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Tendinopathie du moyen fessier

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Tendinopathie du moyen fessier

1) Bursite trochantérienne ou tendinopathie du moyen fessier ?


Les douleurs situées sur le côté externe de la hanche sont fréquentes et peuvent concerner aussi bien les personnes actives que celles qui pratiquent peu d’activité physique. Elles peuvent apparaître progressivement ou survenir à la suite d'une augmentation soudaine des efforts physiques. Elles peuvent devenir très invalidantes au quotidien.

Pendant longtemps, ces douleurs ont été attribuées à l’inflammation d’une bourse séreuse située sur le côté externe de la hanche. Cette petite poche remplie de liquide, qui facilite le glissement des tissus entre eux, se trouve au voisinage du grand trochanter, une saillie osseuse située sur la partie supérieure et externe du fémur (l’os de la cuisse). C’est de là que vient le terme de « bursite trochantérienne ».


Bursite trochantérienne
Source de l'image : Kinevir (plateforme de kinésithérapie)

Aujourd’hui, nous savons que ces douleurs sont le plus souvent liées à une atteinte des tendons des muscles fessiers, en particulier celui du moyen fessier.

Cette affection est appelée tendinopathie du moyen fessier et s’inscrit dans le syndrome douloureux du grand trochanter, qui regroupe différentes causes de douleurs situées sur la face externe de la hanche.

2) Les muscles fessiers : de quoi parle-t-on exactement ?


Les muscles fessiers

Quand on parle des muscles fessiers, on désigne surtout les 3 muscles “glutéaux” (en arrière et sur le côté de la hanche) : grand fessier (gluteus maximus), moyen fessier (gluteus medius), petit fessier (gluteus minimus).

Le muscle moyen fessier se situe sur la face externe (latérale) du bassin entre le grand fessier (le plus superficiel et le plus volumineux) et le petit fessier (le plus profond).

Ces trois muscles jouent un rôle important dans la stabilité de l'articulation coxo-fémorale (la hanche) ainsi que dans la fluidité des mouvements de la jambe.

Sur le plan anatomique, Le moyen fessier s’attache sur la partie haute (face externe) de l'os iliaque (l'un des os principaux du bassin) et se termine par un tendon qui s'attache sur une bosse osseuse au sommet du fémur (l'os de la cuisse) : le grand trochanter.

Cette zone d’insertion est particulièrement sollicitée au cours des mouvements de la vie quotidienne.


Source de l'image : Wikipédia : Le grand glutéal en jaune, le moyen glutéal en bleu et le petit glutéal en rouge

Zoom sur le muscle moyen fessier (moyen glutéal).

Le moyen fessier participe à l’abduction de la hanche, c’est-à-dire au mouvement qui consiste à écarter la jambe vers l'extérieur. Il contribue également à maintenir la hanche et le genou dans un bon alignement et participe aux mouvements de rotation de la hanche.

Mais son rôle principal est de stabiliser le bassin lors de l’appui sur une seule jambe (appui unipodal).

Concrètement, lorsque le pied gauche quitte le sol, le moyen fessier droit se contracte pour éviter que le bassin ne s’abaisse du côté gauche et inversement lorsque le pied droit quitte le sol, le moyen fessier gauche se contracte pour maintenir votre bassin à l'horizontale.

Le moyen fessier est donc sollicité dans de nombreuses activités nécessitant un appui unipodal, comme la marche, la course à pied, la montée des escaliers ou simplement se tenir debout sur une jambe.

Une atteinte de ce muscle ou de son tendon peut donc modifier la répartition des contraintes autour de la hanche et influencer le fonctionnement du membre inférieur (le genou et la cheville devant compenser).


3) Pourquoi le tendon du moyen fessier devient-il douloureux ?


Un tendon sain possède des propriétés élastiques et est capable de supporter des contraintes importantes, à condition que celles-ci augmentent progressivement et restent dans sa capacité d’adaptation.

La douleur apparaît quand les sollicitations auxquelles il est soumis dépassent, de manière répétée ou trop importante, sa capacité d’adaptation.


Plusieurs situations peuvent favoriser ce dépassement de capacité :

  • Une augmentation trop rapide ou inhabituelle de la charge physique, par exemple :

    • lors de la reprise de la course à pied après une période d’arrêt.

    • en augmentant brutalement la distance ou l’intensité des entraînements.

    • lors d’une randonnée plus longue ou plus exigeante que d’habitude, notamment avec un dénivelé inhabituel.

    • du fait d'un changement d’activité professionnelle qui sollicite davantage la hanche.

Dans ces cas, le tendon du moyen fessier n’a tout simplement pas eu le temps de s’adapter à la nouvelle charge de travail.


  • Un affaiblissement progressif des muscles stabilisateurs de hanche.

Avec l’âge, la sédentarité ou la présence de douleurs chroniques qui limitent l’activité, les muscles stabilisateur de hanche perdent en force ou en endurance. Le tendon du moyen fessier est davantage sollicité pour participer à cette stabilisation et peut à terme s’irriter.


  • Une compression répétée du tendon du moyen fessier.

Outre la traction, le tendon du moyen fessier est également soumis à des contraintes de compression venant le plaquer contre le grand trochanter (la saillie osseuse sur le côté de la hanche).

Certaines positions maintenues pendant une durée prolongée aggravent cette compression. C’est notamment le cas quand :

  • On dort régulièrement sur le côté atteint sans soutien

  • On reste longtemps assis les jambes croisées (cela met le tendon en tension maximale autour de l'os)

  • On maintien certaines positions de hanche pendant une longue durée. (par exemple, conduire longtemps).

Ces positions ne posent pas de problème chez une personne sans douleur. En revanche, elles peuvent entretenir ou aggraver la douleur si le tendon est déjà fragilisé.


4) Quels sont les symptômes de la tendinopathie du moyen fessier ?

La tendinopathie du moyen fessier présente généralement un tableau clinique assez caractéristique. La douleur se manifeste principalement sur la face externe de la hanche, au niveau du grand trochanter, mais son intensité et son étendue peuvent varier fortement d'une personne à l'autre. Certains patients décrivent une gêne légère après un effort, tandis que d'autres présentent une douleur persistante, susceptible de limiter certaines activités quotidiennes.

Les symptômes fréquemment rapportés comprennent :

  • une douleur à la pression ou à la palpation de la région du grand trochanter (relief osseux latéral de la hanche).

  • une douleur en position allongée sur le côté atteint (par compression directe) ou sur le côté opposé (par étirement du tendon).

  • une douleur lors des phases d’appui sur une seule jambe (appui unipodal).

  • Une douleur parfois diffuse, pouvant s’étendre sur la face externe de la cuisse, parfois jusqu'au genou.

  • Une sensation de brûlure, d’élancement ou de forte tension sur le côté de la hanche.


5) Qui est concerné par la tendinopathie du moyen fessier ?

Les femmes autour de la ménopause sont particulièrement concernées. Les études montrent en effet que les changements hormonaux de la période péri-ménopausique fragilisent les tendons et les rendent moins résistants aux contraintes.

Cependant cette pathologie peut toucher tout le monde notamment les sportifs qui pratiquent des sports avec des changements fréquents d'appui. Cela inclut :

  • Les coureurs à pied.

  • Les randonneurs.

  • Les pratiquants de sports collectifs comme le volley-ball, le handball, le basket-ball où les changements de direction et les sauts sont fréquents.

L'essentiel à retenir, est que la tendinopathie du moyen fessier dépend principalement du rapport de force entre ce que l'on demande au tendon du moyen fessier et ce qu'il est capable de supporter.


6) Diagnostic de la tendinite du moyen fessier.

Dans de nombreux cas, l’examen clinique suffit à poser le diagnostic de tendinopathie du moyen fessier.

L'objectif du clinicien est double :

  • Confirmer que la douleur provient bien du tendon.

  • Écarter d’autres causes possibles de douleur de hanche (problème lombaire, atteinte de l’articulation de la hanche, ou cause musculaire).

L’interrogatoire médical.

Lors de la consultation, le professionnel de santé cherche notamment à savoir :

  • comment la douleur est apparue : brutalement ou progressivement ?

  • quelles activités ou quels mouvements la déclenchent (marche, sport, positions prolongées, etc.).

  • quelles positions l’aggravent ou la soulagent (couché sur le côté, assis jambes croisées, etc.)

  • depuis combien de temps elle est présente (quelques jours, semaines, mois) et comment elle a évolué.

  • quel est son retentissement sur la vie quotidienne.

Cette étape est essentielle car une anomalie observée à l’imagerie peut être présente sans provoquer de douleur. À l’inverse, une douleur importante peut exister malgré des images peu marquées. L'image ne fait pas le diagnostic : c'est l'histoire du patient et son examen clinique qui priment.


L'examen clinique.

Après l'interrogatoire, le praticien réalise quelques tests physiques spécifiques. Concrètement, il peut demander au patient :

  • de se tenir debout sur une jambe, pour observer la stabilité du bassin et la reproduction éventuelle de la douleur.

  • de pousser la jambe contre une résistance (exercée par le praticien), pour évaluer la force et la tolérance des muscles abducteurs de hanche.

  • de laisser le praticien palper la zone du grand trochanter, afin de vérifier si cela reproduit la douleur habituelle.

  • de marcher quelques mètres, afin d’observer sa démarche et de rechercher d’éventuelles adaptations, comme une boiterie ou une bascule du bassin.


Voici une démonstration des tests cliniques des tendons glutéaux,

présentée lors de la 5ᵉ Journée Médecine & Chirurgie SANTY,

dans le cadre de la session « SPOT Examen clinique

Source : Med'Score – L’Observatoire des tendances Santé Sport

La place de l'imagerie médicale.

L'imagerie n'est pas systématique. Elle est indiqué si :

  • la douleur persiste malgré un traitement bien conduit pendant plusieurs semaines.

  • Le diagnostic reste incertain après l’examen clinique.

  • une lésion tendineuse importante (comme une rupture partielle) est suspectée.

Deux types d’examens peuvent notamment être réalisés :

  • L’échographie : qui permet de visualiser un épaississement ou une modification de la structure du tendon, une éventuelle inflammation des tissus autour notamment d’une bourse séreuse.

  • L’IRM (imagerie par résonance magnétique) de hanche : qui donne une image très détaillée des tissus mous. Elle est particulièrement utile si l'on soupçonne une fissure ou une rupture partielle du tendon.

Il est important de rappeler que la présence d’anomalies à l’imagerie ne signifie pas automatiquement qu’elles sont responsables de la douleur. C’est la cohérence entre l’interrogatoire, l’examen clinique et l’imagerie qui permet d’affiner le diagnostic.


7) Comment traite-t-on la tendinopathie du moyen fessier ?


La prise en charge moderne ne préconise pas le repos complet. Un tendon immobilisé s'affaiblit et le tendon a besoin de stimulation pour se renforcer. L’objectif est de trouver un équilibre entre protection du tendon et augmentation progressive des sollicitations du tendon.

  • Le renforcement musculaire : traitement de référence.

Les exercices occupent une place centrale dans la prise en charge. Ils sont adaptés au niveau de douleur du patient et évoluent progressivement en fonction de la tolérance du tendon. Ils peuvent notamment comprendre :

  • des exercices musculaires adaptés à la tolérance du tendon : le tendon est peu sollicité, avec une douleur contrôlée et acceptable (ex : contractions sans mouvement).

  • des exercices contre résistance (élastique, poids) pour renforcer le muscle.

  • des exercices en appui sur une jambe : pour solliciter le moyen fessier dans sa fonction de stabilisation du bassin.

  • une reprise progressive des activités physiques et sportives.

La progression doit être régulière, sans augmentation durable de la douleur ni aggravation nette des symptômes le lendemain.


  • L'adaptation des activités quotidiennes

Au début de la prise en charge, lorsque certaines activités aggravent nettement les symptômes, une réduction temporaire de ces sollicitations peut être utile. Il est conseillé :

  • d’espacer les longues marches et d’éviter les parcours à fort dénivelé.

  • d’éviter les mouvements qui déclenchent systématiquement une douleur importante (comme s'accroupir ou croiser les jambes).

  • Pour le sommeil en position latérale : de placer un coussin épais entre les genoux pour éviter que la jambe supérieure ne tombe en adduction, réduisant ainsi la compression sur le grand trochanter.

En revanche, maintenir une activité physique légère et non douloureuse (comme la marche sur terrain plat, le vélo en position confortable, ou la natation) est généralement préférable à un arrêt complet. 


  • Les traitements complémentaires

Dans certaines situations, notamment lorsque la douleur est très importante et limite la réalisation des exercices, des traitements médicamenteux (antalgiques ou anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou des infiltrations (dérivés cortisoniques) peuvent être proposés par un médecin. Cependant, ces traitements ne remplacent pas le travail progressif de réadaptation visant à permettre au tendon de mieux supporter les contraintes.

La chirurgie reste exceptionnelle et réservée aux ruptures avérées du tendon ou aux échecs complets d'un traitement conservateur bien conduit pendant plus de 6 à 12 mois.


8) Quelle place pour l’ostéopathie dans la prise en charge de la tendinopathie du moyen fessier ?


Aucune technique manuelle ne peut « réparer» directement le tendon. L’ostéopathie peut s’intégrer à une prise en charge globale du patient en complément d’un traitement actif basé sur des exercices d’adaptation progressive aux contraintes. Elle va alors jouer un rôle de facilitateur, notamment pour réduire temporairement certaines douleurs ou améliorer la mobilité, sans se substituer aux exercices.

L’ostéopathe va rechercher les facteurs susceptibles d’influencer les mouvements de la hanche et du membre inférieur comme par exemple :

  • une diminution de mobilité de la hanche ou du bassin (arthrose, raideur).

  • des tensions musculaires associées (fessiers, rotateurs, adducteurs, etc.).

  • des stratégies de compensation lors de la marche ou des mouvements quotidiens (bassin qui bascule, appui déséquilibré, etc.).

  • des contraintes liées aux habitudes professionnelles ou sportives (postures au travail, gestes répétitifs, etc.).

Les techniques utilisées par l'ostéopathe auront pour objectif :

  • d’améliorer la mobilité de la hanche, du bassin, de la colonne lombaire et de l'ensemble du membre inférieur (genou, cheville) pour harmoniser la répartition des contraintes.

  • de diminuer les tensions musculaires ou fasciales associées : relâchement des hypertonies de compensation (muscles tenseur du fascia lata, piriforme, quadriceps) pouvant aggraver les tractions sur la zone trochantérienne.

  • d’accompagner le patient dans une reprise progressive d'activité plus confortable.


L'approche la plus pertinente est donc une prise en charge pluridisciplinaire : le patient sous le contrôle de son médecin suit un programme de renforcement musculaire avec un kinésithérapeute, et l'ostéopathe l'accompagne en travaillant sur les facteurs mécaniques associés.


9) Combien de temps faut-il pour récupérer ?

La durée de guérison d’une tendinopathie du moyen fessier varie d’une personne à l’autre. Elle dépend notamment :

  • de l'ancienneté de la douleur : une tendinopathie récente (quelques semaines) guérit souvent plus vite qu'une douleur installée depuis des mois ou des années.

  • du degré d'atteinte de la structure du tendon.

  • de la régularité du patient dans la réalisation des exercices personnalisés.

  • du niveau de contraintes (professionnelles, sportives) quotidiennes qui sollicitent la hanche.

  • de la qualité de l’adaptation des charges dans la vie quotidienne.


De manière générale :

  • La cicatrisation et l’adaptation du tissu tendineux (remodelage du collagène) sont des processus biologiques lents. Il est donc normal que l’amélioration ne soit pas immédiate.

Lorsqu'elle est prise en charge précocement, une tendinopathie peut néanmoins commencer à s’améliorer en quelques semaines.

En revanche, les formes évoluées ou chroniques (installées depuis plusieurs mois) nécessitent souvent un délai de récupération plus long, pouvant s’étendre sur plusieurs mois.

  • La trajectoire de guérison est rarement linéaire. Des périodes d’amélioration peuvent alterner avec des poussées douloureuses ponctuelle notamment lors de l'augmentation des charges d'entraînement. C’est un phénomène classique et attendu qui nécessite simplement un ajustement temporaire des contraintes, et non l'arrêt du processus de rééducation.

  • Une réévaluation médicale ou kinésithérapeutique est indiquée en cas d’aggravation persistante, de perte de force importante ou d’absence d’amélioration malgré une prise en charge correctement suivie.


10) En résumé : une pathologie fréquente mais guérissable dans la majorité des cas.

La tendinopathie du moyen fessier est une cause fréquente de douleur sur la face externe de la hanche. Elle traduit principalement une difficulté du tendon à supporter les contraintes qu'on lui impose.

Le pilier central du traitement repose sur un équilibre entre une protection temporaire et une stimulation progressive du tendon.

Au côté du médecin et du kinésithérapeute, l'ostéopathie trouve sa place dans cette prise en charge en travaillant notamment sur la mobilité du bassin et du membre inférieur ainsi que sur les tensions musculaires associées aux douleurs de hanche.


11) Sources de l'article

  • La Clinique Du Coureur - KMag : article publié en 2026 (Vol. 16, n° 1, Numéro 61). Auteur : Blaise Dubois.

  • Journal de physiothérapie orthopédique et sportive : Article paru en novembre 2015 (vol. 45 No 11). Auteurs : Alison Grimaldi, Angela Fearon.

(Tendinopathie glutéale : intégration de la pathomécanique et des caractéristiques cliniques dans sa prise en charge.)

  • The BMJ (anciennement British Medical Journal) : Article publié en mai 2018. Auteurs : Mellor R, Bennell K, Grimaldi A, et al.

(Éducation et exercices versus injections de corticostéroïdes versus attitude attentiste sur l’évolution globale et la douleur liées à la tendinopathie glutéale : essai clinique prospectif, randomisé, en simple aveugle).

  • American Family Physician : Article paru en janvier 2021 (Vol 103, No 2). Auteur Rachel Chamberlain.

(Douleurs à la hanche chez l'adulte : évaluation et diagnostic différentiel).






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