau d’autonomie, une planification rigoureuse et une solide expérience de l’alpinisme. 3) Escalade : Quelles sont les blessures les plus fréquentes chez le grimpeur ? Selon une étude britannique, un grimpeur sur deux déclare avoir subi au moins une blessure au cours des douze derniers mois. Chez les jeunes pratiquants âgés de 11 à 19 ans, l’incidence des blessures est estimée à environ 4,4 pour 1 000 heures de pratique. Selon plusieurs études en médecine du sport, les blessures les plus courantes en escalade concernent principalement l’appareil musculo-tendineux et articulaire : Tendinite des fléchisseurs des doigts (syndrome de la « poulie) Épicondylite (inflammation des muscles épicondyliens au niveau du coude ) Douleurs d’épaule liées aux rotations répétées et aux verrouillages articulaires Douleurs cervicales et dorsales provenant de tensions posturales Entorses et douleurs de chevilles survenant lors d’appuis instables ou de réceptions mal contrôlées Douleurs sacro-iliaques ou lombaires liées à des contraintes asymétrique Surcharge musculaire des avant-bras La majorité de ces troubles sont liés à la répétition des mouvements, aux tractions sur prises de petite taille , à l’accumulation de tensions mécaniques et au manque de récupération. 4) Escalade : l’apport de l’ostéopathie dans la prévention des blessures et l'amélioration de la performance. L’ostéopathie offre une approche globale permettant d’optimiser la performance, d’améliorer la récupération et de prévenir les blessures. Un grimpeur bien suivi est un grimpeur plus performant. L’ostéopathie intervient sur la mobilité des tissus (muscles, tendons, articulations, fascias, viscères...) et rééquilibre les chaînes musculaires pour restaurer un fonctionnement harmonieux du corps. Les bénéfices d’un suivi ostéopathique : Amélioration de la mobilité articulaire Diminution des tensions et contractures musculaires Prévention des tendinopathies et blessures chroniques Optimisation de la gestuelle et du gainage Meilleure récupération après un effort intense Amélioration de la respiration, favorisant l’endurance. Quand prendre rendez-vous avec votre ostéopathe ? L’ostéopathie est utile aussi bien dans une démarche préventive que lors de l’apparition de douleurs aiguës ou persistantes. Il est recommandé de consulter : En cas de douleurs apparaissant pendant la grimpe ou après la séance Lors d’une diminution de force, d'amplitude ou de fluidité du geste Après une chute ou un traumatisme Pour préparer une compétition ou une reprise d’activité après une période d’arrêt En entretien régulier à raison de 2 à 4 consultations par an surtout si l’entrainement est intensif. 5) Sources de l'article Sites web Site de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) Escalade : définition et lieux de pratique L'escalade à la FFCAM Site de la Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME) Page d'accueil Club d’Escalade de l’Avranchin Histoire de l’escalade Portail d'information statistique ZipDo : Article Publié en mai 2025. Auteur : Alexander Eser. Statistiques de décès en escalade Etudes National Library of medicine - International Journal of Environmental Research and Public Health : Article publié en décembre 2019. Auteurs : Simon Rauch, Bernd Wallner, Mathias Ströhle Tomas Dal Cappello, Monika Brodmann Maeder. Climbing Accidents-Prospective Data Analysis from the International Alpine Trauma Registry and Systematic Review of the Literature. (Accidents d’escalade - Analyse des données prospectives du Registre international des traumatismes alpins et revue systématique de la littérature.) National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en janvier 2015. Auteurs : Kaikanani Y Woollings, Carly D McKay, Jian Kang, Willem H Meeuwisse, Carolyn A Emery Incidence, mechanism and risk factors for injury in youth rock climbers (Incidence, mécanisme et facteurs de risque de blessures chez les jeunes grimpeurs). ScienceDirect - Science & Sports : Article paru en juin 2014 (Volume 29, No 3). Auteurs: M. Durand-Bechu, B. Chaminade, P. Belleudy, D. Gasq. Rock-climbing injuries in France from 2004 until 2011 (Les blessures lors de la pratique de l’escalade en France de 2004 à 201). National Library of Medicine - American Journal Of preventive Medicine (Am J Prev Med) : Article publié en Septembre 2009 (Volume 37, No 3). Auteurs : Nicolas G Nelson, Lara B McKenzie. Rock climbing injuries treated in emergency departments in the U.S, 1990-2007 (Blessures d’escalade traitées dans les urgences aux États-Unis, 1990-2007). National Library of Medicine - British Journal of Sports Medecine (BMJ) : Article publié en septembre 2008. Auteurs : G Jones, Un Asghar,D J Llewellyn. The epidemiology of rock-climbing injuries (L’épidémiologie des blessures lors de l’escalade)











