Hypothyroïdie : comment la reconnaitre ?
- DB RV
- 4 sept. 2025
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1) Définition et épidémiologie de l'hypothyroïdie
L'hypothyroïdie est une maladie endocrinienne qui se caractérise par une diminution ou une absence de production des hormones thyroïdiennes. C’est le dysfonctionnement thyroïdien le plus fréquent.
Sa prévalence est environ de 2 % de la population générale et augmente avec l’âge surtout après 50 ans.
L’hypothyroïdie est plus fréquente chez la femme que chez l'homme.
On parle d’hypothyroïdie primaire lorsqu’elle est causée par une pathologie thyroïdienne. On parle d’hypothyroïdie secondaire si elle est causée par une pathologie de l’hypophyse ou de l’hypothalamus.
2) Anatomie et fonction de la glande thyroïde
La thyroïde est une glande en forme de bouclier située dans la loge viscérale du cou. Elle est située en projection des 2ème, 3ème et 4ème anneaux trachéaux (C4-C5). Elle mesure 5 à 6 cm de hauteur, 6 à 8 cm de largeur, répartie en deux lobes et pèse environ 30 g. Elle recouvre la trachée et se localise en dessous du larynx, sous la pomme d’Adam. La thyroïde est constituée de deux lobes réunis par ce que l’on appelle l’isthme. Elle est associée à quatre petites glandes à l’arrière, les glandes parathyroïdes.
Dans son état normal, la thyroïde est peu voire même non perceptible à la palpation.
La principale fonction de la thyroïde est de réguler le métabolisme, grâce à la sécrétion de deux hormones : triiodothyronine T3 et thyroxine T4. Elle assure également la thermorégulation, régulation de l’humeur, de la libido et du système cardio-vasculaire. La quantité d’hormones thyroïdiennes est contrôlée par l’hypophyse.
La thyroïde est sous le contrôle de l'hormone hypophysaire TSH qui stimule, par l'intermédiaire d'un récepteur membranaire (RTSH), toutes les étapes de la biosynthèse des hormones thyroïdiennes ainsi que la croissance de la glande.
3) Causes et facteurs de risque de l'hypothyroïdie
Facteurs prédisposants
Femmes ménopausées
Personnes âgées après 50 ans
Femmes enceintes ou post partum récent
Tabagisme actif chronique
Antécédents personnels ou familiaux de pathologies thyroïdiennes
Les principales étiologies :
Thyroïdite de Hashimoto « c’est la cause la plus fréquente. Elle est causée par un déficit immunitaire probablement lié à la combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. »
Thyroïdite lymphocytaire chronique auto-immune, atrophiante (Elle touche principalement les femme après ménopause, mais peut survenir après accouchement, et aussi toucher enfants et hommes) »
Thyroïdite de De Quervain (suite à une infection ORL)
Autres causes : Radiothérapie, maladies auto-immunes (PR, SPA, psoriasis, etc), effet indésirable d’un traitement d’hyperthyroïdie, carence en iode, prise de lithium.
4) Symptômes et signes cliniques de l'hypothyroïdie
Le développement de l’hypothyroïdie est de nature lente et insidieuse. Sa symptomatologie est peu spécifique et retarde souvent le diagnostic. Aujourd’hui on diagnostique 90 % des hypothyroïdie avant même que les signes cliniques apparaissent.
Symptômes :
Métaboliques
Asthénie (fatigue)
Frilosité
Hypothermie
Prise de poids modérée
Système tégumentaire
Poils et ongles cassants
Chez la femme : troubles du cycle menstruel et infertilité
Alopécie et cheveux secs et cassants
Système cardio-vasculaire / lymphatique
Œdèmes (canal carpien, ligaments, visage, doigts, cordes vocales, tympan : hypoacousie)
Crampes musculaires
Bradycardie
Hypertension diastolique
Système digestif
Constipation ou ralentissement du transit
Système MSQ (musculosquelettique)
Myalgie / myasthénie
Dysphonie, trouble vocal : voix rauque, chevrotante, fatigue vocale, souffle, enrouement avec plus ou moins de toux
Système nerveux
Ralentissement psychomoteur : tendance à la dépression
Trouble mnésique
Paresthésie des extrémités
5) Diagnostic et traitement de l'hypothyroïdie
Le diagnostic se fait par étapes
1) Consultation médicale
Présentation des symptômes et du contexte lors de l’anamnèse, devant alerter le praticien
Examen clinique loco-régional : palpation de la thyroïde, de l’os hyoïde, des ganglions et des voies aéro-digestives supérieures, testing musculaire du cou
Examen vasculaire
2) Bilan sanguin : le dosage de la TSH, T3 et T4
Le bilan sanguin permet de doser le taux d’hormone thyroïdienne appelée TSH, T3 et T4
Si la TSH est élevée et la T4 basse : Hypothyroïdie primaire/ périphérique
Si la TSH est normale ou basse et la T4 basse : Hypothyroïdie secondaire / centrale
Dans certains cas, on peut retrouver lors du bilan sanguin un cholestérol sérique élevé, et une anémie
3) Examen radiologique
Ensuite, l’examen de référence est l’échographie.
L’échographie permet un bilan morphologique.
Elle montre un nodule thyroïdien associé à un goître.
4) Autres examens possibles
Scintigraphie à l’iode
IRM cérébrale Dans le cas d’une suspicion de cause hypophysaire
5) Le Levothyrox et la prise en charge médicale au long cours
Le traitement de référence de l’hypothyroïdie repose sur l’emploi de T4 (thyroxine), commercialisée sous forme de Levothyrox, un comprimé vendu sous plusieurs posologies, prescrit selon le profil du patient.
Le traitement d’une hypothyroïdie demande un suivi médical régulier à vie comprenant des examens biologiques mesurant la TSH et T4 fréquents semaines jusqu'à obtention de l'euthyroïdie, puis un suivi annuel ou semi-annuel sera recommandé.
L’hypothyroïdie étant une pathologie endocrinienne ayant des répercussions sur diverses sphères (digestive, gynécologique, neurologique..), une prise en charge pluridisciplinaire doit être mise en place selon l’intensité des symptômes avec par exemple un suivi diététique, gynécologique, endocrinologique etc en plus du suivi de médecine générale.
6) Apport de l’ostéopathie
L’ostéopathie peut accompagner les patients atteint de l’hypothyroïdie bien qu’elle n’ait pas d’effet sur la guérison potentielle de cette pathologie.
Cependant, le traitement d’hypothyroïdie est complexe, nécessitant un suivi à long terme, avec des variations des doses médicamenteuses, les symptômes peuvent donc varier au cours du traitement.
l’ostéopathie peut contribuer à un soulagement de certains symptômes grâce à son approche globale, utilisant des techniques visant à :
Améliorer la qualité et quantité de mobilité fasciale, viscérale et articulaire autour de la loge antérieure du cou
Améliorer la qualité et quantité de mobilité cervico-dorsale (rachis)
Réduire les tensions musculaires cervicales et thoraciques
Diminuer les déséquilibres de la posture (mâchoire…)
7) Sources de l'article
Ouvrage
Éditions Maloine : Ouvrage de Nathalie Camirand publié en janvier 2009
Dysfonctions glandulaires et nerveuses. Diagnostics et traitements ostéopathique
Articles
VIDAL : Article mis à jour en avril 2021
Groupe ELSAN : Article écrit en novembre 2022
Le manuel MSD : Article de Laura Boucai, MD, Weill Cornell Medical College (juin 2024)
Faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech
Société Française d’Endocrinologie (SFE) : Article paru en aout 2022
Haute Autorité de Santé (HAS) : Fiche de bonnes pratiques publiée en décembre 2022
Revue médicale suisse : Article publié en avril 2004. Auteurs Christophe Petite, Christoph A. Meier



